‹ Chants populaires de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 27 sur 146 · LA JEUNE FILLE VOYAGEUSE · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE VOYAGEUSE

UxE jeune fille (persécutée) pour sa beauté, voulait voyager; — et voyager ne pouvait-elle; elle ne savait pas ramer.— Elle donne cent sequins pour le nolis d’un navire ,— et cent autres sequins pour être respectée dans le trajet. — Mais quand on fut à deux ou trois milles au large de la ville, — le capitaine porta la main dans son sein ; — et de la honte qu'elle en eut, la jeune fille tomba évanouie. — Le capitaine crut qu’elle était morte ; — il la prend par le bras, la jette dans la mer ,— et la mer la pousse au puits de Morée. — Vinrent les femmes, ( vinrent) les filles moréates chercher de l’eau ; — elles jetèrent leurs cruches, et (à) leurs cruches (se) prirent les cheveux (de la belle) : — « Oh! voyez ce corps à (porter) doliman | ces doigts à (tenir) la plume !— Oh ! voyez ces lèvres à baiser, toutes sanglantes qu’elles sont !»—Je les baisai, ces rouges lèvres, et les miennes en furent teintes; — je les essuyai avec un mouchoir, et teint en fut le mouchoir : — je le lavai dans la rivière, la rivière en fut teinte ; — teints furent le rivage et la pleine mer; — une galère en fut teinte aussi, avec un beau galion ; — et les jolis, les rapides poissons eux-mêmes furent teints.

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ROULE VALLE LD VAR LUE DD LAURE ωονυωωυνυσυσωων

LE MATELOT

D: même que les montagnes de la Thessalie, de l'Épire et de l’Arcananie ont leurs chansons klephtiques et pastorales, les iles de l'Archipel ent leurs chansons de matelots. Telle est celle-ci; et comme e est la seule de son genre dans ce recueil, cette particularité sufhrait pour la rendre intéressante, si elle ne l'était bien plus encore par son mérite intrinsèque. C’est un tableau de la naïveté la plus touchante, et du coloris le plus vif, des misères et des fatiguas de la vie du matelot. Je crois que les quatre premiers vers doivent être ragardés comme une espèce de prologue, rempli par des réflexions générales auxquelles se rattache immédiatement, dès le cinquième vers, Le sujet spécial de la chanson. La sorte de brusquerie avec laquelle le dénoûment inattendu des plaintes du matelot est jeté, en un seul trait, dans le dernier vers, a quelque ‘chose de frappant et de hardi.

Il y a, dans l’avant-dernier vers, deux expressions que je n'ai pu traduire, et dont je m'ai indiqué la signification que par une paraphrase; ce sont les expressions : ἕα λέσα, et ἔα µόλα, ŒUi s'écrivent encore εἷα λέσα et εἷα µόλα. Ce sont les mots sur lesquels roule le chant des mousses

et des matelots grecs, pour jeter et lever l'ancre. Éa λέσα, est le cri pour le mouvement rapide, ἕα pô, celui pour le mouvement ralenti de cette manœuvre. On dit que cette cantilène de matelot est d’un grand effet, en mer, et surtout dans les voisinage des côtes, lorsqu'elle est répétée et prolongée par les échos; et qu’elle a pour les matelots grecs le même genre de pouvoir et de charme que le ranz-des-vaches pour les pâtres suisses.

Le docteur Coray a déja observé, dans une note de son introduction à l'édition donnée par lui des Æthiopiques d'Héliodore, que ces cris sont de toute antiquité dans la bouche des matelots grecs. El: µάλα que l'on trouve dans Aristophane, n’est autre chose que le ἔα, ou εἷα µόλα des Grecs d'aujourd'hui, altéré aussi peu que possible.

