SEDAN
ou LA CULBUTE DU SECOND EMPIRE
Cet empire honteux que la France renie Où trônait Marguerite à côté d'Eugénie, Dont la cour descendue aux pudeurs de hasard Ne faisait plus rougir la pourpre de César ; Où les plats courtisans, transformés en sicaires, N'étaient que des bandits et de hardis faussaires, A donc enfin glissé dans son gouffre béant !. . Après Strasbourg, Boulogne, il lui fallait Sedan *.
Néron, Caracalla, moriigtres de Rome-empire,
Dans leur ignominie, hélas ! n'ont pas fait pire !
Ces empereurs étaient de bien vils scélérats.
Mais ils ne vendaient point l'honneur de leurs soldats;
Le nôtre, a trafiqué de la France envahie,
Il l'a déshonorée après l'avoir trahie ;
Il est resté toujours voleur de grands chemins
En voulant égaler les empereurs romains.
France, console-toi. La République crie : « J'ai dans le cœur l'amour sacré de la patrie ! A moi d'anéantir les Vandales du Rhin Pour mieux glorifier le peuple souverain !
1. C'est Jean Fournial, de Treignac (Corrèze), alors simple grenadier, qui mit la main sur Louis Bonaparte, à Strasbourg, en 1836. L'aventurier, pour se tirer de ce mauvais pas, offrit au grenadier croix, argent, pension, grade. Le grenadier répondit en croisant la baïonnette et maintint ainsi son prisonnier jusqu'au moment où il fut mis en lieu d( sûreté. Jean Fournial est mort vers les premiers jours de l'année 1876 dans son village.
Les frais de l'expédition de Boulogne ont été payés, à Londres, pai un nommé Rapallo, agent de Louis Bonaparte, avec de faux billets d< l'Échiquier, fabriqués par Sidney-SmitU, commis de la Trésorerie, qui pour ce crime, a été déporté à Botany- Bay.
de Paul Avenel. 133
Aux armes, citoyens ! A nous la rude tâche ! Le Napoléon Trois s'est rendu comme un lâche, Serrons les rangs ! Sauvons la Patrie en danger, C'est aux républicains de chasser l'étranger.
Marchons tous aux remparts. Défendons la muraille, Affrontons sans pâlir l'obus et la mitraille. Tous sont égaux au feu : Richesse et Pauvreté; Frères, devant la mort, aimons la Liberté. Paris, fils belliqueux de la brave Lutèce, Découvre sa poitrine à Berlin qui le blesse; Il sera Saragosse ou Moscou s'il le faut. Mais il veut, en tombant, relever le front haut ^ Siège de Paris, 18 septembre 1870.