LE KLEPHTE PARRAIN
Lss Klephtes tirent, mais un coup après l’autre, un seul coup à la fois; — car ils ne sont pas en force, ces pauvres Klephtes; car ils sont en petit nombre, les malheureux!'— Peut-être dix-sept, peut -être dix-huit, peut-être vingt; — et George (leur capitaine) n’est pas là; il est allé au monastèére, — tenir un enfant au baptême, afin d’avoir aussi un compère; — afin de se faire un refuge, le pauvret! un ami chez qui se retirer. — Et voilà que ses braves lui crient de côté et d’autre : — « Laisse là ton enfant, George, et prends ton fusil : — la milice est tombée sur nous à pied et à cheval. » — « Tenez bon, crie George, le sabre à la main ; — prenez bravement votre poste; tenez bien vos abris; — et si Dieu et la Vierge nous aident à nous ouvrir un passage à travers l’ennemi, — guettez Mitzobono, prenez-le vivant.»
COLLE VAR RER νο
SKYLLODIMOS.
L, famille des Skyllodimos était une ancienne famille d'Armatoles de l'Acarnanie. Des quatre frères de ce nom qui vivaient dans ces derniers temps, il n'y en a eu que deux dont j'aie entendu dire quelque chose ; ce sont les deux qui figurent dans la chanson suivante. L'un qui y paraît comme chef de bande en état de guerre, fut aussi capitaine en second, ou capitaine suppléant des Armatoles de l'Acarnanie, et ne paraît pas avoir joué un rôle brillant dans l'une ni dans l’autre situation. L'autre, le plus jeune des quatre frères, nommé Spyros Skyllodimos, est, à proprement parler, le : héros de la chanson ; c'est à lui qu'arriva l'aventure qui en fait le fond.
En l’année 1806, il tomba, je ne sais comment, ni en quelle occasion, entre les mains d'Ali pacha, qui le fit jeter dans les prisons de Jannina , au fond d’un cachot très-bas, où le malheureux se traïnait, les fers aux pieds, dans l'eau et dans la fange. Ἡ y avait déja plusieurs mois qu'il était là, lorsqu'à l'aide d'une lime, d'une longue ceinture et de son extrême agilité, il
réussit à s'évader dans la nuit du Baïram. Mais, pour être hors de sa prison, il n’était pas encore sauvé: il ne pouvait sortir de nuit de la citadelle, les portes en étant fermées ; et le jour venu, on allait s’apercevoir de son évasion, et mettre à sa poursuite plus d'hommes qu'il n’en fallait pour le reprendre. Il n’y avait qu'un parti : les bords du lac de Jannina sont, en maints endroits , marécageux et couverts de forêts de roseaux. Spyros saute et s'avance dans l'épaisseur de ces roseaux , ayant de l'eau jusqu'au menton ; et tandis qu'on le cherche de tous côtés à Jannina, il est là tout près, invisible et tout-à-fait à l'abri des perquisitions , mais transpercé de froid , mourant de faim, et ne sachant ni quand ni comment il sortira de cette horrible position. On dit qu'il y resta trois jours et trois nuits avant de rencontrer un canot dans lequel il traversa le lac, et retourna , par des chemins détournés, en Acarnanie. Π rentra depuis en grace auprès d'Al, et devint Pro- | topallikare d'Odyssée , lorsque celui-ci fut nommé par le pacha au commandement de la Livadie.
La chanson à laquelle donna lieu cette évasion singulière est charmante : elle est surtout remarquable par l'espèce d'artifice dramatique avec lequel l'évènement qui en fait le sujet, au lieu d'y être, comme dans la plupart des autres, pris de court, isolément et d'une manière directe, y est rattaché et comme suspendu à de petits incidents qui en relèvent l'intérêt.
