‹ Chants et poésiesChapitre 73 sur 204 · LA FILLE DU CABARET · texte numérisé non relu

LA FILLE DU CABARET

Fichu croisé, simple chemise De toile rousse à grain serré, Jupon rayé : voilà sa mise, Et bonnet rond à peine ouvré.

Pendant que Ton boit elle file, Elle fait chanter son rouet; Et chacun vient voir à la nie La fille du cabaret, 1 Bis '

Dés le matin elle balaye De la cave jusqu'au grenier; Le buveur qui la voit s'égaye Gomme au regard de son rosier.

Elle est gentille, elle est accorte ; On boit le double de clairet Quand c'est elle qui vous rapporte, .

La fille du cabaret. j Bls '

Tout buvear est son camarade Jusqu'à deui doigts de son corset Aussi volontiers qu'une œillade Elle vous aligne un soufflet ; Parfois son bras sert de béquille, «Maint vieillard sans elle choirait ; C'est qu'elle est une bonne fille, . n .

La fille du cabaret. I Bls '

Sa mère, une grosse gaillarde A qui Ton sait plus d ? un galant, D'un clin d'œil en dessous la garde Et surveille son corset blanc.

Franc buveur dit tout en goguette :

Craignez plutôt ce beau discret, Qui voudrait tenir en cachette' i R

La fille du cabaret. ' S>

Rose, soyez modeste et sage, N'imitez pas votre maman; Respectez-la, car à son âge On revient de l'égarement.

Croyez à son expérience; On va plus loin qu'on ne voudrait, Quand on est, par droit de naissance, I ft La fille du cabaret. j

Rose est modeste autant que belle :

Ne la voyez-vous pas rougir Du moment qu'on a l'œil sur elle?

Bientôt son cœur pourra choisir.

Il faudrait un garçon qui gagne, Un beau compagnon qui dirait :

Je vais emmener en campagne \ p-

La fille du cabaret. \

CAStA

Avez-vous rencontré, Dans un bois, dans un pré, Au bord d'une fontaine, Une vierge sereine Qui ne regarde pas Ceux qui suivent ses pas?

C'est Casta ! de qui la paupière Voile toujours l'œil bleu ; C'est Casta, qui jusqu'à Dieu Fait monter sa prière.

vous tous, allez voir, Le matin et le soir, Cet ange dans l'église; Voyez la foule éprise

Entourer de ses flots Ce lis à peine éclos.

C'est Casta ! de qui la parupièr Voile toujours l'œil bleu ; C'est Casta, qui jusqu'à Dieu Fait monter sa prière.

Ses longs cheveux tresses.

Ses yeux quoique baisses, Sa candeur et sa grâce Attirent sur sa trace Plus d'un adolescent, Qui s'arrête en pensant :

C'est Casta ! de qui la paupière Voile toujours l'œil bleu ; C'est Casta, qui jusqu'à Dieu Fait monter sa prière.

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