‹ Chants et chansonsChapitre 83 sur 202 · PARIS LIVRE · texte numérisé non relu

PARIS LIVRE

Campés, je les ai vus, dans les Champs-Elysées, Ces Prussiens vainqueurs de l'homme de Sedan. Paris ouvert était l'objet de leurs risées ; Mais ils baissaient les yeux sous son regard ardent. Tout campés qu'ils étaient dans les Champs-Elysées.

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La France ensanglantée était encor debout Chassant d'un pied meurtri la bande impériale. Trochu s'humiliait platement jusqu'au bout. Mais Paris conservait son âme martiale En voyant que la France était encor debout.

Un rugissement sourd semblait se faire entendre

Dans les quartiers armés de la grande cité;

Les citoyens de cœur pouvaient seuls le comprendre :

Paris étant livré contre sa volonté,

Son rugissement sourd semblait se faire entendre.

Paris livré ! Français, voilà le résultat. On traita son honneur comme on traite une affaire. Sa honte n'était plus qu'une raison d'Etat. Trochu n'enviait pas la mort de Beaurepaire ^ Aussi Paris livré, voilà le résultat.

Paris pouvait tenir et chasser les Vandales! Trochu fut effrayé de son élan guerrier. Il fallait dégrader ce preux des capitales Qui chassa tant de rois du fond de leur terrier; Paris pouvait tenir et chasser les Vandales !

Trochu ne s'est rendu que par humanité.

Est-ce qu'on est humain lorsque l'on fait la guerre?

Trochu, pour racheter son incapacité,

Aurait bien pu mourir... mais il n'y songea guère.

Trochu ne s'est rendu que par humanité.

C'est triste de passer sous les fourches caudines

Quand on pouvait avoir le trépas de Desaix.

Le souvenir, un jour, gonflera les poitrines,

Le sang crîra : Revariche! aux coeurs vraiment français.

Seul, Trochu restera sous les fourches caudines.

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