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LE REVEIL

ÉLECTIONS DE PARIS, MAI-JUIN 1869 Air fie Béranger à V Académie.

Peuple, aujourd'hui, ton grand bon sens étonne

Rome et Paris, le pape et l'empereur ;

Le despotisme en perdra sa couronne.

L'ouvrier rit et le bourgeois a peur.

Les chassepots à Rome ont fait merveille ^

Pour un pouvoir tombant de vétusté ;

1. « Le parti démocratique est le seul eu pi'ogrès, parce qu'il marche vers le moude futur. »

Chateaubriand. {Mémoires d'outre-tombe.)

2. Quand Garil)akli, aussi grand général que grand citoyen, marcha sur Eome, eu 1867, il eut pour adversaire le général de Failly, à la tête fies troupes françaises. Ce dernier, dans son bulletin de la bataille de

(le Paul Aven eh 93

L'urne fait mieux : un peuple se réveille !

Paris debout marche à la liberté. (Bis.)

Napoléon, l'illustre tueur d'hommes *, Vécut longtemps du soleil d'Austerlitz ; Cet astre encore éblouit nos Prudhommes-, Soyons cléments pour ces pauvres esprits. Le fer n'est plus l'argument de la force, L'idée est tout : c'est la fraternité.

La tyrannie, un jour, sortit de Corse : C'est du scrutin que sort la liberté.

Le peuple voit que la France est sevrée

Des droits sacrés que ses aînés ont eus ;

Sa forte main déchire la livrée,

Il paye encor, mais il ne chante plus''.

Il parle haut ; sa voix rompt l'équilibre

Qui supprimait sa souveraineté.

Il sent enfin qu'il peut se rendre libre :

C'est de lui seul qu'il veut la liberté.

O Rochefort, du feu de ta lanterne * Tu lui montras les abus du pouvoir.

L'n atelier vaut mieux qu'une caserne, Le peuple apprend, fera son devoir.

Mentana, dit : L^^ chajisepots ont fait merreille. On s'en servait pour la première fois sur nn champ de bataille. GaribaMi est mort dans l'île île Caprera. le 3 juin 1882. A cette nouyelle. la Chambre des députés qui siégeait leva la séance, pour rendre hommage, au nom de la Fiance, à ce grand homme en qui s'incarnait la démocratie humaine.

1. Napoléon I«^ devant cinquante mille cadavres, disait : « Une nuit de Paris réparera tout cela. )>

2. Prudliomme est le type du bourgeois, créé par Henrv Meunier.

3. Allusion au mot de ilazarin. Ce mii'istre disait, tu parlant des mécontents qui le chansonnaient : Pi chanteitt, ils payt-ront.

4. Le premier numéro de la Lanterne parut le 30 mai 1868. — Onze numéros seulement furent publiés en France ; an douzième, Henri Rochefort était à l'étranger, sous le coup de vingt-deux mois de prison et de 3u,00u francs d'amende. Il n'en continua pv< moins, à Bruxelles, sa publication qui contribua puissamment à la chute de l'empire.

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Le noir cancer qui ronge sa poitrine Vient des impôts mis sur la pauvreté : Le statu qico consacre la routine, Quand le progrès mène à la liberté.

On sait que l'homme au regard glauque et terne Qui, pour régner, gaspille notre argent, Ne peut braver l'éclat de ta lanterne Quand tu défends le peuple intelligent.

L'ouvrier veut avoir le droit de vivre : Jusqu'à présent ce droit fut contesté.

Marche en avant,, on n'aura qu'à te suivre Pour conquérir enfin la liberté.

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