XV
CHANT DE CrERRE
Par lUZO RANG.VDK
Notre clairon retentit; amis, voici l'heure. Voyez comme nos étendards flottent. La lame étincelante reluit autour de nous, elle courage enflamme nos cœurs. « En avant ! en avant ! » crie le jeune guerrier, mais la discipline enchaîne son ardeur.
A vos rangs ! alignez d'un pied rapide vos pas réguliers; allez au combat d'une âme courageuse : votre patrie attend ce sacrifice, et, s'il faut que nous vivions encore dans les fers, hâtons-nous ensemble vers l'autre vie.
L'existence est courte, longue la gloire, et le lon> beau certain. Les larmes des esclaves sont amôres, mais il est beau, le laurier de la victoire. En avant, et sans crainte, en avant ! Que je vive avec honneur, ou que je meure glorieux !
La fortune tourne comme une roue rapide, elle fn-
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vorise et sa ligueur revient. Si je vis aujourd'hui dans le bonheur et les plaisirs, le vent change aussitôt. Pourquoi donc redouter la mort et les vicissitudes d'une inconstante destinée ?
Que notre épée moissonne des monceaux d'ennemis ! que le sang coule comme un torrent ! que l'airain vomisse l'éclair et la fumée pour enflammer les regards des guerriers ; les cris, les blessures, le tonnerre et le bruit : voilà la vie éclatante du patriote !
Ne craignez pas le tumulte du combat. L'audace est la cuirasse du bi'ave. Peut-être ce soir, couchés sur le soi et inanimés, serons-nous la proie des corbeaux; maig cette même main refroidie, l'ennemi la verra et fuira au loin.
Écoutez, écoutez, le clairon retentit encore; embrassez votre bien-aimée qui pleure. Que votre âme brise ces liens dorés ! nos vaillants étendards flottent; donnez le doux baiser de l'adieu! la patrie vous demande cette cruelle séparation.
Les troupes avancent, la bataille tonne, le boulet siffle au miheu du feu ; la victoire, je la vois, vole devant nous, et la renommée fend les airs. En avant! et, si nous mourons tous ensemble, celui qui tombe glorieux vit encore après la mort.