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t par ses discours l'épouse d'Agamemnon. D'abord la divine Clytem^j nestre repoussait un crime honteux : elle obéissait à de nobles pen-sées; près d'elle aussi était un chanteur divin, auquel le fils d'Atrée, en partant pour Troie, avait recommandé de veiller sur son épouse. Mais quand le destin des dieux eut arrêté qu'elle succomberait, Égis-the, emmenant le chanteur dans une lie déserte, l'y abandonna pour devenir la proie des oiseaux; puis, d'un accord mutuel, il la condui-sit dans sa maison, fit brûler les cuisses de nombreuses victimes sur les autels sacrés des dieux, consacra de riches offrandes, des tissus, de l'or, car il venait d'obtenir un grand succès, que jamais son cœur n'eût osé espérer. Le fils d'Atrée et moi, nous revenions de Troie et nous naviguions ensemble, pleins d'amitié l'un pour l'autre. Quand
m dans le fond d'Argos qui-nourrit-des-coursiers charmait beaucoup par ses paroles l'épouse d'-Agamemnon. [bord) Et celle-là à la vérité auparavant (d'a-refusaitune action dés honnête, la divine Clytemnestre ; car elle faisait-usage (avait) de bons sentiments ; et donc aussi un homme chanteur était-auprès d'elle, auquel le fils-d'Atrée, partant pour Troie, avait recommandé beaucoup de garder son épouse.
Mais lorsque donc le destin des dieux eut entravé elle pour être domptée, alors donc conduisant le chanteur dans une île déserte il (Ëgisthe) le laissa pour devenir une proie et une trouvaille aux-oiseaux-de-proie ; et le voulant il conduisit dans sa maison celle-ci (Clytemnestre) le voulant, et il brûla de nombreuses cuisses de victimes sur les autels sacrés des dieux, et il suspendit de nombreuses offrandes, et des tissus, et de l'or, ayant accompli une grande action, que jamais il n'espérait dans son Nous en efet, [cœur.
venant de Troie, nous naviguions ensemble, le fils-d'Atrée (Ménélas) et moi, sachant des choses amies (étant amis) l'un pour l'autre. nous fûmes arrivés au Sunion sacré, promontoire d'Athènes, Phébus Apollon frappa de ses douces flèches le pilote de Ménélas, et le fit périr tandis qu'il tenait en main le gouvernail du navire ; c'était Phrontis, fils d'Onétor, le plus habile des enfants des hommes à diriger les vaisseaux, quand les tempêtes venaient à se déchalner. Ainsi Ménélas se vit retenu là, si pressé qu'il fût de continuer sa route, pour ensevelir son compa-gnon et lui rendre les derniers honneurs. Puis lorsque, voguant sur la noire mer avec ses vaisseaux creux, il atteignit la haute montagne de Malée, Jupiter à la voix terrible lui prépara un douleureux voyage, déchaîna les vents au souffle bruyant, et souleva des vagues énormes ; comme des montagnes. Il dispersa les vaisseaux, et jeta les uns vers la Crète, aux bords habités par les Cydons, près des flots du Jardanos. Il est une roche unie, immense, qui s'avance sur la sombre mer à l'extrémité de Gortyne ; là le Notos pousse à gauche, vers le pro- j Mais lorsque nous fûmes arrivés au Sunion sacré, promontoire d'Athènes, là Phébus Apollon l'attaquant de ses douces flèches tua le pilotede Ménélas, qui avait dans les mains [guant), le gouvernail du navire courant (vo.
Phrontis fils-d'Onétor, qui surpassait les races des hommes pour gouverner un vaisseau, quand les tempêtes se précipitaient.
Ainsi lui (Ménélas) fut retenu là, quoique pressé de sa route, afin qu'il ensevelît son compagnon, et fît-sur sa tombe les cérémonies-funèbres.
Mais lorsque donc aussi celui-ci, allant sur la mer noire sur ses vaisseaux creux, fut arrivé en courant (voguant) à la montagne haute de Malée, alors donc Jupiter à-la-vaste-voix lui médita (prépara) une route odieuse, et versa (déchaîna) le souffle de vents retentissants, et des flots gonflés, énormes, égaux à des montagnes.
