CHANT SECOND
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IPSARA.
Oui, la Grèce toujours m'intéresse et m'inspire ', Je lui vouerai du moins les secours de la lyre. Que ne m'est-il donné de faire , en vers puissans , Par cent bouches d'airain éclater mes aosensl
1 Pal déjà adressé, en 1820, une ode aux Grecs, qui est i primée dans mes Poème» et Chanta èlégiaqius. Cette noble ca a été pour tous nos jeunes poètes une source féconde de be inspirations.
52 IPSARA*
D'une voix tour à tour menaçante et plaintive , J éveillerais au loin l'Europe inattentive, Et jusqu'au coeur des rois et des peuples surpris, De l'Archipel sanglant je porterais les cris.
Mais je n'ose prétendre à ce sublime ouvrage ; Dieu n'a pas mesuré ma force à mon courage ; Ma voix faible pour vous n'a que des sons toucbans , Grecs ! et trop de pleurs interrompent mes chants. • . .
Eh! comment retenir ses larmes indignées, Lorsqu'en des flots de sang vos familles baignées, Implorent des vengeurs qu'elles n'obtiennent pas ! Lorsqu'aux traces de l'homme attaché pas à pas, Le Janissaire égorge, incendie et ravage, Aux rebuts de son glaive impose l'esclavage, Et toujours du triomphe ensanglantant le fruit > Ne croit avoir vaincu que ce qu'il a détruit !
Nobles Grecs, votre cause, en vain dénaturée, Est celle du malheur, toujours pure et sacrée : Et dussent tous les maux que vous avez soufferts, ,tar mon frêle destin tomber avec vos fers,