A L'AMÉRICAINE, O GUÉ
FÉVRIER 1870 Air : Ui bonne avaiturc, à gué!
Paris, la grande cité,
La chose est certaine, Acclame la liberté
Comme souveraine.
Les patriotes français Voudraient vivre désormais, A l'américaine
O gué !
A l'américaine !
Canrobert avec son rrran *,
La chose est certaine.
Prouve son amour du sang.
Quel croquemitaine !
Mais le peuple a ses instincts De l'empire bien distincts...
A l'américaine
O gué !
A l'américaine !
Aujourd'hui, les calotins,
La chose est certaine.
Donnent la main aux chauvins
En buvant leur haine;
1. Le 12 janvier 1870, le jour des funérailles de Victor Noir, toutes les troupes de l'armée étaient sous les armes. On demanda au maréchal Canrobert s'il radoutait l'émeute. « Avec deux de mes régiments armés de cliassepots, dit-il, rrran, rrran, rrran ! et l'ordre sera rétabli. » — Ce grand homme de guerre se rendit, avec Bazaine, aux Prussiens, à Metz. (Octobre 1870.) — Il touchait officiellement, de l'empire 103,000 francs par an.
Pour sortir de cet enfer, Faut-il donc un revolver...
A l'américaine O gué !
A l'américaine !
Alors l'armurier Galand *,
La chose est certaine, Est pour nous par son talent
Une bonne aubaine, Car ses revolvers mignons Deviendront nos compagnons A l'américaine
O gué !
A l'américaine !
Nous rirons des guets-apens,
La chose est certaine, Que tendent les chenapans,
Dont la ville est pleine; Avec ces beaux joujoux-là, Bandits, on vous mouchera :
A l'américaine
O gué !
A l'américaine !