LE CHANT DE LA MORT
Il est mort, celui qui avait amassé une grande fortune ;
Il est mort, celui qui commençait à en amasser une.
Il est mort, le médecin Djalalentz,
Qui guérissait toutes les plaies :
Il eut au cœur une plaie qu'il ne put guérir.
Il est mort, le prophète David,
Qui, du fond de son cœur, a dit huit canons de psaumes.
Il prit la cognée, se rendit à la forêt, Coupa du bois, façonna sa harpe colorée, Il y passa les cordes d'acier :
Quand il la touchait, elle chantait.
Il est mort, Salomon le Sage,
Qui bâtit un temple lumineux,
Où il ouvrit trois cent soixante fenêtres ;
Un rayon, une fois entré, n'en sortait qu'au bout d'un jour.
Toutes les villes accoururent pour admirer ce temple.
Il y arriva une fille de la maison d'Arabie :
Elle était revêtue d'une chemise en papier,
Elle portait, par-dessus, une chemise en mousseline ;
Salomon en tomba amoureux.
Les anges vinrent enlever sa couronne lumineuse.
Il se mit à conjurer Dieu,
La couronne lui fut rapportée, mais les diamants n'y
étaient plus.
Mogk.