LA PESTE DE RAPSAM
Tous les villages ont eu la peste, et tous se sont consolés. Pour Rapsani ^ et Tournavo, il n'y a pas de consolation . —
Cinq mille sont morts, et il en meurt encore. Pauvre Bapsani !
Trois mille à 'fournavo, et il en meurt encore. Pauvre Tournavo !
i.es mères pleurent leurs enfants ; et les enfants leurs mères. Une maîtresse de maison pleure aussi, la femme du Primat. Il lui est mort trois garçons et trois petites filles.
Ah! mes fraîches fontaines, vous pouvez bien tarir maintenant. Qui viendra puiser de l'eau? Qui viendra laver?
Toutes les fiancées et toutes les petites filles sont mortes.
Les revers des collines sont chargés de cadavres, et les arbustes de vêtements.
' Hapsani et Tournavo, villages silués au bas du mont Olympe
LA VALAQIR MOURANTE
Là-bas sur celle montagne dont les gros nuages couvrent la tête, et les brouillards le pied, c'est là que croit l'herbe de l'oubli.
Les brebis qui la maiigent oublient leurs agneaux.
Allez-y, vous aussi, ma pauvre mère, et oubliez-moi.
Quant à moi, j'en mangerais dix mijle fois, que je ne pourrais oublier.