LA MORT DE KITSOS-BOTSARIS
Sur le pont de l'Arta se sont posés trois oiseaux. L'un observe vers lannina, l'autre vers Souli; le troisième, le meilleur, fait sa complainte, et dit : — Botsaris * s'est mis en route pour aller à lannina, etfaire signer son bouyourdià Yourgarel '', où il veut retirer l'argent qu'il a prêté. Il traverse l'Arta pour y loger. On le loge aussitôt chez Rizo le savetier. C'est là qu'on lui dresse la table pour manger le pain. On lui lire trois coups de fusil, tous les trois l'un après l'autre. Le premier le prend dans le côté, le second au inilieu du sein, le troisième, l'empoisonné, le prend à la tète : sa bouche se remplit de sang. Il murmure et dit: « Restez tranquilles, mes pallicares, et toi, mon filleul, a Ceci n'est pas pour vous. Coupez-moi la tête, pour em- « pêcher les Turcs de la porter au vizir ; sa vue ferait la « joie de mes ennemis, et de mes amis, le chagrin. —
' Botsaris, c'e^t Kitsos-Bolsnris, assassim' par Ali-Pacha en 1815, cl père de Marcos.
^ Bouijourdi signifie, ici, permis de voyage. '' Vourgarelli, village à six lieues de l'Arta.
ET DES GUERRES CONTRE ALT^rAClIA, 40