Là ayant séparé les vaisseaux, il fit-approcher les uns de la Crète, où les Cydons habitaient (habitent) autour (près) des courants du Jarda-- Or il est une roche polie [nos.
et s'avançant haute sur la mer, à l'extrémité de Gortyne, sur la mer sombre, où le Notos pousse le grand flot vers le promontoire de-gauche,
:wo montoire de Phestos, les flots grossis, et an petit rocher arrête d'énormes vagues. C'est à cet endroit que vinrent les vaisseaux; les hommes n'échappèrent qu'avec peine au trépas, mais les flots brisè-rent les vaisseaux contre les écueils; le vent et les ondes portèrent vers l'Égypte les cinq autres navires à la proue azurée. Là, ramassant de l'or et des biens en abondance, Ménélas erra avec ses vaisseaux chez des peuples étrangers. Cependant Égisthe méditait la ruine de sa mai-son, Immolait le fils d'Atrée, et soumettait le peuple à son joug. Sept ans il régna sur l'opulente Mycènes; la huitième année, pour sa perte, le divin Oreste revint d'Athènes et tua le meurtrier de son père, le perfide Égisthe, qui avait égorgé l'illustre auteur de ses jours. Après l'avoir immolé, il offrit aux Grecs le repas funèbre de son odieuse mère et du lâche Égisthe; le même jour il vit arriver le brave Méné-- L'ODYSSÉE, UI. 179 vers Phestos, et une petiie pierre (roche) repousse le grand flot. [là, Les uns donc des vaisseaux vinrent et les hommes évitèrent à peine la mort, mais les Ilots brisèrent les vaisseaux du moins contre les écueils; mais et le vent les portant et l'eau les portant fit-approcher de l'Égypte les cinq vaisseaux qui restaient à-Ia-proue-azurée.
Ainsi celui-ci (Ménélas) là, rassemblant des vivres et de l'or en-abondance, erra avec ses vaisseaux [gère.
chez des hommes de-langue-étran-- Et cependant Ëgisthe médita à. la maison (à Sparte) ces événements affiigeants, ayant tué le fils-d'Atrée ; [sous lui.
et le peuple fut dompté (assujetti) Et pendant-sept-ans il régna sur Mycènes abondante-en or; et la huitième année le divin Oreste vint fléau à lui de retour d'Athènes, et tua le meurtrier-de-son-père, Égisthe aux-pensées-perfides, qui avait tué à lui son père illustre.
Donc celui-ci (Oreste) ayant tué lui (Ëgisthe) ^-manger aux Argiens le repas-des-funérailles et de sa mère odieuse et d'Égisthe sans-courage ; las, ramenant d'immenses richesses, autant qu'en pouvaient conte-nir ses navires. Mais toi, mon ami, ne vas pas errer longtemps loin de ta demeure, abandonnant tes richesses, et laissant dans ton palais des hommes d'une telle insolence, si tu ne veux pas qu'ils se par-tagent et dévorent tous tes biens, tandis que tu ferais un voyage inutile. Pourtant, je t'engage vivement à te rendre auprès de Ménélas ; il est tout récemment de retour de bords étrangers, d'où n'espérerait plus revenir celui que la tempête aurait égaré à travers une si vaste mer, et d'où les oiseaux ne viennent pas même en une année, tant la route est longue et dangereuse. Pars donc maintenant avec ton vaisseau et tes compagnons; ou si tu veux voyager par terre, je te donnerai un char et des chevaux, je te donnerai mes fils, qui te serviront de guides et le-même-jour arriva à lui Ménélas brave pour le-cri-de-guerre, amenant de nombreuses richesses, autant que les vaisseaux à lui en avaient enlevé (pu enlever) comme charge.
Toi aussi, mon ami, n'erre pas longtemps loin de tes demeures, ayant laissé et tes biens, et des hommes dans tes demeures tellement arrogants, de peur qu'ils ne dévorent à toi toutes tes richesses se les étant partagées, et que toi tu ne sois venu (n'aies fait) un voyage inutile.
