‹ Chants et poëmesChapitre 33 sur 42 · LES FEMMES AU CALVAIRE. J · texte numérisé non relu

LES FEMMES AU CALVAIRE. J

Elles passent le seuil et leur regard avide

Cherche en craignant dçvoir. . . L'affreux sépulcre est vide,

Vide du mort chéri qu'elles venaient veiller.

Ou pour l'ensevelir, on pour le réveiller.

La mort même les trompe... Assis à cette place,

Pourtant, et plein de calme et de céleste grâce,

Un ange leur sourit et dit, montrant les cieux :

a Celui que vous cherchez a passé dans ces lieux,

Mais il est remonté vers l'éternel rivage. »

Et l'ange messager se voila d'un nuage.

Les femmes désormais, au retour du tombeau, Des yeux cherchent au ciel l'avènement nouveau, Héroïnes des pleurs, pèlerines constantes.

Sainte procession ! Ces femmes chancelantes,

Lorsque vous les voyez, elles sont en chemin

Pour aller au sépulcre ; ou bien le lendemain

Elles cherchent leur mort au fond du tombeau sombre

Qui même les trahit et leur refuse une ombre,

Ou bien le lendemain, regardant vers le ciel,

Elles voient s'y plonger le divin Gabriel,

Et n'attendant plus rien de leur sépulcre vide,

Elles laissent le vent souffler sa poudre aride.

Ne vous moquez donc pas, quand vous voyez passer La femme à son déclin, La douleur peut lasser.

Oh ! n'associez pas ces mots : vieille et dévote :

Qui siffle un beau concert à sa dernière note?

Le soir est-il nommé l'opprobre du matin ?

La femme qui revient a reçu du destin

La moisson complétée et la gerbe céleste.

Elle est l'amour qui fut, elle est son deuil qui reste.

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