‹ Chants et poëmesChapitre 20 sur 42 · FIAT LUX · texte numérisé non relu

FIAT LUX

Isaïe, avant lui, près du Jourdain chantait, Et du chant de David toute ombre palpitait.

Pour son lever divin l'idée a le poëte,

Il chante bien avant que l'aube se soit faite.

Pourtant l'humanité qui doit encor dormir

Se retourne en disant : a Un rayon va venir, »

Et referme les yeux. Puis le chant recommence.

Comme le jour nouveau l'idée alors s'avance;

Elle combat d'abord l'ombre aux profonds brouillards,

Puis, ses glaives de feu dardés de toutes parts,

Rayons voilés d'abord et devenus des flammes,

Ont atteint leur midi sur le sommet des âmes.

Amphion, puis Orphée, Homère aux fortes voix Ont chanté quand la nuit retenait sous ses lois Le monde des esprits. Le savant Pythagore, En regardant les cieux, jeta sa voix sonore, Et mille ans après lui l'esprit fut en plein jour. Prière et vérité, foi, poésie, amour, La voix vous annonça. Elle chante : la terre Attend votre lever. Le couple solitaire Oblint, pour son exil, le veilleur éternel Qui promet l'astre au cœur et le soleil au ciel.

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