Mais moi je f exhorte et te presse d'aller chez Ménélas ; car celui-ci récemment est arrivé d'ailleurs de chez des hommes, [son cœur d'où il' n'espérerait certes pas dans revenir, celui que d'abord des tempêtes auraient détourné de sa route le chassant sur une grande mer si-grande, et d'où pas même les oiseaux ne viennent en-un-an, parce qu'elle est et grande et dangereuse.
Mais va maintenant avec et ton vaisseau et tes compagnons ; [terre), mais si tu veux aller à-pied (par et un char et des chevaux sont-à-la-disposition de toi, et mes fils sont-à-la-disposition de toi, qui seront des guides pour toi
34Q ,ers la divine Lacédémone, où habite le blond Ménélas. Conjure-le de te dire la vérité. Il ne mentira point; car il est rempli de sagesse..
11 dit; le soleil disparut, et les ténèbres descendirent. La déesse aux yeux bleus, Minerve, leur adressa ces mots :
« Vieillard, tes paroles sont pleines de sagesse ; mais voyons, cou-pez les langues des victimes, mélangez les vins, afin qu'après avoir offert nos libations à Neptune et aux autres immortels, nous allions goûter le sommeil, car l'heure du repos est venue. Déjà la lumière a � disparu au couchant ; il ne convient pas de rester assis plus longtemps à un banquet des dieux, mais il faut se retirer. Il j Ainsi parla la fille de Jupiter; et ils écoutèrent ses paroles. Les hé- j rauts leur versèrent de l'eau sur les mains ; dé jeunes serviteurs rem- .1 plirent les cratères de boissons, et distribuèrent le vin à tous les convives dans des coupes; ils jetèrent les langues dans le feu, et se j levèrent pour répandre les libations. Quand elles furent terminées, e! vers la divine Lacédémone, où est le blond Ménélas.
Et il faut le supplier lui-même, afin qu'il dise le vrai.
Or il ne dira point de mensonge car il est fort sensé. »
Il parla ainsi; et le soleil donc se coucha, et l'obscurité survint.
Et la déesse aux-yeux-bleus Minerve dit aussi au milieu d'eux :
« 0 vieillard, assurément tu as dit ces choses selon la convenance ; mais allons, coupez les langues, et mélangez le vin, afin qu'ayant fait-des-libations à Neptune et aux autres immortels nous nous occupions du coucher ; car il est le moment de lui.
Car déjà la lumière s'en est allée sous le couchant, et il ne convient pas d'être assis longtemps dans un festin des dieux, mais de s'en aller. D
La fille de Jupiter dit donc; et ceux-ci écoutèrent elle ayant parlé.
Et des hérauts versèrent à eux de l'eau sur les mains, et de jeunes-garçons couronnèrent (remplirent) de boisson les cratères, et ils distribuèrent à tous offrant dans des coupes; et ils jetèrent les langues dans le feu, et se levant ils firent-des-libations.
Mais après que et ils eurent fait-des-et ils eurent bu, [libations, qu'ils eurent bu selon leur désir, Minerve et le divin Télémaque vou-lurent retourner ensemble vers le vaisseau creux. Mais Nestor les re-tint en leur adressant ces paroles :
« Que Jupiter et les autres dieux immortels me préservent de vous laisser retourner vers votre vaisseau rapide, comme si j'étais pauvre et manquant de tout, comme si je n'avais dans ma demeure ni couver-tures ni tapis pour dormir mollement et faire reposer mes hôtes. Je possède des couvertures et de beaux tapis. Non, jamais le fils chéri d'Ulysse n'ira coucher sur le pont d'un navire, tant que je vivrai, tant qu'après moi des enfants resteront dans mon palais pour accueil-lir l'étranger qui viendra visiter mes demeures. »
La déesse aux yeux bleus, Minerve, lui répondit : c Tes paroles sont justes, cher vieillard; Télémaque doit t'obéir, c'est le parti le autant que leur cœur voulait, alors donc Minerve et Télémaque semblable-à-un-dieu tous deux désirèrent retourner vers le vaisseau creux.