J'avais déja de cette pièce plusieurs copies qui, bien que prises en divers lieux , ne différaient point entre elles, lorsque j'ai eu l'occasion d'en prendre une copie nouvelle de la bouche d'un Grec qui l'avait apprise en Acarnanie. Cette copie a de plus que les autres huit ou

neuf vers qui sont des meilleurs et des plus touchants de la pièce.

Φα ο σώσουν ωνωυσωναοωυν VAR VE VLBUL D VER LL L OLD IR LVLR LS à

» Νὰ κοµπασάρης τὸν καιρὸν, νά Ίμόωμεν εἰς λιμένα. »— « Éyd σᾶς λέγω δὲν ᾽μπορῶ, καὶ σεῖς μοῦ λέτε σήκου.

» Mal πιάστε µε νὰ σηκωθῶ, βάλτε µε νὰ καθήσω'

» Mè τῆς ἀγάπης τὸ χρυσὸν δέστε τὰ καταχλείδια.

D Βλέπετ) ἐκεῖνο τὸ βουνὸν, τὸ πέρα καὶ τὸ de,

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LE MATELOT

CeLui qui a une fille à marier, et marier la veut, — qu'il hu donne plutôt pour mari un vieillard qu’un jeune matelot. — Harassé et misérable, le matelot, — s'il dine, ne soupe pas; 51] fait son lit, ne dort pas. — Oh! qu'à plaindre est cé jeune garcon, malade à ta proue du navire! —Il n’a à ni mère pour le garder ; (ina là), pour le plaindre, ni père ,—n1 frère, ni sœur, ni personne au monde; — si ce n'est le capitaine et le maitre du navire, qui lui disent : -— «Or çà ! lève-toi, notre matelot, notre expert matelot, — pour calculer le temps, pour que nous entrions au port. »—« Lève -toi, me dites -vous, vous autres ; et moi, je vous dis que je ne peux. —Tenez-moi du moins, pour que je me lève ; mettez-moi sur mon séant. — Serrezmoi la tête avec deux, avec trois mouchoirs ; — et ce mouchoir d’or de ma maîtresse, attachez-lemoi sur les joues. — (Maintenant ) apportez-moi ma triste carte. — Voyez-vous, l’une en-deçà, l’autre en-delà, ces deux montagnes, — qui ont du brouillard au sommet, de la brume au pied?

Ποῦ ἔχ᾽ ἀντάραν ch κορφὴν, καὶ καταιχνιὰν iv ῥίζαν ; 9 Πᾶτε ἐκεῖ ν᾿ ἀῤῥάξετε : ἔχει ἑαθὺν λιμένα.

» Na µή µε θάψουν ίσ ἐχχλησιὰν, μηδὲ εἰς μοναστῆρι,

» Μόναι 'σ τὴν ἄκρην τοῦ γιαλοῦ, 'σ τὸν ἄμμον ἀποχάτω" » Éxet οἱ ναῦτες νά ρχωνται , ν᾿ ἀκούω τὴν φωνήν τους. » Éyers γιὰν, συντρόφοι µου, καὶ σὺ, καραθοχύρη,

Έλυωσαν τὰ µατάχια του, ἔλυωσαν, (καὶ δὲν βλέπει). rAUR Le 9

LE MATELOT. 107

— Allez mouiller là; il y a là un bon port.

— Jetez l'ancre à gauche, les amarres à droite, — et la grande ancre au sud. — Je prie le capitame et le maître du navire, — de ne point m’enterrer à l'eglise, ni dans un monastère; — mais au bord du rivage, tout en bas, dans le sable, — afin que Jj'entende le cri des matelots quand ils aborderont. — Adieu, mes compagnons; adieu, toi, maitre du navire ; et adieu, vous aussi douces chansons que je disais, en levant, en baissant l’ancre. » — (Il ne parle plus); ses yeux s'éteignent : il ne voit plus.

