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LA JEUNE FILLE ET CHARON
Uxe jeune fille se vantait de ne pas craindre Charon; — parce qu'elle avait neuf frères, et pour: fiancé Constantin, — le possesseur de nombreuses maisoïis et de quatre palais. — Et Charon se fit oiseau, se fit noire hirondelle; —- il arriva au vol, et lança sa flèche au cœur de la fille ; —et sa mère la pleurait, et sa mére la pleure : — « O Charon, quelle douleur tu m'as causée au sujet de ma fille, — de ma belle, de ma seule, de mon unique fille!» — Et Constantin parut, (descendant) d’une haute vallée, — avec quatre cents personnes et soixante-deux instruments. — « Cessez maintenant la noce; cessez de jouer des instruments. — Une croix α paru à la porte de ma belle-mère : — ou ma belle-mère est morte, ou bien mon beaupère; — ou de mes beaux-frères quelqu'un aura été blessé. » — Il frappe du pied son moreau, s’en va devers l’église, — et trouve le maître maçon qui fait un tombeau. — «Oh! dis- moi,, et Dieu te soit en aide, maître maçon, dis-moi, pour qui
«Πέ pub, νὰ Cons, µάστορα, τίνος εἶν᾽ τὸ μνημοῦρι;» —
LÉ EN , ο ο” 4 ΄ « Είναι τῆς χόρης τῆς ζανθῆς, ξανθῆς καὶ μαυροµάτας, » [où εἶχ᾽ ἑννέα ἀδερφοὺς, τὸν Κωνσταντῖνον ἄνδρα,
4 \ / A \ \ / ’ » 1όχει τὰ σπήτια τὰ πολλᾶ, τὰ τέσσερα παλατια. » — « Παρακαλῶ σε, µάστορα», νὰ pions τὸ μνημοῦρι » ᾿Λίγον μακρὺ, λίγον πλατὺ, ὅσον χιὰ δυὸ νοµάτους.»---- Χρυσὸν μαχαῖρ᾽ ἐπέταξε, καὶ σφάζει τὴν καρδιάν του”
Τοὺς δυὸ μαζι τοὺς ἔθαψαν, τοὺς dud ᾿σ ἕνα μνημοῦρι.
LA JEUNE FILLE ET CHARON. 115
ce tombeau ? » — « Pour la fille blonde, pour la blonde aux yeux noirs, — qui avait neuf frères, et pour fiancé Constantin, — le possesseur de nombreuses maisons et de quatre palais. »—« Oh! je t'en prie, maître maçon, fais ce tombeau — un peu ( plus) grand , un peu (plus) large, suffisant pour deux. » —Iltire son poignard d'or et se frappe le cœur : — on les ensevelit tous les deux. ensemble, ensemble dans le tombeau.
LES DEUX FRÈRES
P,, M 1 le petit nombre de pièces de ce recueil purement narratives, voici peut-être celle où la narration se développe avec le plus de franchise, d'aisance et de clarté, Le fond en est très-simple, et tous les incidents en sont pleins de caractère et de vie. L'exclamation de tendresse filiale que pousse le pauvre marchand blessé, et à laquelle s'émeut aussitôt le cœur irascible de son. meurtrier , a quelque chose de plus touchant encore dans les mœurs grecques, que dans celles de tout autre peuple. Il y a un trait à noter dans la manière dont se fait et se déclare la reconnaissance des deux frères : nul poète, guidé par les seules inspirations de l'art, n'eùt probablement songé à différer cette reconnaissance jusqu'au moment où le meurtrier dépose le blessé aux pieds des médecins; et ce moment est néanmoins le seul où elle puisse éclater par un trait vif et tranché, qui, loin de le ralentir, accélère plutôt le mouvement de l'action. Il n’y a pas moins de vigueur, de sentiment et d'imagination dans l’ébauche ou la simple indication des caractères.
Nul doute, à en juger par le dialecte, que cette chan-
son n'ait été composée dans les îles ; et l'on serait tenté de soupçonner que c'est dans celle de Candie ou de Crète, mentionnée par le poète comme la patrie des deux frères. Cependant le dialecte de cette île se distingue, entre tous ceux du grec vulgaire, par des particularités caractéristiques , dont la pièce n'offre aucun vestige, mais qui peuvent avoir disparu dans la bouche du peuple du continent ou des autres îles de la Grèce.