Mais Nestor à son tour les retint les touchant de ces paroles :
« Que Jupiter écarte (empêche) et que les autres dieux immortels empêchent ceci du moins, [moi que vous vous en alliez d'auprès de vers le vaisseau rapide, comme d'auprès de quelqu'un ou tout à fait sans-vêtements, ou pauvre, à qui ne sont pas dans la maison des couvertures et des tapis nombreux pour dormir-dessus mollement ni pour lui-même, ni pour des hôtes.
Mais à moi sont-en-disposition des couvertures et de beaux tapis.
Non certes assurément le fils chéri d'un tel homme, d'Ulysse, ne couchera pas sur les planches d'un vaisseau, tant que moi du moins je vivrai, et qu'ensuite des enfants seront laissés dans mon palais, pour recevoir les hôtes, tout hôte qui pourra venir dans ma maison. It
Et la déesse aux-yeux-bleus Minerve dit à lui à son tour :
« Tu as dit bien ceci donc du moins, cher vieillard; et il convient que Télémaque obéir (obéisse) à toi, plus convenable. Il te suivra donc et passera la nuit dans ton palais; pour moi, je retourne à notre noir vaisseau pour rassurer mes com-pagnons et leur donner tous mes ordres. C'est moi qui me glo-rifie d'être le plus âgé; les autres sont de jeunes guerriers qui nous suivent par amitié, tous de l'âge du magnanime Télémaque. Je coucherai ce soir sur le vaisseau creux et sombre; mais, dès l'au-rore, j'irai chez les magnanimes Caucons, pour réclamer une dette qui n'est ni nouvelle ni petite. Toi, puisque Télémaque entre dans ton palais, fais-le accompagner sur un char par un de tes fils; donne-lui tes chevaux les plus agiles et les plus robustes. -- A ces mots, Minerve aux yeux bleus s'éloigna, semblable à une or-fraie ; tous ceux qui la virent furent frappés d'épouvante. Saisi d'ad-miration à cette vue, le vieillard prit la main de Télémaque et lui diL ces paroles : puisque cela est beaucoup mieux Eh bien celui-ci maintenant [ainsi.
suivra (ira) avec toi, afin qu'il dorme dans ton palais ; mais moi j'irai vers le vaisseau noir, afin que et je donne-courage à nos compagnons, et je leur dise chaque chose.
Car seul parmi eux je me vante d'être plus âgé ; mais les autres hommes plus jeunes nous suivent par amitié, [âge) étant tous le-même-âgc (du même que Télémaque au-grand-cœur.
Je coucherai là maintenant sur le vaisseau creux et noir ; mais dès-l'aurore [cœur, j'irai chez les Caucons au-grand-où une dette est due à moi, ni nouvelle certes, ni petite. [lui-ci, Et toi envoie (fais accompagner) ce-puisqu'il est venu dans ta maison, avec et un char et un fils (un de tes fils); et donne-lui des chevaux, ceux qui sont à toi les plus légers pour courir et les meilleurs pour la force. Il
Ayant parlé donc ainsi Minerve aux-yeux-bleus s'en alla, ressemblant à une orfraie; et la stupéfaction saisit tous l'ayant vue.
Et le vieillard s'étonna, quand il l'eut vue de ses yeux, et il prit la main de Télémaque, et il dit une parole, et il prononça :
« 0 mon ami, je ne crains pas que tu sois lâche et sans force, puis-que, si jeune encore, les dieux te servent de guide. Ce n'est point là quelque autre habitant des palais de l'Olympe, c'est la fille de Jupiter, l'auguste Tritogénie, qui honorait ton généreux père parmi les Ar-giens. Puissante déesse, sois-nous propice, donne-moi une noble gloire, à moi, à mes fils et à ma vénérable épouse. Je te sacrifierai une gé-nisse d'un an, au large front, encore indomptée, que la main de l'homme n'a point soumise au joug ; je te la sacrifierai, et j'entoure-rai ses cornes d'or. »
Telle fut sa prière; et Pallas l'entendit. Nestor de Gérène, ami des coursiers, précéda ses fils et ses gendres vers sa superbe de-meure. Quand ils furent arrivés au palais magnifique du roi, ils s'as-sirent en ordre sur des fauteuils et sur des sièges. Le vieillard mé-langea pour eux un cratère du vin le plus doux ; l'intendante venait
« 0 mon ami, je ne crois pas toi devoir être lâche et sans-valeur, si donc des dieux suivent comme guides toi si jeune.
