XXIX
Le mal de l'absence dépasse tous les autres maux, et c'est un chagrin qui ne quitte jamais la pensée.
L'espoir et la patience ont fui loin de moi le jour, ô mon amie, où j'ai dû te quitter.
Quand l'amour s'allume, rien ne le cache; un seul mot, un seul regard, et le voilà trahi.
Tu es la merveille des belles, lu es une autre Vénus, et l'aimant de l'amour repose dans ton sein K
* Ces imitalions senlimentales et langoureuses des chansons turques et arabes datent presque toutes de Constanlinople, où elles sont nées à l'ombre des harems, sous l'induence des dominateurs. Je les ai reçues manuscrites de la malheureuse Domnitza Soutso, veuve du Soutso drogman de la Porte qui fut étranglé, au début, de ce siècle, sous le prétexte de sa partialité envers les Français. Ce cahier, que je possède encore, est écrit de la main de sa fille.
L'amour s'est ariêté dans tes yeux pour pouvoir de là blessernos âmes;
Puis, il a vidé contre mon cœur toutes les flèches de son carquois. Mais, hélas ! tu ne t'en soucies guère.
Aux solitudes, aux ravins, aux cimes des montagnes et aux forêts, ma triste voix a porté en vain ses soupirs.
Une fortune adverse,
Une vie tyrannisée,
Une jeunesse amère,
Qui donc les a plus que moi?
Tous les biens du monde.
Que m'importe de les avoir !
Ah ! que ce monde les garde pour lui.
Et que j'aie ce que je veux !
Ta personne étincelle de beauté.
Ta bouche distille le miel, 0 mon bel arbre, à la noble tige, Reçois-moi sous ton ombrage.
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Quelles douces chimères !
Quels songes charmants !
Ils m'emportent au loin Sur l'océan de l'espérance.