LES ADIEUX DE L'HELLÈNE
Nota. Le chant historique qu'on va lire est le seul auquel il m'ait été impossible d'assigner une date précise. Il appartient sans doute à l'ère des luttes qui ont signale la régénération hellénique ; et pourtant c'est bien longtemps après la paix établie qu'il m'a été révélé : de sorte que je serais tenté d'y voir l'œuvre d'une imagination rétrospective plutôt que l'inspiration soudaine du combat.
Venez, ina bonne mère, ma bonne mère, venez ; portez-moi la courte foustanelle du combat. Donnez-moi un dernier baiser sur les lèvres. Détachez du mur mon sabre et ma noire carabine. Donnez, que* je m'habille ; et priez, mère, que je meure ou que je revienne vainqueur.
Mèi^e , vous vous désespérez , en m'écoutant ; vous vous désolez de ce que je vous quitte. Un enfant vous était resté et voilà qu'il vous abandonne. Mais regardez en haut et en bas, mère, ici et là, autour de vous. Nous sommes trois cents : trois cents vêtus pour le combat. Donnez, donnez que je m'habille, et priez, mère, que je meure ou que je revienne vainqueur.
DE I>A GUERRE DE L'INDÉPENDANCE. il:
Ce sont tous de nouveaux Botzaris, Nikitas et Képhalas. Nous allons nous lancer ensemble dans le feu de la guerre. Ils ont des mères, eux aussi, et ils les ont quittées. Elles les ont armés et leur ont donné la poudre. Et vous aussi, mère, donnez; détachez mon sabre et réjouissez-vous au lieu de pleurer.