‹ Chants et chansonsChapitre 85 sur 202 · VISION · texte numérisé non relu

VISION

Valse.

Cette nuit-là, j'étais à ma fenêtre, Jetant au ciel mes regards affblés :

Il me semblait alors que tout mon être S'expatriait aux azurs étoiles.

L'émotion contractait ma poitrine, Je soupirais en pensant à celui Dont la voix douce, amoureuse et câline Parle d'amour sous mon balcon, la nuit.

Une valse aérienne

M'apportait ses soupirs,

Et ma main dans la sienne

Trahissait mes désirs.

Et tous deux vers les hautes cimes, Portés sur les bras des Amours, Ivres de spectacles sublimes Nous murmurions : « Aimons toujours ! »

« Auprès de moi, lui disais-je, est ta place. Dieu nous a faits, ami, pour être époux : Abandonnons nos âmes à l'espace; Et de baisers bien doux enivrons-nous. » Sa lèvre en feu brûlait ma chevelure; Le vrai bonheur pour nous était venu, Et nous sentions l'ivresse la plus pure Nous transporter dans un monde inconnu.

Une valse aérienne

M'apportait ses soupirs.

Et ma main dans la sienne

Trahissait mes désirs.

Et tous deux vers les hautes cimes Portés sur les bras des Amours, Ivres de spectacles sublimes Nous murmurions : « Aimons toujours ! »

Dans ce beau rêve, ô mon Dieu ! j'étais folle. Tout s'agitait, tournait autour de moi.

Le vent plaintif répétait ma parole, Comme un écho fidèle plein d'émoi, Je me plaisais dans ce charmant délire : De ma raison la dernière lueur,

156 Chants et Chajisons

De mon amour fantastique sourire, Chaos divin des élans de mon cœur.

Une valse aérienne

M'apportait ses soupirs,

Et ma main dans la sienne

Trahissait mes désirs.

Et tous deux vers les hautes cimes Portés sur les bras des Amours, Ivres de spectacles sublimes Nous murmurions : « Aimons toujours ! »

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