LES ADIEUX
DU
KLEPBTE.
Nage en léger esquif , lance-toi vers ce bord , Et fais-toi de les bras des rames salutaires ; Fends de ton sein le fleuve , où me retient la mort. Si la Vierge céleste et nos Saints tutélaires /
Du rivage éloigné te permettent l'abord , Lorsque de nos guerriers tu re verras la tente
Où si souvent nos mains préparant nos repas
Ont fait fumer la chair sanglante Des agneaux enlevés au bercail des Âgas ;
Si leur ame compatissante Demande <jae\ écueil put retenir mes pas , Ne les accable point du bruit de mon trépas ; Dis-leur que , triste époux d^une rive étrangère > Je n'ai plus d'autre lit que celui des torrens , Ni d'autres frères , d'autre mère , Au bord de leurs flots murmurans , Que les froids rochers , et la terre.
NOTICE
Cette agréable élégie est pleine de sensibilité : il j a du cbarme dans les circonlocutions sous lesquelles un jeune homme expirant déguise la nouvelle de sa mort trop fatale pour ses amis.