‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 41 sur 187 · PAR AD. CORAY · texte numérisé non relu

PAR AD. CORAY

0 mes compatriotes chéris !

.lusques à quand serons-nous esclaves des mauvais musulmans, les tyrans de la Grèce? Mes amis, l'heure de la vengeance est arrivée; c'est maintenant, ômes fils ! qu'il faut accourir; Grecs valeureux, vieux ou jeunes, réunissezvous dans un complet accord, et soyez enfants magnanimes. Embrassons-nous tous dans un commun enthousiasme. — A bas la tyrannie î vive la liberté!

Hélas ! à la honte des Grecs et par leur folie le Turc nous accable, et jamais on ne vit tant de violence, d'iniquité et d'oppression. Tout est dans la main de vils Ottomans , des sauvages mamelouks. Quand il meurt de faim, le Grec n'ose rien dire et se tait. Jusques à quand supporterons-nous la tyrannie des musulmans ? — A bas l'esclavage ! vive la hberlé !

Où sont maintenant les arts, où sont les sciences qui faisaient notre gloire? Hélas ! on les a chassés tous eu-

semble ; et à leur place nous avons aujourd'hui la tyrannie, l'ignorance, la pauvreté , les fatigues, les chagrins, les tortures, le fouet, le sang, le meurtre, l'exil loin delà patrie, et la perte de tout espoir. Pensez à tant de maux, Grecs courageux, imitez vos ancêtres ; et dites d'une voix unanime : — A bas la tyrannie! vive la liberté !

Cette grande race des Grecs, celte glorieuse nation, n'est plus au levant ni au couchant, on n'entend plus son nom de l'un à l'autre pôle, et voilà ce qu'a fait la barbare tyrannie des Turcs. Mais à la fin, après tant de malheurs, renaît le jour de la vengeance; les Grecs parlent maintenant, et répètent à grands cris : — Le salut brille dans les ténèbres ; il brille enfin ; vive la liberté î

De tous les points de la Grèce arrivent les uns avec les autres tous nos braves, pour exterminer les tyrans; ils accourent comme à une fête; ils en font inie joyeuse assemblée. Petits et grands se hâtent ; et il y a honte pour celui qui reste en arrière. Les pères et les mères animent leurs fils: Courage, mes enfants, disent-ils en les envoyant au combat. — A bas l'esclavage! vive la liberté!

Leurs sabrés tirés et tournés vers le ciel , ils les croisent et les frappent jusqu'à en faire jaillir l'étincelle, puis, s' embrassant tous ensemble, ils font le serment solennel de ne les plus quitter qu'après avoir vaincu l'ennemi. Oui, par notre foi, par notre patrie, par nos espérances en Dieu, l'antique gloire de la Grèce va renaître

avec les armes de ses enfants, et couronner encore des '^ héros. — A bas la tyrannie! vive la liberté ! i

Le temps n'a pas détruit les trophées de Marathon, l ni les hauts faits de Salamine, ce grand prodige des 1 Hellènes. Les Grecs les racontent encore et s'en souvien- \ lient; ils sont les fils de Minos, de Lycurgue, de Solon, de i Miltiade, de Léonidas, d'Aristide, du grand Thémistocle, ; et jamais on ne vit leurs égaux. Je passe tant d'autres ; hommes célèbres dignes de notre admiration. — Meure j la tyrannie ! vive la liberté ! '{

Voilà ceux que les Grecs imitent! ils ne craignent pas les Turcs; ils méprisent la vie et ne tiennent plus compte des tyrans, kux Grecs les fatigues et les maux ; ils sont seuls, et seuls ils peuvent affronter l'ennemi et le vaincre. Que feront-ils donc quand d'autres seront avec eux? Réunis en un seul corps, ils ne redoutent plus de succomber. — Meure latvrannieî vive la liberté !

Illustres généraux français ! avec vous il ne vient personne; mais nous, Grecs courageux, exercés aux fatigues, si nous avons pour amis de notre délivrance et de notre salut les Français, qu'avons-nous besoin des autres? Grecs et Français, unis et liés par l'amilié, nous ne sommes plus des Français et des Grecs, mais bien une nation gréco- gauloise qui s'écrie : — Périsse à jamais sur la terre l'infâme esclavnge ! vive la liberté !

ni<: LA GUtnni: de L'indépendance. s*.)

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