‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 26 sur 187 · LA PRISE DE BÉRÂT · texte numérisé non relu

LA PRISE DE BÉRÂT

Un oiseau noir s'est posé sur la forteresse de Bérat. Il parle comme un homme, et dit sa triste complainte : — Debout, pacha, fuyons; rendons-nous à Âiilone^. Ali-Pacha nous arrive avec dix-huit mille soldats, et il amène Orner- Dey en qualité de trésorier, pour te livrer vivant aux mains du vizir. De nombreux capitaines chrétiens viennent avec Uii. Iskos de Dounitza'% lefds de George Griva*, Tsonkos de Xeroméron, George Varnakiolis ^ les enfants de Boukovallas, les Skyllodimos, Diakos, Panourgias^ et les deux Kontoghiannis ^

Dès que la guerre s'est allumée et que le feu a commencé, les balles tombent comme la pluie, et les boulets comme la grêle. Les klephtes tirent leur sabre, et sautent dans la forteresse. Alors une voix se fait entendre du milieu de la tour : « Mes enfants, pourquoi vous égorger? « Arrêtez, pallicares. Pourquoi tant de sang versé? Mé- « nagez votre courage ; arrêtez, nous allons vous porter

(( les clefs de la citadelle.

^ Bérat, capitale de la moyenne Albanie.

- Avlone, ville et port de l'ancienne Taulantie.

"' Iskos Andréa, capitaine du district de Cravari, sous le Pinde.

* Théodore Griva, qui prit une si grande part à la bataille de Tricorpha contre Ibrahim et l'arm.ée égyptienne.

^ George VarnaJdotis, capitaine de l'Acarnanie.

'' Panourgias, capitaine de la Livadie.

' Les deux Kontoghiannis, Milzo Kontoghiannis et son frère, ca|)itaines du mont Kissavo, l'ancien Parnasse.

LA SOUMISSIQN DE GARDIKÏ

Ne chantez plus, coucous. Oiseaux, demeurez inuets; et vous, malheureux arvanites, désolez-vous tous ensemble. Castro- s'est soumis et même Khoumelitza^. Gardiki ne s'est pas soumis, ne veut pas se soumettre, ne cherche que la guerre, et veut combattre.

Ali-Pacha l'apprend, s'en chagrine violemment; il se met à écrire un bouyourdi * de sa main droite : « A toi, « Isouf le Kéhaya, à toi, l'Arabe Isouf, sitôt reçue ma (' lettre, sitôt vu mon bouyourdi, il me faut Démir ^ vi- « vaut, ses enfants et lui; je veux Moustapha-Pacha "^ et « toute sa race. »

— Avec plaisir, mon maître, c'est moi qui vais vous les amener. —

' Gardild, pctilc ville de l'Albanie, à la limile de l'Épiro.

. .' ' ,. I villages voisins de Gardiki.

■' Khoumehlza, »

* liouyourdi, c'est ici un décret des pachas.

•' Wmir-Dost, ( , r , i p ji •

P ,, , , r^ , 1 clicis turcs de Gardiki. '' Mouslapha-Pach';, '

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