UN COMBATTANT ZE1TOUNIOTE
(Gravure extraite de Zeïtoun, son passé et son présent, par « ZeïtQuiHsi »,)
Kalender Pacha marcha sur Zeïtoun.
Il lui demandait de payer l'impôt au gouvernement; Zeïtoun mangea du raisin sec en guise de pain ; Kalender, ennuyé, proposa de faire la paix f.
Au grondement des fusils ottomans Les fusils de Zeïtoun n'ont attaché aucune importance, Ils ont couché par terre les soldats de Tchapan; Tchapan, mon ami, laisse tranquille le Zeïtoun 2.
Sado-le -boiteux attaqua Zeïtoun,
Il convoitait nos vierges de douze ans ;
Nous avons dressé le fusil entre nos deux jambes,
Sado-bek fut tué de notre propre main 3.
i. Fragment d'un « avetch » composé à la suite de la résistance qu'opposa Zeïtoun aux efforts déployés par Kalender Pacha, en 1808, pour le contraindre à payer l'impôt au gouvernement turc.
2. Fragment de l'avetch composé à la suite de la victoire remportée par les Zeïtouniotes en 1819 sur les troupes deTchapan-Oglou qui crut pouvoir soumettre Zeïtoun comme il avait facilement soumis Alep et qui s'aperçut bientôt de son erreur.
3. Fragment de 1' « avetch » composé à la suite de la victoire éclatante remportée par les Zeïtouniotes, en 1847, sur l'énorme armée de Topal-Sado.
Le Prêtre-Fou dit : « J'ai donné le signal du combat, J'ai fait descendre sur les cadavres des vautours et des
corbeaux ; N'écoute pas les méchants, Youssouf Pacha! Dieu entend toujours la prière de Zeïtoun. »
Yaghoubian dit : « Tu sais qui je suis, Tu sais de quels lions se forme mon bataillon, Le sang est monté à mes yeux, je ne crains pas la mort; Pour nous, Zeïtouniotes, le combat est une fête de noces. »
Sourénian dit : « Camarades, n'ayez pas peur ;
Nous sommes prêts à venir à votre secours, comptez
sur nous. »
Yéni-Dunia dit : « Ne vous inquiétez pas, Zeïtouniotes ! c'est mon tour de commander le combat. »
Chovroian dit : « Hé ! Youssouf Pacha, Tu es devenu la risée de la tribu des Tédjirli, Tu ne peux pas venir à bout des Zeïtouniotes. Ton renom, ô Zeïtoun, est monté jusqu'au ciel. »
Je suis le poète Khalil, votre humble serviteur,
La tribu des Tédjirli s'étant trouvée en danger,
Zeïtoun se hâta de voler à son secours,
Le mont Ghandel fut témoin de ta gloire, ô Zeïtoun J.
1. Cet « avetch » a été composé à la suite du combat livré par Zeïtoun en 1842 contre Youssouf Pacha pour secourir la tribu voisine des Tédjirli, qui, attaqués par les Turcs, avaient demandé l'assistance des Zeïtouniotes ; ceux-ci mirent en déroute les troupes de Youssouf Pacha et sauvèrent les Tédjirli.
En l'an mil huit cent soixante-deux,
Le deuxième jour du mois d'août,
Les Tcherkesses furent égorgés sur le pont de Kerken.
Les monceaux de cadavres effrayèrent les oiseaux.
Aziz Pacha vint braquer ses canons,
Il lança quarante-et-un boulets, il ne tua qu'un âne;
Tachdjian visa l'artilleur et l'abattit ;
Le Pacha, d'épouvante, tomba par terre.
Le lien des genoux du Pacha se rompit,
Il eut, de peur, le foie déchiré.
D'un seul coup les Tcherkesses furent écrasés ;
Les quarante mille soldats furent soudain dispersés1.
AVETCH D'AZIZ PACHA 2
Ghorvoian dit : « Je me trouvais clans la bataille;
Je suis resté pendant cinq heures clans la fumée et la poudre.
Il n'est pas de combat sans dépense, j'ai perdu quelques âmes.
Mais n'ai-je pas fait périr le décuple des vôtres ? »
i. « Avetch » composé à la suite du grand combat victorieux mené en 1862 par les Zeitouniotes contre les 40,000 soldats d'Aziz Pacha.
2. Cet « avetch » fut également composé à la suite du combat contre Aziz Pacha.
Aziz Pacha dit : « J'ai fait venir dix mille soldats d'Alep et d'Aïntab,
Ils sont restés campés pendant cinq jours sur le pont de Zeïtoun ;
J'ai conduit à la guerre quarante-trois mille soldats;
N'ai-je pas vu la bataille de Kébir? »
Sourénian dit : « J'ai vaincu tout le monde ; J'ai tiré l'épée et je verserai du sang; Si l'on m'irrite, je passerai même la mer; N'ai-je pas toujours accompli ce que j'ai dit? »
Le Pacha borgne reçut l'ordre et vint,
Il devint l'ami de Garabed Kéhia;
Ce furent les Béchenli qui suscitèrent cette affaire.
N'avons-nous pas produit des lions courageux?
Garabed Kasparian dit : « Nous avons foi en Dieu. Nous nous battons toujours à pied ; Allons, Zeïtoun, en avant! Tes monts et tes rochers sont solides.
N'ai-je pas résisté dans le passage de Ghaker ? »
Mon fils Mekhitar dit : « Il n'est pas d'autre moyen : Il faut que nos monts et nos vaux retentissent. Les douleurs et les blessures sont nos gloires ; Pour chaque homme perdu n'en faisons-nous pas périr dix mille ? »'
AVETCH DE BABIK PACHA1
Veyci Pacha dit : « J'irai à Zeïtoun,
Je démolirai la ville, je pillerai les biens;
J'habiterai quelque temps dans le couvent de Zeïtoun;
Je brûlerai votre Zeïtoun, ô princes ! »
Babik Pacha dit : « Je ne crains personne; je ne fais pas grand cas du vali d'Alep ;
Quand même tu amènerais contre moi cent mille soldats, je ne bougerai pas.
Vous ne pouvez pas nous subjuguer avec des paroles, ô princes ! »
Veyci Pacha dit : « Mes soldats rugissent, les boulets que je lance renversent les montagnes ;
A force de me craindre, Zeïtoun tremble et pleure du sang . »
Babik Pacha dit : « Retiens bien ton serment ; J'ai fourré votre juge dans le §ac aux ordures; Je supprimerai à Marache le nom même du Turc ; Je brûlerai votre Alep, ô princes. »
Veyci Pacha dit : « Il a perdu la tête ; Tout ghiaour qu'il est, il croit pouvoir supprimer le Turc;
i. « Avetch » composé à la suite du combat mené en 1879 par les Zeïtouniotes, commandés par l'héroïque Babik (surnommé « Pacha » par les Turcs eux-mêmes à cause de sa grande bravoure), contre les troupes de Veyci Pacha;
Il ne se rappelle pas les crimes qu'il a commis ; Je détruiraipar force votre honneur, 6 princes. »
Babik Pacha dit : a J'ai tiré l'épée, J'ai abattu Pertiz, Kurtul, Nédirli, J'ai brûlé la tribu de Bozdoghan ; Par Dieu! j'ai soif de sang, ô princes! »