LE CLAIR DE LUNE
Air du Mcnage de garçon.
« Ninette, vous êtes charmante, Daignez m'accorder un baiser; Car, à votre âge, on est aimante Vous ne pouvez me refuser.
Oh ! ne faites pas la coquette, Nous sommes seuls sur le chemin.
Laissez -moi vous baiser, Ninette, Laissez -moi vous baiser la main.
(Bis.)
(Bis.)
« Voyez comme le clair de lune Sourit à nos tendres discours.
Mon cœur est toute ma fortune Et je vous aimerai toujours.
Vous n'êtes donc pas inquiète D'approfondir le cœur humain ?
Laissez-moi vous baiser, Ninette, Laissez-moi vous baiser la main.
« — Monsieur Arthur, dit l'innocente, Ecoutez donc ! J'entends du bruit.
— Non. C'est le rossignol qui chante, Heureux au milieu de la nuit.
Arrêtons-nous, là, sur l'herbette.
Pour savourer son gai refrain.
Laissez-moi vous baiser, Ninette, Laissez-moi vous baiser la main.
« — Chut ! On a marché, ce me semble. Cachons-nous dans ce petit bois.
Soutenez-moi, j'ai peur, je tremble, Monsieur Arthur, j'entends des voix.
de Paul Aven eh %n
— C'est le cri de quelque chouette Qui maraude dans le lointain, Laissez-moi vous baiser, Xinette, Laissez-moi vous baiser la main.
« — Arthur, malgré moi je frissonne, Et je sens fléchir mes genoux.
— L'un près de l'autre, ma mignonne, Sous le feuillage, asseyons-nous.
Là, nous pourrons mieux en cachette Admirer la lune en son plein.
Laissez-moi vous baiser, Xinette, Laissez-moi vous baiser la main.
« — Cher Arthur, ma peur est si grande, Que je n'ose rentrer chez nous.
— Dam ! consentez à ma demande Et je m'en retourne avec vous.
— Bien vrai, s'écria la fillette.
— Je vous conduis jusqu'au moulin.
— Alors, baisez-moi, dit Xinette, Baisez-moi, baisez-moi la main. »
L'IMMORTEL GEAXT