‹ Chants populaires arméniensChapitre 62 sur 87 · LES BRAVES · texte numérisé non relu

LES BRAVES

Lorsque les braves montent sur leurs chevaux arabes, Ils deviennent intrépides devant l'ennemi ; L'aigle, même vieilli, ne lâche pas sa proie ; Le fils du vieux loup devient toujours un loup.

Je voudrais monter au balcon de ma maison, Je voudrais mener une vie joyeuse et contempler ma belle ;

Je voudrais monter sur mon cheval noir Et montrer comment et où Ton se bat.

Les jeunes braves vont se promener dans les champs ; Le jour ils regardent les roses, et la nuit, la lune. L'écho de leurs armes est répété par les monts et les

rochers.

Quand leurs armes grondent, on ne voit plus l'ennemi.

Mon fils me fait savoir ce qu'on voit sur les montagnes; Ceux qui voient le combat des braves, pleurent;

Je le dis à vous, ô beys et aghas,

Ce brave seul est noble qui succombe avec sa foi.

AVETGH DE KHOURCHID PACHA1

Khourchid Pacha dit : « Je m'en vais assiéger le petit Zeïtoun,

Si Ton m'irrite, je le détruirai; Je suis le fameux Khourchid et je commande une armée».

Le Zeïtouniote dit : » Oh ! Khourchid Pacha, ne crois pas à tout ce qu'on raconte.

Zeïtoun te le dit, qui tient sa parole ;

Notre parole est faite de diamant, nos guerriers sont des lions.

Zeïtoun te le dit, qui s'élance comme un faucon. »

Khourchid Pacha dit : « Ne m'irritez pas, J'envelopperai vos montagnes dans la fumée de mes canons.

Mon épée est puissante par la foi de l'Islam ;

C'est le sanguinaire Khourchid Pacha qui vous le dit. »

i. « Avetch » composé à la suite de la victoire remportée par les Zeïtouniotes en i85? sur les troupes de Khourchid Pacha.

21 'f CHANTS POPULAIRES ARMÉNIENS

Le Zeïtouniote dit : « Ne crois pas, Khourchid Pacha, que Zeïtoun est débile:

Il a comme patrimoine le mont Bérid ; Chaque maison possède sept sacs de poudre : Zeïtoun te le dit, qui te résiste et t'anéantira. »

Khourchid Pacha dit : « Attendez, je vais conduire mon armée au couvent;

Attendez, je vais réunir des peuples de diverses langues ; Attendez ! je vais t'anéantir complètement, ô Zeïtoun ; C'est le sanguinaire Khourchid Pacha qui te le dit. »

Chorvoian dit : « Moi, Chorvoian, je parle brièvement : Jésus nous soutiendra !

Quand même les lois de Moïse seraient à votre avantage, Par Dieu, ô Pacha, j'exterminerai tes soldats. »

Khourchid Pacha dit : «Attendez, je vais assiéger votre Zeïtoun.

Je renverserai vos montagnes et vos rochers, Je réduirai en cendres vos vignes et vos jardins. Khourchid vous le dit, qui a conquis tant de villes. »

Yéni-Dunia dit : « Que dis-tu là-bas ? Pour nous c'est une honte d'être attaqués par toi. J'ai cinq mille tireurs, ils sont tous intrépides, Zeïtoun te le dit, qui détruira tous tes soldats. »

Khourchid Pacha dit : « Qu'ils viennent, tous les princes, Et que chacun porte à sa ceinture son linceul ;

Que la bataille se fasse sur les bords du Djihan. C'est le belliqueux Khourchid qui vous le dit.»

Sourénian dit : « Tu seras couvert de confusion ;

Quand même dix pachas viendraient encore, ils ne me feraient pas peur.

Ici se trouvent les cadavres de beaucoup de pachas. »

Khourchid Pacha dit : « La bataille est commencée ; elle est trop dure.

Hélas! personne ne sait combien Zeïtoun est sauvage; Je veux prendre la fuite et j'espère y réussir. Oh! comme ce Zeïtoun est cruel et sauvage! »

Baghdjian dit : « Par le Tout-Puissant que j'adore, Je ferai construire des barricades en or et en argent; Vous allez voir comment je lancerai mes lions

contre ses soldats.

N'est-ce pas moi qui ai égorgé ses beys circassiens? »

Kourchid Pacha dit : « Je suis perdu !

Attendez un peu, jusqu'à ce que mes soldats soient

rassemblés ;

J'ai demandé beaucoup de victimes pour les immoler à Dieu ;

Kourchid le dit, qu'il a offert à Dieu beaucoup de moutons en sacrifice. »

Yaghoubian dit : « Mon fils Jacob dit que le jour est arrivé :

Battons-nous, et que nos coups résonnent jusqu'à Gonstantinople!

Nous sommes orphelins, personne ne prendra notre sang.

Zeïtoun le dit, qui se bat Tépée haute. »

Kourchid Pacha dit : « Prenons la fuite, abandonnons les munitions que je perds pour toujours ;

Quelle honte pour moi si le sultan Aziz l'apprend !

C'est Zeïtoun qui 'nous poursuit jusqu'à cinq heures de distance. »

AVETCH DE KHOURCHID PACHA '

Accourez, mes frères, venez entendre le récit de nos hauts faits, comment l'infidèle Khourchid, qui voulait nous anéantir, fut écrasé.

Ecoutez, mes frères, le récit de l'agression de Khourchid Pacha. Oh! cette année-ci fut glorieuse pour nous.

L'impie était décidé à nous massacrer, afin d'enlever nos femmes, nos enfants et nos biens.

Mais qu'il ne compte plus sur ses milliers de soldats, qu'il tremble désormais devant nous et que ceux de ' Marache apprennent aussi à respecter la foi du serment.

i. Cet avetch, qui chante le même sujet que le poème précédent, a été composé par un [prêtre- combattant ayant pris part à la ba-

Salut ii nos chefs qui nous conduisirent sur le champ de bataille, salut à nos sages gouverneurs qui veillent à notre sûreté, salut à nos valeureux princes, et vive notre pays!

En ce moment sublime, Yéni-Dunia s'écrie : « En avant tous ensemble! plus de crainte : je vous procurerai un riche butin. »

Sourénian répond : « Je commande à mille guerriers qui vont courir à la mort défendre l'indépendance; marchons à l'ennemi! »

Khosroian crie à son tour : « Arrêtez, c'est à moi de marcher le premier à la tête de mes guerriers ; c'est à vous de suivre mon exemple et de repousser l'invasion musulmane. »

Balian reprend : « Admirez mes braves, enviez et ma poudre et mon plomb ; prenez tout et tirez juste ; mes biens, mes fusils et ma vie sont à la nation. »

Garabed le Kaïa dit à son tour : « Libre montagnard, c'est à moi, gardien de Zeïtoun, de défendre le chemin de la liberté. A moi, mes fils, à moi! Ayons foi en Dieu, et montrons-nous dignes de nos ancêtres en abaissant l'orgueil d'un pacha exécré.

Jtaille de 1862. Nous reproduisons ici la traduction qu'en a donnée Victor Langlois en son étude sur Zeitoun publiée dans le numéro du i5 Février i803 de la Revue des Deux Mondes.

« Mes greniers sont garnis de blé, ne comptez plus sur des secours; un pain par jour et combattons dix ans. Nous avons bien assez vécu ; il faut nous sacrifier au sa lut de nos frères. Dieu et la croix sont avec nous ! »

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