‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 118 sur 187 · IRÈNE · texte numérisé non relu

IRÈNE

Pleurez amèrement, sensibles jeunes filles; pleurez amèrement, filles amoureuses, la mort cruelle d'une déesse de beauté.

C'est Irène, la belle des belles, Irène qui, pour échapper à un tyran, boit le poison, et le boit jusqu'à la mort.

« 0 mon amour chéri, c'est pour toi que je meurs ! Malheureuse que je suis î Je perds la vie pour toi ; et toi, le plus barbare des hommes, tu ne me regrettes pas !

' La traduction en dialecte vénitien de cette légende se chante encore dans l'Adriatique, Pianzete amabili, etc., etc., et donne à cette tradition une origine ancienne et obscure; on pense qu'il s'agi i d'une certaine Irène de Corlou, qui s'empoisonna pour échapper à son persécuteur.

COMIM.AI.NTES. 1U7

« 0 belles jeunes filles, habillez-vous de deuil dans votre profonde douleur, et parez-vous des branches vertes du laurier et du mvrte.

(( Mère, pourquoi pleures-tu ? Je te laisse et te recommande à Dieu. Quant à moi, pour fuir un tyran, je bois le poison, et je le bois jusqu'à la mort.

« 0 pauvre mère, veuve infortunée, la fille si belle qui te quitte et meurt va dans l'autre monde, et t'attend.

vu

(( Pleure-moi, cœur impitoyable î Comment ? tu ne me pleures pas ? Ne te souvient-il plus de tout ce que j'ai souffert?... Maintenant tu me perds pour l'éternité... »

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