Car ce dieu n'est pas quelque autre de ceux qui ont (habitent) les palais de-l'Olympe, mais la fille de Jupiter, la très-auguste Tritogénie, qui honorait à toi aussi ton brave père parmi les Argiens.
Eh bien, souveraine, sois-propice, et donne-moi une gloire belle, à moi-même, et à mes fils, et à ma respectable épouse.
Et moi à mon tour j'immolerai à toi une génisse d'un-an, au-large-front, non-domptée, que l'homme n'a pas encore conduite sous le joug; laquelle je sacrifierai à toi, ayant versé (mis) de l'or autour de ses cornes. »
Il parla ainsi priant; et Pallas Athéné entendit lui.
Et Nestor de-Gérène le cavalier conduisait eux, ses fils et ses gendres, vers sa belle demeure.
Mais lorsqu'ils furent arrimés à la demeure très-renommée du prince, ils s'assirent de suite (par ordre) sur et des fauteuils et des sièges.
Et à eux étant arrivés le vieillard mélangea un cratère de vin doux-à-boire, que l'intendante ouvrit
r d'ouvrir l'urne où il était renfermé depuis onze ans; le vieillard en mélangea un cratère, et versa des libations en adressant des vœux redoublés à Minerve, fille de Jupiter qui porte l'égide. Lorsqu'ils eurent fait les libations et qu'ils eurent bu selon leur désir, ils se retirèrent chacun dans son appartement pour se li-vrer au sommeil; Nestor de Gérène, ami des coursiers, fit reposer Télémaque, le fils chéri du divin Ulysse, dans un lit sculpté, sous le portique sonore; il mit auprès de lui le vaillant Pisistrate, chef de guerriers, le seul de ses fils qui fût encore sans épouse dans le palais. Lui-même, il alla reposer dans l'intérieur de sa haute demeure, où la reine son épouse avait préparé sa couche.
Dès que parut la fille du matin, l'Aurore aux doigts de roses, Nes-tor de Gérène, ami des coursiers, abandonna sa couche. Il sortit du palais et s'assit sur des pierres polies, blanches et luisantes, CODYSSËE, III. 191 la onzième année, et dont elle détacha le couvercle ; duquel vin le vieillard mélangea un cratère, et versant-des-libaLions, il fît-des-voeux nombreux à Minerve fille de Jupiter qui-a-une-égide.
Mais après que et ils eurent fait-des-libations, et ils eurent bu, autant que leur cœur le voulait, les uns allant-se-coucher s'en allèrent dans leur appartement chacun ; mais Nestor de-Gérène le cavalier fit-coucher là Télémaque, fils chéri du divin Ulysse, dans un lit sculpté, sous le portique très-sonore; et auprès de lui donc, il fit coucher le belliqueux Pisistrate, chef de guerriers, qui était à lui encore célibataire d'entre ses enfants dans le palais.
Et lui-même à son tour dormit dans l'intérieur de la demeure éle-et la reine son épouse [vée; prépara à lui le lit et la couche.
Et quand parut l'Aurore née-du-matin aux-doigts-de-roses, Nestor de-Gérène le cavalier s'élança donc de sa couche.
Et étant sorti il s'assit donc sur des pierres polies, qui étaient à lui au-devant de ses portes eievees, pierres blanches,
-qui se trouvaient devant les portes élevées; là s'asseyait jadis ! Nélée, dont la prudence égalait celle des dieux; mais, dompté par le destin, il était descendu chez Pluton; Nestor de Gérène, 1.. soutien des Grecs, s'y asseyait à son tour, le sceptre à la main. Au-tour de lui se réunirent ses fils, qui tous aussi venaient de qui leur couche, Échéphron, Stratios, Persée, Arétos et le divin Thr symède ; le sixième, le héros Pisistrate, vint ensuite se joindre à ses frères ; ils amenèrent le divin Télémaque et le firent asseoir auprès d'eux. Alors Nestor de Gérène, ami des coursiers, prit la parole :
« Mes chers enfants, hâtez-vous d'accomplir mes désirs, afin quejH me rende propice, avant toutes les autres divinités, Minerve qui eaU venue se manifester à moi au banquet superbe du dieu. Que l'un daJ vous aiUe dans la campagne chercher une génisse; qu'elle vienne au j plus vite, que le pâtre la conduise ici; qu'un autre se rende au noir vais* ODYSSÉE, I1L 13 resplendissantes d'enduit ; sur lesquelles précédemment s'asseyait Nélée, conseiller pareil aux dieux mais celui-ci (Nélée) était allé déjà chez Plutou, dompté par le destin; Nestor de-Gérène s'y-asseyait à son tour alors, Nestor gardien des Achéens, ayant son sceptre.
