CHANT DE JEUX
Holà! les enfants! jouez aux osselets; En les roulant, apprenez votre sort :
Serez-vous des notables? serez-vous des moines ? Donnez-nous-en des nouvelles.
Vous, les jeunes filles, tenez-vous par le petit doigt,
Piangez-vous, debout, côte à côte;
Allons, commencez
La danse à la file ; jetez
Le voile fin de votre visage, et lentement
Dansez, tournez en rond.
Hé ! les garçons ! jouez au tutuche i . Prenez la verge, lancez le bâton recourbé, Ou bien prenez une canne souple, Jouez au djibod les uns avec les autres.
i. Le « tutuche » est une sorte de balle que chaque joueur lance avec une large palette; celui des autres qui réussit à saisir la balle au vol recommence lui-même le jeu.
Et vous, jolies nouvelles mariées, Jouez au gap i, lancez vite la pierre, Faites-nous voir vos talents, Et buvons gaiment nos vins.
Et le kekoudj 2, qui le jouera?
Voici mille et une noix,
Et voilà une petite fosse fraîchement creusée là-bas.
Ne vous inquiétez pas du gain et. de la perte.
Que grands et petits jouent à la balle, Qu'ils n'oublient pas non plus Yalapechtik 3; Le collin-maillard est un jeu charmant, Le patinage est un jeu d'hiver.
Que les jeunes gens jouent aux barres,
En courant très loin.
Que nos petites princesses
Jouent la gracieuse grande-ronde et le dzapik K
i. Le « gap » est le jeu de cailloux ou de petites pierres que les jeunes filles tiennent sur le dos de leur main, lancent en l'air et tâchent de laisser tomber sur leur paume ou réciproquement.
2. Jeu qui consiste à lancer de loin, dans un petit trou creusé dans la terre, des noix ou des noyaux d'amande.
3. L' «alapechtik » est le jeu suivant: les enfants s'asseoient par terre en rond ; l'un tord son mouchoir, lui fait un nœud au bout, en frappe un d'entre ceux qui sont assis, puis prend la fuite; il est poursuivi par celui qui a reçu le coup et qui tâche de l'atteindre et de le frapper au dos avec la main; s'il y réussit avant que l'autre soit arrivé à l'endroit où il s'était assis, il prend luimême le mouchoir et recommence le jeu.
4- Les jeunes filles se tiennent debout, en deux rangées, les unes en face des autres, puis elles s'avancent en dansant et se frappent dans la main ; cela s'appelle le jeu du « dzapik ».
Jouez à la ronde et au tempik 4,
Et nous, nous ferons résonner le fifre et le tambour;
Pourquoi ne jouez-vous pas le tsatktan 2,
Et pourquoi ne commencez-vous pas le jeu de l'âne?
Holà! les gamins! apportez le vin,
Apportez-le par verres tout pleins.
Dites : « Qu'il soit doux, que le vin vous soit doux !
Et que le bon Dieu donne une voix douce
Au saz bariolé
De votre achough ! »
i. « Tempik ». — Un enfant est choisi au sort ; l'un des autres joueurs le frappe au dos; il doit courir après celui qui l'a frappé j usqu'à ce qu'il l'atteigne et le frappe à son tour; s'il y réussit, celui qui est frappé par lui, recommence le jeu; si, avant de l'avoir frappé, il est lui-même frappé au dos par un autre, il doit courir après celui-ci, et ainsi de suite.
2. « Tsatktan », jeu du saut. — Le « Jeu de l'âne », est analogue au jeu français de « saute-mouton ». On désigne un point, et tous les joueurs doivent sauter, d'un bond, jusque-là; celui qui ne réussit pas, doit se recourber, tête en bas, le dos en voûte, et les autres sautent par-dessus son dos; celui qui est recourbé, se redresse de plus en plus : les autres doivent sauter toujours; si un d'entre eux tombe en sautant, il remplace celui qui est recourbé, et le jeu continue.
LE CHŒUR
On souffla la cornemuse, on frappa les tambours.
On attela le jeune taureau, on fit monter Guedo dessus,
On s'en alla à l'église ;
Les bavards1 étaient là, debout.
Ils ont récité un tas de choses, et nous avons ri beaucoup.
Ils ont tourné des milliers de feuillets,
Ils ont longtemps lu et raconté ;
Puis tous formèrent la ronde et dansèrent;
Lesjeuneshommesallérent prendrela mariéepar lebras,
Ils l'ont fait sortir de l'église avec la croix et l'évangile.
i. Les prêtres.