‹ Chants populaires arméniensChapitre 61 sur 87 · UN COMBATTANT ZE1TOUNIOTE · texte numérisé non relu

UN COMBATTANT ZE1TOUNIOTE

(Gravure extraite de Zeïtoun, son passé et son présent, par « ZeïtQuiHsi »,)

Kalender Pacha marcha sur Zeïtoun.

Il lui demandait de payer l'impôt au gouvernement; Zeïtoun mangea du raisin sec en guise de pain ; Kalender, ennuyé, proposa de faire la paix f.

Au grondement des fusils ottomans Les fusils de Zeïtoun n'ont attaché aucune importance, Ils ont couché par terre les soldats de Tchapan; Tchapan, mon ami, laisse tranquille le Zeïtoun 2.

Sado-le -boiteux attaqua Zeïtoun,

Il convoitait nos vierges de douze ans ;

Nous avons dressé le fusil entre nos deux jambes,

Sado-bek fut tué de notre propre main 3.

i. Fragment d'un « avetch » composé à la suite de la résistance qu'opposa Zeïtoun aux efforts déployés par Kalender Pacha, en 1808, pour le contraindre à payer l'impôt au gouvernement turc.

2. Fragment de l'avetch composé à la suite de la victoire remportée par les Zeïtouniotes en 1819 sur les troupes deTchapan-Oglou qui crut pouvoir soumettre Zeïtoun comme il avait facilement soumis Alep et qui s'aperçut bientôt de son erreur.

3. Fragment de 1' « avetch » composé à la suite de la victoire éclatante remportée par les Zeïtouniotes, en 1847, sur l'énorme armée de Topal-Sado.

Le Prêtre-Fou dit : « J'ai donné le signal du combat, J'ai fait descendre sur les cadavres des vautours et des

corbeaux ; N'écoute pas les méchants, Youssouf Pacha! Dieu entend toujours la prière de Zeïtoun. »

Yaghoubian dit : « Tu sais qui je suis, Tu sais de quels lions se forme mon bataillon, Le sang est monté à mes yeux, je ne crains pas la mort; Pour nous, Zeïtouniotes, le combat est une fête de noces. »

Sourénian dit : « Camarades, n'ayez pas peur ;

Nous sommes prêts à venir à votre secours, comptez

sur nous. »

Yéni-Dunia dit : « Ne vous inquiétez pas, Zeïtouniotes ! c'est mon tour de commander le combat. »

Chovroian dit : « Hé ! Youssouf Pacha, Tu es devenu la risée de la tribu des Tédjirli, Tu ne peux pas venir à bout des Zeïtouniotes. Ton renom, ô Zeïtoun, est monté jusqu'au ciel. »

Je suis le poète Khalil, votre humble serviteur,

La tribu des Tédjirli s'étant trouvée en danger,

Zeïtoun se hâta de voler à son secours,

Le mont Ghandel fut témoin de ta gloire, ô Zeïtoun J.

1. Cet « avetch » a été composé à la suite du combat livré par Zeïtoun en 1842 contre Youssouf Pacha pour secourir la tribu voisine des Tédjirli, qui, attaqués par les Turcs, avaient demandé l'assistance des Zeïtouniotes ; ceux-ci mirent en déroute les troupes de Youssouf Pacha et sauvèrent les Tédjirli.

En l'an mil huit cent soixante-deux,

Le deuxième jour du mois d'août,

Les Tcherkesses furent égorgés sur le pont de Kerken.

Les monceaux de cadavres effrayèrent les oiseaux.

Aziz Pacha vint braquer ses canons,

Il lança quarante-et-un boulets, il ne tua qu'un âne;

Tachdjian visa l'artilleur et l'abattit ;

Le Pacha, d'épouvante, tomba par terre.

Le lien des genoux du Pacha se rompit,

Il eut, de peur, le foie déchiré.

D'un seul coup les Tcherkesses furent écrasés ;

Les quarante mille soldats furent soudain dispersés1.

AVETCH D'AZIZ PACHA 2

Ghorvoian dit : « Je me trouvais clans la bataille;

Je suis resté pendant cinq heures clans la fumée et la poudre.

Il n'est pas de combat sans dépense, j'ai perdu quelques âmes.

Mais n'ai-je pas fait périr le décuple des vôtres ? »

i. « Avetch » composé à la suite du grand combat victorieux mené en 1862 par les Zeitouniotes contre les 40,000 soldats d'Aziz Pacha.

2. Cet « avetch » fut également composé à la suite du combat contre Aziz Pacha.

Aziz Pacha dit : « J'ai fait venir dix mille soldats d'Alep et d'Aïntab,

Ils sont restés campés pendant cinq jours sur le pont de Zeïtoun ;

J'ai conduit à la guerre quarante-trois mille soldats;

N'ai-je pas vu la bataille de Kébir? »

Sourénian dit : « J'ai vaincu tout le monde ; J'ai tiré l'épée et je verserai du sang; Si l'on m'irrite, je passerai même la mer; N'ai-je pas toujours accompli ce que j'ai dit? »

Le Pacha borgne reçut l'ordre et vint,

Il devint l'ami de Garabed Kéhia;

Ce furent les Béchenli qui suscitèrent cette affaire.

N'avons-nous pas produit des lions courageux?

Garabed Kasparian dit : « Nous avons foi en Dieu. Nous nous battons toujours à pied ; Allons, Zeïtoun, en avant! Tes monts et tes rochers sont solides.

N'ai-je pas résisté dans le passage de Ghaker ? »

Mon fils Mekhitar dit : « Il n'est pas d'autre moyen : Il faut que nos monts et nos vaux retentissent. Les douleurs et les blessures sont nos gloires ; Pour chaque homme perdu n'en faisons-nous pas périr dix mille ? »'

AVETCH DE BABIK PACHA1

Veyci Pacha dit : « J'irai à Zeïtoun,

Je démolirai la ville, je pillerai les biens;

J'habiterai quelque temps dans le couvent de Zeïtoun;

Je brûlerai votre Zeïtoun, ô princes ! »

Babik Pacha dit : « Je ne crains personne; je ne fais pas grand cas du vali d'Alep ;

Quand même tu amènerais contre moi cent mille soldats, je ne bougerai pas.

Vous ne pouvez pas nous subjuguer avec des paroles, ô princes ! »

Veyci Pacha dit : « Mes soldats rugissent, les boulets que je lance renversent les montagnes ;

A force de me craindre, Zeïtoun tremble et pleure du sang . »

Babik Pacha dit : « Retiens bien ton serment ; J'ai fourré votre juge dans le §ac aux ordures; Je supprimerai à Marache le nom même du Turc ; Je brûlerai votre Alep, ô princes. »

Veyci Pacha dit : « Il a perdu la tête ; Tout ghiaour qu'il est, il croit pouvoir supprimer le Turc;

i. « Avetch » composé à la suite du combat mené en 1879 par les Zeïtouniotes, commandés par l'héroïque Babik (surnommé « Pacha » par les Turcs eux-mêmes à cause de sa grande bravoure), contre les troupes de Veyci Pacha;

Il ne se rappelle pas les crimes qu'il a commis ; Je détruiraipar force votre honneur, 6 princes. »

Babik Pacha dit : a J'ai tiré l'épée, J'ai abattu Pertiz, Kurtul, Nédirli, J'ai brûlé la tribu de Bozdoghan ; Par Dieu! j'ai soif de sang, ô princes! »

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