‹ Chants et poésiesChapitre 15 sur 204 · MON BIEN-AIMÉ · texte numérisé non relu

MON BIEN-AIMÉ

Où t'en vas-tu, mon bien- aimé, Pendant que je travaille et pleure, Solitaire dans nia demeure Comme un rossignol enfermé?

Tu fuis la ville, ardente arène

Que se disputent les partis ;

Tu cherches la claire fontaine

Où boivent les myosotis ;

Tu vas pleurer sur ta patrie (fît».)

Et sur tes amis en prison,

Devant l'herbe de la prairie.

En face du grand horizon,

Tu vas pleurer sur ta patrie !

Où t'en vas-tu, mon bien-aimé, Pendant que je travaille et pleure, Solitaire dans ma demeure, Gomme un rossignol enfermé?

Je te suis sur toutes les pentes,

Dans les ravins, sur les hauts lieux

Où tu gîtes, où tu serpentes,

Cachant ton cœur à tous les yeux.

Que ne suis-je brin d'herbe ou rose, (Bis.)

Dans les jardins où je te vois,

Ou le bel oiseau qui se pose

Pour te faire écouter sa voix !

Que ne suis-je brin d'herbe ou rose !

Où t'en vas-tu, mon bien-aimé, Pendant que je travaille et pleure, Solitaire dans ma demeure, Comme un rossignol enfermé?

Je ne crains pas qu'une autre grâce Prenne en ses lacs ton cœur troublé;

Je sais pourquoi ton pied se lasse

A travers la vigne et le blé.

Tu vas implorer la nature, (Bis.)

Pour qu'elle donne chaque jour

A tous ses enfants la pâture,

La paix, le sommeil et l'amour :

Tu vas implorer la nature.

Où t'en vas-tu, mon bien-aimé, Pendant que je travaille et pleine, Solitaire dans ma demeure Comme un rossignol enfermé ?

Entends-tu les accents du cuivre

Inviter les pâles humains

A se tuer, au lieu de vivre

Adonnés au travail des mains?

Oh ! ne t'en va pas à la guerre f Bis.^

Pour y gagner des hochets d'of,

Ou bien que ce soit la dernière

Si tu devais te battre encor ;

Oh ! ne t'en va pas à la guerre !

Où t'en vas-tu, mon bien-aimé, Pendant que je travaille et pleure, Solitaire dans ma demeure Gomme un rossignol enfermé?

Viens plutôt, quand la nuit sereine,

Semant dans l'air ses blancs pavots,

Assoupit dans les cœurs la haine,

Près de moi goûter le repos.

Oh! rien qu une heure, heure furtive! [Bis.)

Sur nous l'étoile veillera ;

A l'aube, l'alouette active

Du sein des blés t'appellera :

Oh' rien qu'une heure, heure furl**e N

Où t'en vas- tu, mon bien-aimé, Pendant cme je travaille et pleure,

:>f. CHANTS ET POÉSIES

Solitaire dans ma demeure Gomme un rossignol enfermé?

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