LA MOUT DE VELI-GUEKAS
Au mois de mai, du 15 au 20, Véli-Giiékas s'est mis en marche contre Katzantonis ^ En allant, il logea dans la maison d'un pappas. « Pappas, du pain; pappas, du vin; à « bpire pour mes soldats. » Et, comme il mange, boit et fait la conversation, il lui vient de terribles nouvelles de Katzantonis. Il se lève sur ses genoux. — « Secrétaire, » s'écrie-t-il, a réunis mes soldats et toute ma troupe. Je vais « devant à la petite fontaine froide. >; — Sur la route qu'il suit, vers la moitié du chemin, lesklephtes l'attendaient et lui disent en douceur: — Où vas-tu, Yéli Bouloukbachi, lieutenant du vizir? — «Contre toi, animal d'Antonis, « contre toi, Katzantonis. » Alors Katzantonis lui crie de son poste : — Ce n'est pas ici lannina; il n'y a point de rayas ici à faire rôtir comme des chevreaux ou comme de gras moutons. Ici est la guerre des braves, et le mousquet klephte. Ils grondent au loin , frappent amèrement et blessent à mort. » Alors tout en colère, il crie à Tsongas et à Dimos^ : « Abattez-moi ce* vieil arvanite et portez-moi sa tête. » Trois coups partent, trois coups l'un sur l'autre. Le premier l'effleure, le second le frappe à la tête, le troisième, le plus envenimé, l'atteint au cœur» Le sang remplit sa bouche ot le poison ses lèvres.
* Katzantonis, l'un des plus célèbres capitaines de klephtesj originaire de l'Agraplia.
* Tsongas et Dimos, protopallicares de Katzantonis;
DIPLAS
Les amis de Diplas ^ lui disent et le supplient : — « Lève- « toi, et pars, cher Diplas; emmène Katzantonis. Ali-Pacha « vous a découverts, et il envoie Moukhourdar ^ » — Et les postes crient tant qu'ils peuvent, u Moukhourdar ar- « rive avec quatre mille hommes. Il amène les arvanites « du pacha et de nombreux tchokadars ^. Ils ont le sabre « aux dents et le mousquet à U main. » — Diplas est vivant et ne quitte pas le combat. Il a des soldats choisis, tous ceux de Katzantonis; ils mangent la poudre comme du pain, les balles comme la viande, tuent les Turcs comme des boucs et les agas comme des chevreaux.