Et autour de lui étaient rassemblés ses fils réunis, étant sortis de leurs appartements, et Ëchéphron, et Straiios, et Persée, et Arétos, et Thrasymède égal-à-un-dieu ; et à eux ensuite vint le sixième fils, le héros Pisistrate; et donc ils firent-asseoir près d'eux l'y amenant Télémaque semblable-à-un-dieu.
Et Nestor de-Gérène le cavalier commença à eux les discours :
a Mes chers enfants, accomplissez-moi promptement mon vœu, afin que assurément tout-d'abord d'entre les dieux je rende-propice Minerve, qui est venue manifeste pour moi au festin exquis du dieu.
Mais allons, que l'un aille dans la plaine pour-chercher une génisse, [ment, afin qu'elle vienne très-prompte-et que l'homme pasteur des bœufs la pousse (l'amène) ; et que l'un de vous étant allé au vaisseau noir t94 seau de Télémaque, et ramène tous ses compagnons; qu'il en laisse deux seulement; qu'un autre ordonne à l'orfèvre Laercès de venir ici pour entourer d'or les cornes de la génisse. Vous autres, restez tous, et dites aux servantes de ce noble palaisde préparer un festin, d'apporter les sièges, le bois et l'onde limpide. »
Il dit, et tous s'empressèrent. La génisse arriva des champs, les compagnons du magnanime Télémaque accoururent du rapide navire; l'orfèvre vint, tenant dans ses mains tous les instruments de son art, l'enclume, le marteau, les tenailles faites avec soin, avec lesquelles il travaillait l'or; Minerve vint aussi pour assister au sacrifice. Le vieux Nestor, conducteur de coursiers, donna l'or ; l'ouvrier le prépara et le disposa autour des cornes de la génisse, pour que cette parure réjouit de Télémaque au-grand-cœur amène tous ses compagnons, et en laisse deux seuls (seulement) et que l'un à son tour ordonne à l'orfèvre Laercès de venir ici, afin qu'il verse (mette) de l'or autour des cornes de la génisse.
Mais vous les autres demeurez ici réunis; et dites aux servantes au-dedans dans les demeures très-renommées de préparer un repas, et d'apporter des sièges, et du bois tout-autour, et une eau brillante (limpide).
Il parla ainsi ; et ceux-ci donc s'empressèrent tous.
La génisse donc vint de la plaine, et les compagnons de Télémaque au-grand-cœur vinrent du vaisseau rapide et égal (uni) ; et l'orfèvre vint, ayant dans ses mains ses outils d'-orfèvre, instruments de son art, et l'enclume, et le marteau, et les tenailles bien-faites, avec lesquels il travaillait l'or; et Minerve vint, devant assister au sacrifice.
Et le vieux Nestor conducteur-de-coursiers donna l'or; et celui-là (l'orfèvre) ensuite le versa (mit)-autour des cornes de la génisse l'ayant travaillé, les regards de la déesse. Stratios et le divin Échéphron amenèrent la génisse par les cornes. Arétos, sortant du palais, leur apporta l'eau dans un vase orné de fleurs; de l'autre main, il portait une cor-beille remplie d'orge sacrée ; le belliqueux Thrasymède se tenait de-bout, ayant dans ses mains la hache tranchante, prêt à frapper la victime. Persée tenait la coupe ; le vieux Nestor, conducteur de cour-siers, répandit l'eau et l'orge sacrée; puis il adressa à Minerve des vœux redoublés en lui offrant les prémices et en jetant dans le feu le poil de la tête de la génisse.
