LE CLAIRON
L'air est pur, la route est large, Le Clairon soune la charge, Les Zouaves -vont chantant.
Ft là-haut, sur la colline, Dans la forêt qui domine.
Le Prussien les attend.
Le Clairon est un vieux brave,
Et lorsque la lutte est grave,
C'est un rude compagnon ;
11 a vu inainle balaille 10
Et porte plus d'une entaille,
Depuis les pieds jusqu'au front.
C'est lui qui guide la fête.
Jamais sa fière trompette
JN'eut un accent plus vainqueur ; i 5
Et de son souffle de flamme,
L'espérance vient à l'àme,
Le courage monte au cœur.
On grimpe, on court, on arrive,
Et la fusillade est vive, 20
Et les Prussiens sont adroits,
Quand enfin le cri se jette :
« En marche ! A la baïonnette 1 »
Et l'on entre sous le bois.
A la première décharge, 25
Le Clairon sonnant la charge
Tombe frappé sans recours ;
Mais, par un clTort suprême.
Menant le combat quand même,
Le Clairon sonne toujours. 30
Et cependant le sang coule,
Mais sa main, qui le refoule,
Suspend un instant la mort,
Et de sa note alTolée
Précipitant îa mêlée, 35
Le vieux Clairon sonne encor.
13. La fête, la marche à l'ennemi. Bien des fois dans ce recueil, l'idée du combat a été alliée à celle de la fête.