‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecsChapitre 17 sur 26 · KLEPHTES · texte numérisé non relu

KLEPHTES

Au mois parfumé du printemps , Sur de minces feuillets de blancheur éclatans , V Aly trace , en noirs caractères , Son ordre aux Grecs armes dans leurs bois solitaires.

« Vous tous , de FOlympe habitans , » Descendez de sa cime , et quittez vos repaires : )> Venez baiser mes pieds en sujets repentans. »

Mais le Klephte indompté ne saurait s'y résoudre : Il porte aux monts lointains et son sabre et sa foudre , Vers ses frères indépendans.

NOTICE

Ce peu de vers respirent une noblesse , une liberté agreste qui signale Fhumeur fière et indisciplinée des Klepbtes vagabonds. Les deux petites pièces qui suivent celle-ci , roulent sur des courses militaires , expéditions qui leur sont habituelles ; et le langage en est légèrement conforme à la raillerie qui accompagne leurs coups de main sur les terres de leurs ennemis.

ZAGHARIAS.

De trois bourgs irrités m'accusent les familles : Un prêtre , ami des Turcs , a maudit nos garçons -, Sur toi , vieux renégat , nos méfaits sont vétille^» J*ai pris de ton hymen deux fatals nourrissons , Le sang de leur aine , des autres deux rançons , Â ta bru sa ceinture , une fleur à tes filles : Et ma main vengeresse enleva de chez toi Tout pour mes braves , rien pour moi.

NOTICE

Cette chanson animée d'une brusque et sanglante ironie de Zacharias contre un Proêstos du canton de

Saint-Pierre , ferait mal présumer du caractère personnel de ce Klepbte : mais les traditions affirment qu'il n'était pas moins généreux envers ses. concitoyens et cliaritaUe envers les pauvres , que redoutable aux Tiu'cs , et qu'implacaLle pour les traîtres qui les secondaient dans leur tjrannie. Il périt à Janîna par les ordres de l'impitoyable Aly.

NAVHOS.

Nannos , sur le sommet d'un antique rocher , / Exerce aux belliqueuses veilles Les Grecs que sa voix fait marcher.

D'un projet de capture égayant leurs oreilles : « Jeunes amis ! ce jour appelle sur mes pas » Non des Klephtes bergers , mais des Rlephtes solda t§ . * »

* Le texte dit : « Je ne veux point des Klephtes à moutons , mais des Klephtes à sabre. »

» Qu'un trajet de trois jours une nuit le franchisse : » Hâtons-nous ! de Sirrhine atteignons les foyers ^

» Et que son or vous enrichisse.

» Souriant , non sans peur , à ses hôtes guerriers : » ^— • Valeureux montagnards , salut ! nous dira-t-^elle. » D'un opulent éclat sa demeure étincelle. .

» Je TOUS livre Famas de ses trésors entiers : '

» A vous ses biens , à moi ia belle. »

NOTICE

Cette chanson est la seule un peu erotique de oe recueil : monsieur Fauriel remarque que les montagnards ne goûtent point celles qui roulent sur des aventures d'amour et de galanterie. L'austérité de leurs moeurs s'en offense.

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