Dès qu'ils eurent terminé leurs prières et répandu l'orge sacrée, le fils de Nestor, le magnanime Thrasymède, s'approcha et frappa la victime : la hache trancha les nerfs du cou, et la génisse perdit sa vigueur; alors les filles, les brus et la vénérable épouse de Nestor, Eurydice, l'aînée des filles de Clyménos, firent entendre leurs prières. afin que la déesse se réjouit ayant vu l'ornement.
Et Stratios et le divin Échéphron amenèrent la génisse par les cornes.
Et Arétos vint à eux de l'appartement apportant l'eau [tées, dans un bassin orné-de-fleurs sculp-et il avait de l'autre main des grains-d'orge dans une corbeille; et Thrasymède le belliqueux se tenait-auprès ayant dans les mains une hache tranchante, devant frapper la génisse.
Et Persée avait (tenait) le vase; et le vieux Nestor conducteur-de-coursiers [l'eau, fit-les-premières-cérémonies et de et des grains-d'orge, et offrant-les-prémices il priait beaucoup Minerve, jetaat-dans le feu les poils de la tête de la génisse.
Mais après que donc ils eurent prié, et eurent répandu les grains-d'orge, aussitôt le fils de Nestor, le magnanime Thrasymède, frappa la génisse, se tenant auprès ; et la hache coupa les tendons du-cou, et détendit la force de la génisse ; mais et les filles, et les brus, et la vénérable épouse de Nestor, Eurydice, l'aînée des filles de Clyménos, prièrent-à-haute-voijr.
Ceux-ci ensuite On releva la génisse de la vaste terre et on la soutint; Pisistrate, chef de guerriers, l'égorgea aussitôt. Quand le sang noir eut cessé de rou-ler, et que la vie eut abandonné ses membres, ils s'empressèrent de la partager; ils détachèrent les cuisses, selon l'usage, et les recouvri-rent d'une double couche de graisse, sur laquelle ils placèrent des chairs encore vives. Le vieillard les brûla sur le bois qu'on avait fendu , et les arrosa d'un vin noir; près de lui, les jeunes gens te-naient dans leurs mains des broches à cinq pointes. Quand les cuissrs furent brûlées et qu'ils eurent goûté les entrailles, ils divisèrent en morceaux les restes de la victime, les percèrent avec des broclies, et les firent rôtir en tenant dans le'urs mains les broches acérées. Cependant la belle Polycaste, la plus jeune des filles de Néstor fils de Nélée, conduisit Télémaque au bain. Elle le baigna, le par-fuma d'essences onctueuses, puis le couvrit d'une fine toile et d'une 1 ayant relevé la génisse de la terre aux-vastes-routes la tinrent; mais Pisistrate, chef de guerriers, Fégorgea.
Et quand le sang noir eut coulé hors d'elle, et que la-vie eut quitté ses os, aussitôt donc ils partagèrent elle ; et aussitôt [tières Us ■découpèrent les cuisses tout-en-- .selon le rite, et les recouvrirent de graisse, l'ayant faite (mise) double, et sur elles ils placèrent-des-morceaux-crus.
Et le vieillard les fit-brûler sur des bois-fendus, et versa-dessus un vin noir; et à côté de lui les jeunes gens avaient dans leurs mains des broches-à-cinq-pointes.
Mais après que les cuisses furent brûlées, et qu'ils eurent goûté les entrailles, et ils découpèrent donc les autres parties, et les piquèrent autour des broches, et ils les firent-rôtir, ayant dans leurs mains lesbrochesaux-pointes-pénétrantes.
Et cependant la belle Polycaste baigna Télémaque, Polycaste, fille la plus jeune de Nestor fils-de-Nélée.