RE
LA
TOY ΣΚΥΛΛΔΟΔΗ ΜΟΥ
ὁ Σχυλλοδῆμος ἔτρωγε ’o τὰ ἔλατ) ἀποχάτω, Καὶ τὴν Ἑκρήνην σ τὸ πλευρὸν εἶχε νὰ τὸν xspdon” « Képva μ’, Εἱρήνη μ’ εὔμορφη, κέρνα μ’, ὅσον νὰ φέξη, » ὧσον νὰ ἔογ᾽ αὐγερινὸς, νὰ πάγ À πούλια γεῦμα' » KL ἀπαὶ σὲ στέλνω σπῆτί σου μὲ δέχα. παλληκάρια.» — α Δῆμο, δὲν εἶμαι δοῦλά σου, Χρασὶ νὰ σὲ κεράσω' » Éyé εἶμαι νύμφη προεστῶν, κ’ ἀρχόντων θυγατέρα. » — Κ᾿ αὐτοῦ πρὸς τὰ χαράγµατα, παρνοῦσαν δυὸ διαθάτες' Ἐϊχαν τὰ Ὑένεια μαχρυὰ, το πρόσωπόν τους μαῦρον. Κ’ οἱ δυὸ χοντά του στάθηκαν, καὶ τὸν ἐχαιρετοῦσαν ' α Kad ἡμέρα, Δῆμό μου.» ---- « Καλῶς τοὺς διαθάταις » Λιαθάτες, ποῦ ἠξεύρετε, πῶς εἶμ ὁ Σχυλλοδῆμος:.-u Φέρομεν χαιρετήµατα., ἀπὸ τὸν ἀδερφόν σου. »— € Διαθάτες, ποῦ τὸν εἴδεταν ἐσεῖς τὸν ἀδερφόν µου; ” —
XX VIIL
SKYLLODIMOS.
SxYLLODIMOS prenait son repas sous les sapins; — il avait Irène à son côté pour lui verser à boire : —« À boire, belle Irène, verse-moi à boire jusqu'à ce qu'il fasse jour;» — jusqu'à ce que l'étoile du matin se lève, et que les pléiades se retirent, — je te renverrai alors à ta demeure par dix de mes braves.» — « Dimos, je ne suis point ton esclave, pour te verser du vin : — je suis la bru d’un Proestos; je suis la fille d’un Géronte. » — Et voilà que, vers l’aube, passèrent deux voyageurs : — ils avaient la barbe longue et la figure noire. — Ils s'arrêtent tous les deux près de Dimos et le saluent: — « Bonjour, Dimos. » « Voyageurs, soyez les bien-venus; — mais d’où savez-vous, voyageurs, que je suis Skyllodimos?» — « Nous t'apportons des saluts de la part de ton frère.» — «Où l’avez-vous vu, voyageurs? où avez-vous vu mon frere? » — « Nous l'avons vu à Jannina, dans la prison : — il avait des chaînes aux mains,
152 TOY ΣΚΥΑΔΟΔΗΜΟΓΙ
» Elyse 'σ τὰ χέρια σίδερα, καὶ χλάπαις σ τὰ rod qu. .. Κ᾿ ὁ Σχυλλοδῆμος δάκρυσε, x’ ἐκίνησε νὰ φύγη. « « Ποῦ πάγεις, Δῆμο μ’ ἀδερφὲ; ποῦ πάχεις χαπετάνε; »ο ἀδερφός σου εν) ἐδῶ : ἕλα νὰ où φιλήση.»
Κ᾿ ἐχεῖνος τὸν ἐγνώρισε' 'σ τὰ χέρια του τὸν πῆρε" Γλυκὰ x οἱ duo φιλήθηκαν Ἰσ τὰ µάτια καὶ 'σ τὰ χείλη. Καὶ τότε τὸν ἐρώτησεν à Δῆμος χαὶ τὸν λέγει’
SKYLLODIMOS. 153
les fers aux pieds. » — Skyllodimos pleurait ; il se prit à fuir. — « Où cours-tu, Dimos, mon frère? où cours-tu , capitaine? — Ton frère est ici; viens, qu'il t'embrasse. » — Et Dimos (alors) le reconnut et le prit dans ses bras : — ils se baisèrent tendrement l’un l’autre, sur les yeux et sur les levres. — Puis Dimos questionne son frère et lui dit: —« Viens, mon cher frère, assieds-toi et raconte-nous — comment tu t'es sauvé des mains des Albanais.» —— « Dans la nuit j'ai dégagé mes mains et brisé mes fers : — j'ai rompu la grille (de mon cachot ), et j'ai sauté dans le marais. — (Là) j'ai trouvé un canot, et j'ai traversé le lac. — Avant hier soir j'ai quitté Jannina et pris les montagnes. »