L'ENFANT MOURANT
TRADIIT d'anDERSEN.
Ma mère, je suis las, et le jour va finir. Sur loii sein bien-aimé l<i««e moi m'endormir. M.ils cache-moi tes pleurs, caclie-nioi tes alarmes. Tristes sont tes soupirs, brûlantes sont tes larmes. J'aifioid. Autour de nous regarde : tout est noir; Riais lorsque je m'endors , c'est un bonheur de voir L'ange au froisl rayonnant qui devant moi se love , Et les rayons dorés qui passent dans mon rêve.
N'entends-tu pas des chants , des chants harmonieux, Tels qu'un jour nous devons en écouter aux cieux.^ L'ange est à nos côtés; il m'entend, il m'attire, Je l'entends qui me parle et je le vois sourire. Je vois de tous côtés d'admirables couleurs : C'est l'ange aux ailes d'or qui me jette des Heurs. Dan> ce monde , ma mère , aurai je aussi des ailes? Ou bien faut- il mourir pour les avoir si belles ?
Pourquoi me presses-tu tristement dans tes bras ? Pourquoi ces longs soupirs que je ne comprends pas.' Pourquoi ces pleurs ardents sur ta joue entlammée? Oh! tu seras toujours ma mère bien-aimée. Mais je t'en prie encor, ne pleure pas ainsi. Si je te vois souffrir, hélas ! je soulTre aussi. J'ai mal , et la douleur assoupit ma paupière. Adieu. L'ange m'embrasse. Adieu , ma pauvre luère.