I^"" FÉVRIER
Marchons tous aux remparts. Défendons la muraille Affrontons sans pâlir l'obus et la mitraille.
Paris, 18 septembre 1870.
Quand j'écrivais ces vers, je vivais d'espérance. Pensant naïvement au salut de la France. Je croyais à Trochu comme on croit à l'honneur, Ne le supposant pas un soldat sans valeur -.
Ce Breton bretonnant, aux allures de reître, Sous l'habit d'un héros avait un cœur de prêtre. Il disait des Ave pour sauver le pays; Si bien que l'on a pris l'imprenable Paris.
1. La faiblesse de M. Jules Favre et l'incapacité de M. Trochu on décidèrent autrement. Paris fut livré à l'armée prussienne le 28 jan- Tier 1871, après cent cinquante jours de siège.
2. Par décret de l'empereur, daté de Chàlons, 17 août 1870, le général Trochu fut nommé gouverneur de Paris et commandant en chef de toutes les forces chargées de pourvoir à la défense de la capitale.
Pendant cinq mois entiers Paris fut héroïque. Paris sentait sa force avec la République, Et sous son vieux drapeau vaillamment combattit. Paris fut aussi grand que Trochu fut petit.
O tache indélébile aux pages de l'histoire ! Pour ce sot, la défaite était une victoire. Les canons de l'église étaient ses vrais canons, Et les vrais citoyens peuplaient les cabanons.
Oui, Paris supporta les horreurs de la guerre En s'enorgueillissant des maux de sa misère, Lorsque Trochu-dévot livrait Trochu-César Aux noirs affiliés de Veuillot-Escobar.
Ah ! l'héroïsme alors devint de la démence En enviant le sort de Sagonte et Numance ! .. Et Bismarck, triomphant, inscrivit son succès Au livre d'or de Prusse avec le sang français.