A HÉLÈNE M
Tu es la fleur de l'Ionie, La parure des vierges, La joie des âmes, Tu fais évanouir le chagrin ; Tu dépasses la belle Hélène, L'épouse deMénélas.
Par ta démarche seule Tu ravis les cœurs ; Tes cheveux brillent Comme les rayons du soleil ; Tes sourcils blessent Comme des glaives aigus.
Tu as la langue du rossignol.
Les joues d'un ange;
* Ces distiques, d'un slylc relevé, adressés à une Hélène de Smyi'ne, étaient parvenus à Constanlinople où je les ai entendu maintes fois chanter, avec accompap:nenient du téorbe, dans les salons des print esses grecques.
Ta taille esl un petit anneau, Ton regard une magie.
Dieu fit de loi une Pandore, Source inépuisable de grâces ; Celui qui te quitte emporte une plai( Ouerien ne saurnit irnérir.
DISTIQUES
Laissez le moulin bruire comme un tonnerre; laissez l'eau couler; laissez le jeune homme aimer. 11 n'y a là nulle différence.
Quand le cyprès a brûlé, sa racine embaume. Dès qu'un cœur est amoureux, tout le monde s'en aperçoit.
Le soleil est couché, et la terre brûle encore. Quand l'amour est au cœur, le cœur ne cesse pas de soupirer.
DISTIQUES YILGAIRES. 269
Ton amour est trompeur comme la neige du Chialmos qui tombe le soir, et qui est toute fondue le matin.
0 mon cœur, quelle résolution ! Comment as-tu laissé s'enraciner chez toi un tel arbre qui te donnera la mort?
Arbre qui ne porte que des feuilles nuisibles, des fruits empoisonnés, et qui, de sa racine à son sommet, se couvre de couleuvres.
Les colombes de Scio, les oiseaux de Smyrne, sont arrivés: et ils m'ont raconté ton nouvel amour.
0 ma belle jacinthe % ô mon petit lis ouvert, sais-tu, sans toi, ce qui me resterait à aimer au monde?
DEMANDE
Je me suis fait une amie. Mais cela ne vaut pas la peine de le dire; c'est comme si j'avais mâché les feuilles amèrrs du laurier-rose.
* Dans le langage oriental des fleurs la jacinthe signifie : Vous m'aimez, et votre amour me tue.
2ïi) DISTIQUES vrrù.uRr.s.
RÉPONSE
Avec une telle pensée, lu ii obtiendras pas merci; et tu \ resteras avec ton laurier-rose et ses feuilles anières. i
Le soleil et la lune se sont brouillés ensemble; je ne donnerais pas ma bien-aimée pour être fils de roi.
Ne me demande pas ce que je deviens dans un tel esclavage. Si j'étais raisonnable, je m'enfuirais aux monta-
Je veux descendre aux enfers pour y trouver Gharon, lui adresser une prière, et lui dire deux petits mots :
« 0 Charon, je t'en supplie, emporte aux enfers ce (( jeune homme que j'aime , peut-être qu'ici il m'é- ( pousera. »
Elle est comme ce laurier sauvage qui ressemble au grenadier. Elle est rouge comme sa fleur, amère comme ses feuilles.
* S'enfuir aux montnirne^. ("était se faire klephte. et échapper à la tyrannie.
DISTlQlll-S VULCAIRES.
Je vais me vêtir de deuil, et me faire derviche. Je veux me rendre au désert; car ton amour me dévore.
Que ne suis-je près des collines ! Que n'ai-je pour compagnie les montagnes! les petites hirondelles me donneraient du courage, et me consoleraient.
Comme les tout petits arbustes qui promettent et font des ohves, ainsi sont tes petits yeux tout pleins de tromperies.
Tu es à ta fencMre; je suis sur la terrasse de ma maison je tiens les bras en croix, et je t'implore.
WIII
Je te quitte, bonne nuit : fais ton lit large, et dors y Bn. Puisse Ion esclave
bien. Puisses-tu me voir dans tes songes ton serviteur et