Mais après que et elle l'eut baigné, et elle l'eut oint d'une grasse huile, et qu'elle eut mis autour de lui un beau linge et une tunique, tunique; le héros sortit du bain, beau comme les immortels, et vint s'asseoir près de Nestor, pasteur des peuples. Après avoir fait rôtir les premières chairs et les avoir retirées du feu, ils prirent place au festin ; des serviteurs vigilants étaient oc. tupés à verser le vin dans des coupes d'or. Lorsqu'ils eurent chassé la faim et la soif, Nestor de Gérène, ami des coursiers, prit la parole :
« Allons mes enfants, attelez au char des coursiers à la belle cri-nière , afin que Télémaque puisse achever sa route. » Il dit; ses fils l'entendirent et exécutèrent ses ordres; ils s'em-pressèrent d'atteler au char des coursiers agiles. L'intendante y dé-posa du pain, du vin, et les mets dont se nourrissent les rois fils de Jupiter. Télémaque monta sur le char magnifique; le fils de Nestor, Pisistrate, chef de guerriers, s'y plaça à ses côtés, et prit les rênes L'ODYSSÉE, m. 201 il sortit donc de la salle-de-bain, semblable aux immortels par son et lui étant venu [corps, s'assit donc près de Nestor, pasteur de peuples.
Et après que ceux-ci [res eurent fait-rôtir les chairs supérieu-et les eurent retirées du feu, ils dînèrent assis ; et des hommes (serviteurs) bons surveillaient (étaient attentifs), versant du vin dans des coupes d'or. [sir Mais après qu'ils eurent chassé ledé-du boire et du manger, alors Nestor de-Gérène le cavalier commença à eux les discours :
< Mes enfants, allons, attelez sous le char (au char) les y amenant des chevaux à-la-belle-crinière oour Télémaque, afin qu'il fasse sa route. »
Il parla ainsi ; et ceux-ei donc entendirent bien lui et lui obéirent; et ils attelèrent promptement sous le char (au char) des chevaux rapides.
Et la femme intendante y-mit du pain et du vin, et des mets, tels qu'en mangent les rois nourrissons-de-Jupiter.
Et Télémaque donc monta sur le char très-beau ; et à côté de lui donc Pisistrate fils-de-Nestor, chef de guerriers, et monta sur le char,
4% dans ses mains; il fouetta les coursiers et les fit partir; ceux-ci, pleins d'ardeur, volèrent à travers la plaine, et quittèrent la ville élevée de Pylos; durant tout le jour chaque coursier ne cessa d'agiter son joug.
Le soleil se coucha, et les rues se couvrirent de ténèbres ; ils étaient arrivés à Phères, au palais de Dioclès, fils d'Orsilochos qu'Alpliée avait engendré. Ils y reposèrent la nuit, et Dioclès leur offrit les présents de l'hospitalité.
Quand parut la fille du matin, l'Aurore aux doigts de rose, ils at-telèrent les coursiers et montèrent sur le char sculpté; ils s'élancèrent hors du vestibule et du portique sonore; Pisistrate fouetta les cour-siers et les fit partir; ceux-ci volèrent pleins d'ardeur. Ils arrivèrent dans une plaine riche en moissons, et là ils terminèrent leur voyage, tant les coursiers les avaient emportés rapidement. Le soleil se cuucha, et les rues se couvrirent de ténèbres. et prit les rênes dans ses mains ; et il fouetta les chevaux pour les pousser; [gré et les-deux chevaux non de-mauvais-volèrent dans la plaine, et quittèrent la ville élevée de Pylos ; et ceux-ci (les chevaux) tout-le-jour secouèrent le joug des deux côtés Payant fie portant).
Et le soleil se coucha, et toutes les rues devinrent-sombres; et ils arrivèrent à Phères, à la demeure de Dioclès, .fils d'Orsilochos, qu'Alphée engendra comme son fils..
Et là ils dormirent la nuit ; et celui-ci (Dioclès) offrit à eux les dons-de-l'hospitalité.
Et quand parut l'Aurore née-du-matin, aui-doigts-de-roses, et ils attelèrent les chevaux, et ils montèrent-sur le char varié (orné), et ils sortirent du portique et du vestibule très-sonore ; et Pisistrate fouetta les chevaux pour les pousser ; [gré et les-deux c/ieraux nonde-mauvais-volèrent.
Et ils arrivèrent dans une plaine fertile-en-blé; et là ensuite ils terminèrent leur route :
tellement en effetles chevaux rapides les avaient emportés.
Et le soleil se coucha, et toutes les rues devinreni-sombres