‹ Chants populaires arméniensChapitre 78 sur 87 · LE CHANT DU LABOUREUR · texte numérisé non relu

LE CHANT DU LABOUREUR

La nuit vint envelopper le monde, mon âme s'est fanée ;

Le sommeil a envahi mes yeux, mon corps s'est engourdi ;

Les rêves sont tombés sur moi, j'ai longtemps déliré.

Lorsqu'arriva l'heure de la ténèbre d'Adam1, tous les rêves se sont enfuis.

Le jour n'avait pas encore lui, je m'étais déjà réveillé.

J'ai vu briller l'étoile du matin du côté de l'aurore.

La Balance et le Carvanghéran 2 s'étaient approchés de la Pléiade.

Ayant attelé mes deux bœufs, je suis allé à mon champ.

J'ai labouré ma terre avec la herse et la charrue; Avec ma charrue j'ai parcouru mon champ 'en fredonnant une chanson; A l'heure du déjeuner j'avais fini de labourer;

i. L'heure de la nuit où il fait le plus sombre, celle qui précède l'aube, est appelée en Arménie « heure de la ténèbre d'Adam ».

2. « Carvanghéran » (coupeur de caravanes) ou « gogh » (voleur), est le nom populaire de Pégase.

Alors je me suis mis à niveler la surface de la terre I labourée;

Puis j'ai ramassé mes instruments, je suis rentré ; chez moi,

J'ai mangé un morceau de pain, je me suis endormi.

Le lendemain avant l'aube, j'ai travaillé tout autour j de mon champ;

J'ai labouré, j'ai défriché jusqu'au soir.

Le champ^que j'ai labouré a donné du blé s'élevant jusqu'à ma ceinture.

Les épis se sont enchevêtrés les uns dans les autres avec leurs jolies barbes;

Ils ont jauni, ils ont pris la couleur de l'encens, ils I sont devenus pareils à une forêt ;

Puis ils se sont fendus : le moment de la récolte arrivait.

J'ai récolté, j'ai fait des tas, et je les ai piles ; J'ai battu, j'ai éventé, j'ai séparé le blé; J'ai rendu grâces à Dieu, mille fois grâces; J'ai payé mes dettes avec la sueur de mon front,

Il existe toutes sortes d'hommes; C'est la Sainte Vierge qui nous donne ce que nous rêvons ;

L'homme orgueilleux est pourri à l'intérieur;

Tout ce qu'il dit est mensonge;

A quoi me sert le fruit de tels jardins ?

Il est des hommes qui sont des pièges, il en est d'autres qui sont naïfs;

Il en est qui sont tendres, mais il en est d'autres qui sont épineux.

Il en est qui vous cachent tout

Et qui n'élèvent la voix que pour mentir.

A quoi me sert l'existence de tels hommes?

Van.

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