LA FÊTE DE LA BONNE MAMAN
Sainte Anne a raison De patroner notre grand'mère ;
Il n'est pas maison Plus que la sienne hospitalière.
Le plus riant accueil Vous prévient dès le seuil ; Les gens de la meilleure sorte Aiment à voir s'ouvrir sa porte :
Ah! qu'on est gaiement Chez la bonne maman !
J'ai dit tout d'abord Grand'mère, et c'est deux fois grand'mère;
Qu'il en vienne encor Après la petite dernière :
Vite on les recevra, Puis on vous les choiera ; Aisément on s'en accommode, Les langes sont toujours de mode.
Ah ! qu'on est gaiement Chez la bonne maman!
Sont-ils réunis
Sous son aile, dans sa demeure?
C'est quatre ou cinq nids, Et Ton y rit plus qu'on y pleure.
De fleurs quelle moisson, Et des fruits à foison !
On lui fait toujours quelque niche, 11 faudrait qu'elle fût trop riche :
Ah ! qu'on est gaiement Chez la bonne marnan !
Elle est d'un pays * Où l'acier finement se trempé, Où, dans les grands puits, Avant le jour descend la lampe.
Aussi l'activité, La douce fermeté Sont le fond de son caractère, L'œil est doux, le sourcil sévère.
Ah ! qu'on est gaiement Chez la bonne maman !
Les jours de gala, Ce sont les fêtes de famille.
Tout le monde est là :
Aucun par l'absence ne brille.
L'aïeul, tout sérieux, Débouche le vin vieux; On boit, et ce sont des risées, Des bons mots comme des fusées* Ah ! qu'on est gaiement Chez la bonne maman !
J'ai vu ce bonheur, J'en ai l'âme toute remplie;
Ces fêtes du cœur Me font prendre goût à la vie.
Mon pipeau soufflera Longtemps et chantera (Il connaît bien les airs qu'elle aime) :
Des chants de noce et de baptême.
« Saint-élienne en Forez. 22
Ah ! qu'on est gaiement Chez la bonne maman!