‹ Chants populaires arméniensChapitre 58 sur 87 · LE RÊVE DE L'EMIGRE · texte numérisé non relu

LE RÊVE DE L'EMIGRE

Je suis un petit oiseau sauvage; on m'a pris et mis dans cet étroit cachot.

Mon cœur est affligé de ce que je me trouve séparé

de mes compagnons et que je ne suis plus dans leur bande.

Mon cœur est brisé, mon échine cassée, je n'ai aucun moyen de salut, que vais-je devenir ici en captivité ?

Si l'on m'amène comme chanteurs le rossignol et la tourterelle, cela ne pourrait me réjouir.

Si l'on m'apporte comme présent mille plumes de toutes couleurs, cela ne pourrait me réjouir.

Si l'on m'apporte des bonbons avec de l'eau-de-vie, cela ne pourrait me réjouir.

Si Ton me donne le pouvoir de mille trônes, et qu'on me fasse le maître de cent mille hommes, cela ne pourrait me réjouir.

Si l'on me donne des serviteurs par milliers et des cavaliers innombrables, cela ne pourrait me réjouir.

Si l'on élève pour moi un palais tout orné d'or et de pierres précieuses, cela ne pourrait me réjouir.

S'il y avait un moyen pour moi de sortir de cet étroit cachot,

Si je pouvais m'envoler, monter dans l'air et voir ma bande,

M'y mêler en voletant, en folâtrant et en chantant,

Alors, me trouvant dans ma bande,

Mon cœur, qui souffre de rester séparé des miens, serait réjoui.

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