ELEGIE
TRADUIT DE GlSTAVE-ADOLl'lIE ' .
Le mal que je ressens, je ne puis le décrire ; Je rêve et je languis, j'.ittends et je soupire. Je n'iii plus de gaîte , plus de paix dans le cœur; Pour me faire revivre il faudrait un sourire, Et toi , tu ne veux pas sourire à ma douleur.
Après avoir aimé si long-temps en silence, Je croyais t'émouvoir par mon humble constance; Je voulais t'adorer, te chanter, te bénir. Veux tu donc à jamais briser mon espérance, M'exiler de ton cœur et de ton souvenir?
D'autres femmes au monde ainsi que toi sont belles , Il n'en existe pas une seule d'entre elles Qui par tant de rigueur réponde à tant d'amour. Mais qu'importe? Mes vœux et mes pensers fidèles, Et mes regards ardents, te suivent nuit et jour.
J'aime et je veux aimer. Je veux attendre encore Le regard dont j'ai soif, le bonheur que j'implore; En te priant toujours , j'espère t'attcndrir.
' L'illustre prince adiessait ces vers à la jeune conUessc Ebba Brahc, qui épousa le comte de La Gardie.
IMITVTIOXS E\ VEUS. 319
C'est de toi que me vient le mal qui me dévore , C'est toi seule qui peux m'aider et me guérir.
Et si tu n'entends pas la voix qui te réclame , Si rien ne te fléchit, jamais nulle autre femme iVe pourra plus troubler mes sens et ma raison. Je serai seul, hclas! et seul, du fond de l'àme, J'accuserai mon sort s ins outrager ton nom.