‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecsChapitre 19 sur 26 · L'AIGLE · texte numérisé non relu

L'AIGLE

DB

LOUROS.

Un Aigle aux ailes d'or , seul au vieux mont Louros ,

Las de porter la guerre aux oiseaux de la plaine ,

A dévaster son nid occupe son repos :

Son compagnon ailé qu'un vol subit amène :

« Aigle doré , salut ! — Salut , noble épervier ! '

» — Grand Aigle ! quel chagrin ombrage

» L'éclat de ton regard altier ?

» El pourquoi sur ton nid portes-tu le ravage ?

» — Un songe , en triste augure , a troublé mon sommeil » De nos fiers ennemis Bérat est le repaire : » J'ai cru voir, en planant sur leur secret conseil , u S'élancer vers Bysance un fatal émissaire.

u Son or et set dons suborneurs » Acbètent du Sultan un édit sanguinaire H Qui soumette au Pacha la troupe des veneurs. »

Ainsi votre art signale , ô chantres de l'Épire , Deux héros montagnards , vos libres défenseurs , Contraints a fuir l'asile où leur fierté respire En faroucltes oiseaux poursuivis des chasseurs. *

• Ceî quatre demie» vers, ajoutés au teitegrec, m'ont «rviiéclaiicir le seos figuré de ce chanl, dont le sujet reste vague et obscur pour [es commentateurs.

NOTICE

Je me serais abstenu de traduire ce fragment, si je n'avais voidu rassembler les moindres détails caractéristiques du genre d'iuTention des chantres montagnards de la Grèce. L'allégorique entretien de Vaigle et de répervier attristés , figurant deux illustres chefs de bandes y réduits à la fuite , n'était pas à dédaigner dans mes recherches de ce que ces poésies encore brutes oflfrent

ànotre examen analytique. Une particularité m'a frappé de surprise dans ce morceau, c'est l'analogie de son invention avec celle que j'ai employée dans lepoëme de la Mé- Tovéîde pour ofirir , sous la figure de deux oiseaux sacrés , une allégorie des deux religions payenne et chrétienne. Quelques strophes , citées à la fin de ce livre , convaincront le lecteur du rapport de ces fictions.

wm

^^BfmmmiuiULi^sL ^.

Page 1