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Πραγματευτῆς χατέθαινεν ἀπὸ τὰ χκορφοθούνια 3 Σέρνει μουλάρια δώδεκα, καὶ ῥούλαις δεκαπέντε. Καὶ κλέφτες τὸν ἀπάντησαν χαταμιεσῆς τοῦ δρόμου, Κ’ ἔπιασαν τὰ μουλάρια του, γιὰ νὰ τὰ ξεφορτώσουν - Νὰ ἰδοῦν, μὴν ἔχη σιρμαγὸ κρυµμένον 'σ τὰ σαχχιά Tou
D L μη χα ᾠμ Ύ8 PULL Μ΄ αὐτὸς τοὺς παρακάλεσε νὰ μὴ τὰ ξεφορτώσουν. 4 ᾿ \ / \ «Αγ μὴ τὰ ξεφορτόνετε τὰ ἔρημα μουλάρια | \ / 8 / ο” LA » Τὶ σάπηκαν τὰ στήθια µου, φορτῶντας, ξεφορτῶντας.»- Κ᾿ 6 χαπετάνος θύμωσε, στέχεται καὶ τοῦ λέγει’ « Ίδὲς τοῦ σχύλλου τὸν υἱὸν, τῆς κούρθας τὸ χοπέλι ! » Δὲν χλαίει τὴν ζωΐτσαν του, μὸν χλαίει τὰ μουλάρια. » Ποῦ εἶστε, παλληκάρια µου; péval ὁ χαπετάνος" ” ϱ 4 Ν 9 \ / LR LA D Βαρεῖτέ τον μιὰν μαχαιριὰν, σ τὸν τόπον ν ἀπομείνη. " — Κ᾿ αὐτοὶ τὸν ἐλυπήθηχαν, ὅτ᾽ ἦταν ἀνδρειωμένος. K’ 6 καπετάνος χύθηκε σὰν τ) ἄγριον λεοντάρι,
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LES DEUX FRÈRES
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Un marchand descendait du haut des montagnes; — il conduit douze mulets et quinze mules. — Des voleurs le rencontrent au milieu du chemin ; —ils arrêtent ses mulets pour les décharger, — et voir s’il n’a pas de l'argent caché dans ses sacs. — Mais lui les conjure de ne pas les décharδες: —« Ah! ne les déchargez pas, ces malheureux mulets; — car j'ai la poitrine ulcérée, à force de les charger et décharger. » — Le capitaine alors se courrouce ; il s'arrête et dit : — « Voyez donc ce fils de chien, cet enfant de catin,— qui ne plaint point sa propre vie, qui ne plaint que ses mulets ! — Où êtes-vous, mes braves? crie ensuite le capitaine ; —allongez-lui un coup de poignard, (dont) il reste sur la place.» — Et les voleurs avaient compassion du marchand, parce qu'il était brave. — Mais le capitaine fond (sur lui) comme un lion sauvage; — il tire son poignard, et l’en frappe au côté. — (Le marchand) soupire profondément , et s'écrie aussi haut qu’il peut: — « Où es-tu, mon pére, pour me voir? Où es-tu, ma mère, pour
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K° αὐτὸς βαραναστέναξε, x’ ὅσον ᾽μπορεῖ φωνάζει” € Ποῦ εἶσαι, κύρη, νὰ μ’ ἰδῆς ; μάννα µου, νὰ μὲ κλάφης’ - « Τὸ πόθεν εν ἡ μάννα σου, γραφὴν γιὰ νὰ τῆς γράφω ; » — « Ἡ μάννα μ. εἶναι Ἀρτινὴ , ὁ κύρης μ’ απ᾿ τὴν Κρήτην, » Κ’ εἶχ᾽ ἀδελφὸν προτήτερον, x’ αὐτὸς ἐξέόγε κλέφτης. Κ. à χαπετάνος τρόμαξε »σ ταῖς ἀγκαλιαῖς τὸν πέρνει, 2 ταῖς ἀγκαλιαῖς τὸν ἔφεονε, καὶ Ἰα τοὺς ἰατροὺς τὰν πάνει. « Ἐσεῖς πολλοὺς ἑατρέψετε σφαγµένους καὶ χοµµένους » Ἰατρέψετε x’ αὐτὸν τὸν νεόν ' αὐτὸς εἶν᾽ ἀδερφός μου.» — « Ἡμεῖς πολλοὺς ἰατρέψαμε σφαγµένους καὶ χοµµένους, » Σὰν τὴν δικήν του μαχαιριὰν κάνένας δὲν ἰατρεύει. D — ο 9 9 / \ , \ / Κ᾿ αὐτὸς τὸν παρακάλεσε νὰ πάρη τὰ μουλάρια" 8 f LA 8 # ή CT ο.
«Τιά: πάρε τα μουλάρια μας, σύρε τα τοᾶ χυρῆμας '»--- À \ 3% ον / à \ , « Καὶ πῶς να πῶ τὸν χύρην µας, πῶς τὴν πικρήνµας LAVVAV;
» Tv ἀδερφόν µου ἔσφαξα, κ᾿ ἐπῆρα τὰ μουλάρια ἰ »
LES DEUX FRÈRES. 123
me pleurer ? »— « D'où est ta mére? je lui écrirai une lettre. » — « Ma mère est de PArta; mon père est de Crète; — et j'avais un frère aïné qui s’est fait voleur. » — Le capitaine frissonne; il le prend dans ses bras; — dans ses bras il l’enlève et le porte aux médecins : — « O vous, qui avez guéri des hommes poignardés, des hommes tailladés, — guérissez aussi ce jeune homme ; il est mon frère. » — «Nous avons guéri des hommes poignardés, des hommes tailladés; — mais des coups de poignard comme celui-là, personne ne les guérit.» — Et (le marchand) priait son frère de prendre les mulets : — «Va, prends nos mulets et conduisles à notre père.» — «Ah ! comment le dire à mon père ? comment le dire à ma pauvre mére?— j'at tué mon frère ; et (voici) ses mulets que j'ai pris!»
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