οουουνωυσυονυς ων υυυυυ LAB A/R RS LAN ALLO LE VITRAIL E LR VIRA LR

LA JEUNE FILLE ET CHARON

Carre pièce a-t-elle pour base quelque évènement ou quelque tradition historique ὃ on serait tenté de le présumer à la précision de certains détails. Quoi qu’il en soit, la pièce se distingue, entre beaucoup d’autres, par la netteté et la vivacité de la narration, par l'intérêt du sujet, et par l'intention morale que le rapsode populaire a portée dans ce sujet.

La mort imprévue et soudaine d’une jeune fille, qui en fait l'argument, n’est pas, dans l'idée du poète, un simple accident qui, pour être fort triste en lui-même, n'en est pas moins naturel et journalier : c’est la punition terrible de la complaisance avec laquelle cette jeune fille s'est abandonnée à l'orgueil de se sentir belle et riche, aimée et heureuse. C'est afin de rendre cette punition plus mystérieuse et plus frappante, que Charon, qui en est l'agent, se présente, pour l'infliger, sous un déguisement extraordinaire.

Il y a, dans madame de Sévigné, un trait que l’on a toujours admiré. Après-avoir dit comment madame de La Rochefoucauld s’en tint à demander des nouvelles de son frère, dans un moment où elle tremblait avec

raison pour son fils qui venait d'être tué au passage du Rhin , madame de Sévigné ajoute aussitôt : « Sa pensée n'osait aller plus loin. » Ce mot heureux s'applique avec une extrême justesse à un trait de cette chanson, dont il me semble être à la fois le commentaire le plus simple et le plus bel éloge. Il caractérise à merveille la situation et le sentiment de ce pauvre Constantin qui, venant épouser sa fiancée , et voyant sortir de chez elle la croix qui précède les convois funèbres, se met aussitôt à passer en revue, dans son idée, tous ceux que la mort peut avoir frappés dans la maison de son beau-père, et n'oublie que son amante, que celle dont la vie est tout pour lui.

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O XAPOZ ΚΑΙ H ΚΟΡΗ.

Μιὰ κόρη ἐκαυχήθηκει τὸν Χάρον δὲν φοβᾶται, Or ἔχ᾽ ἐννέα ἀδερφοὺς. τὸν Κωνσταντῖνον ἄνδρα. Πόχει τὰ σπήτια τὰ πολλὰ. τὰ τέσσερα παλάτια. 1 ὁ Χάρος ἔγινε πουλὶ. σὰν μαῦρον χελιδόνι’ [9 / \ 9 ÿ \ 2 \ / .

πέταξε, καὶ ’o τὴν καρδιὰν σαΐτεψε τὴν κόρην K° ἡ μάννα της τὴν ἔχλαιε, κ᾿ À μάννα της τὴν χλαίει’ « Χάρε, xaxdv ποῦ μ᾿ ἔκαμες ’o τὴν µιάν µου θυγατέρα, NX 4 / \ \ A Δ A ni / | » ᾿Στὴν µιάν µου, καὶ τὴν μοναχὴν, καὶ τὴν καλήν μου κόρην.’- Na! καὶ ὁ Κώστας πρόδαλεν ἀπὸ “ψΨηλὴν λαγκάδα, Μὲ τετρακόσιους νοματοὺς, μ’ ἑξῆντα δυὸ παιγνίδια. / / \ \ / \ 4 | « Σόνετε τώρα τὴν χαρὰν, σόνετε τὰ παιγνίδια: » Γ. ἕνας σταυρὸς ἐπρόθαλε 'σ τῆς πεθερᾶς τὴν πόρταν' » À πεθερά μ᾿ ἀπέθανεν, n καὶ ὁ πεθερός µου, » Ἡ ἀπὸ τοὺς κουνιάτους µου κανεὶς εἶν᾽ λαθωμένος. D — Κλωτσιὰ βαρεῖ τοῦ μαύρου του, a τὴν ἐκκλησιὰν πηγαίνει.

Βρίσκει τὸν πρωτοµάστορην “roù κάμνει τὸ μνημοῦρι;

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