LE CHANT DE GLDRLNE
C'est la fradilion allemande des Niebeliingen, transpnrlée sur les froides plages du nord; c'est la douleur inconsolable de l'épouse de Sigurd, assombrie encore par les nuages Scandinaves. La Saga septentrionale rapporte que Gudrmie était fille du roi Giuk et de Gr mliild, sœur de Gunnar , Hogene et Giittorm. Une nuit, elle rè^a qu'elle tenait entre ses mains un snpeibe faucon dont les plumes brillaient comme l'or, et qu'elle aimait par-dessus tout. Une autre nuit, elle rêva qu'elle possédait un cerf aux poils d'or; mais Brynliikle , fille du roi Budlo, l'égorgea et lui donna en place du cet animal un loup vorace. Gudrune s'en va deman !er l'explication de ces rêves à une devineresse qui lui présage les plus grands malheurs. Pendant ce temps Sigurd , le héros des traditions allemandes et des traditions Scandinaves , tue le dragon Fafnir , s'enqiare de ses trésors , surprend lîrjnhilde dans son sommeil , et lui jure un éternel amour. Il vient chez le père de Gudrune; Grimhild, qui voulait l'avoir pour gendre , lui donne un philtre magique qui lui fait oublier sa bicn-aimée, et il se marie h Gudrune : les deux époux vécurent heureux pendant quelque temps; mais un jour Brynhildc et Gudrune se rencontrent, parlent de Sigurd, s'irritent l'une et l'autre, se disent des injures , et dès ce moment les rêves funestes de Gudrune vont se réaliser. Dryidiilde fait assassiner Sigurd. Sa veuve désolée se retire en Danemark, jurant une haine implacable à ceux qui l'ont privée de son époux. Après quelques années passées dans la .solitude et les larmes , elle consent à épouser le roi .Atle, frère de Brynhilde. Ce roi surprend un jour traiireuscment les deux frèiesde sa fenune et les égorge, Gudrune, pour se venger, massacre les deux enfants
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qu'elle a eus île son mariage avec Atle, lui verse à boire dans leur ciâne, lui donne leur C(pur à manger, puis enfin le lue liii-mi^nie, à laide de son neveu. Sa vengeance assouvie, Gudiunc satisfaite se précipile dans la mer; mais les vagues l'emportent sur une plage lù règne Jonakur. Ce prince l'épouse, elle devient mère de trois fils noirs comme des corbeaux , et d'une fille qui se maria avec Jainierik , roi de Scanie.
Celte lamentable historié de Sigmd a été ainsi répétée des bords du P.liin jusqu'aux rives de la mer 15.iltiquc. Les poètes allemands en ont fait une épopée, les Scfddes l'ont cbantée dans leurs stropln'S lyriques, les conteurs de sagas l'ont redite dans leur prose naïve. Pondant plusieurs siècles elle a ému des laces nombreuses; aujourd'bui, les cliants dont elle est le sujet, les faits liistoriques auxquels elle se rattacbe, occupent les philologues et les commentateurs : en J-slande , les paysans la lisent encore à leurs veillées , et l'année dernière nous en avons entendu chanter de longs épi^odes par les pécheurs des Fenf.
Assise auprès du cadavre du Sigurd, pleine do douleur, Gudrune se prépare à mourir. Son œil n'est pas humide. Elle ne se tord pas les mains, elle ne se plaint l)as comme les autres femmes.
Lesjarles atteiulris s'avancent pour adoucir son chagrin. Le cœur prêt à se briser dans la tristesse , Gudrune ne peut pleurer. Les jarles superbes, les femmes couvertes de parures d'or sont près de Cndrune. (iiiacune d'elles raconte la plus amère douleur qu'elle a éprouvée.
(iiaf-Lauge, rœur de Giiike, dit : « .le suis la i)1ms malheureuse fcnune du monde ; j'ai perdu ciiK] maris, deux fdles, trois sœurs, huit frères, et cependant je vis encore. »
(iudrune ne peut pleurer, tant elle regrette son é|)()U\ , tant elle souiïre près du cadavre du roi.
Ilcrbi-rg, reine de la terre des braves, dit : « Alon destin e-<l plus triste encore. Mes sept lils et mon époux
sont morls en combaltaiit clans les conlrécs du sud. Le vent a , sur les flots , trompé ma mère , mon père, mes quatre frères. Les vagues ont brisé lour navire. .'Moimème j'ai dû leur rendre les derniers honneurs, les conduire au tombeau, préparer leur sépulture. L'année où j'éprouvais toutes ces souffrances, où je n'avais personne pour me consoler, je fus faite prisonnière dans une bataille, le dernier jour de celle uièine année. Il me fallait ciiacpie malin préparer la toilette, lacer les souliers de la femme d'un Herse. Llle me menaçait, elle me battait. Jamais je ne trouvai un homme meilleur , et jamais une plus méchante femme. »
Gudruue ne peut pleurer, tant elle regrette son époux , tant elle soulfre près du cadavre du roi.
Guldraude , fille de Giuke, dit: «Si sage c^ue tu sois , ma mère nourricière , tu ne sais pas consoler une jeune fenmie. »
Elle veut cjue le cadavre du roi soit découvert , elle enlève elle-même l'étoffe qui le voile, et tourne son visage vers Gudrune : — « Vois ton bien-aimé; que tes lèvres touchent ces lèvres , comme si tu l'embrassais vivant encore.
Gudrune jette un regard et voit les cheveux du roi entachés de sang , les yeux du héros fermés , la poitrine du prince traversée par l'épée. Elle se rejette sur son lit. Les liens de sa chevelure se dénouent , la rougeur couvre son visage , et une pluie de larmes tombe sur ses genoux. Alors Gudrune, fille de Giuke , pleure. Les larmes s'ouvrent un passage , et les doux oiseaux qu'elle possède répondent à sa douleur.
Jamais, dit Guldraude, fille de Giuke, je n'ai connu sur la terre un amour plus grand que le tien. — Nulle part , ma sœur, tu ne connus la joie sans ion Sigurd.
oO CIIWTS POPILAÎRES Dl NOIll).
Gudrune, lillc de Ginke, rOpond : « Auprès des fUs de Giuke, mon Sigind s'élevait comme un beau lis qui s'élance du sol, connue iiiie pierre précieuse qui briUe sur le bandeau d'un roi. >aj^uère je me voyais audessus de toutes les fcnnnes de race royale. Depuis la mort du roi , je suis comme la feuille dt's bois tournienléc par Toragc. Assise ou couchée, toujours je regrello l'ami de mon cœur. Ce sont les fils de Giuke qui l'ont voulu, les fils de Giuke qui ont voulu le malheur et les larmes amèrcs de leur sœur. Ainsi vous désolez le pays et le peuple, connne vous oubliez vos serments. Il ne te rendra pas heureux, Gunnar. l'or (|uc lu as enlevé. Tes amis mêmes devraient te donner la mort pour les faux serments que tu as faits à Sigurd. Grande était la joie de notre demeure quand Sigurd sellait son cheval Gram, et qu'il allait par malheur trouver Brunhildc, cette fatale sorcière.
Alors Rrunhildc , fille de Budlc , s'écria : — n Qu'elle soit privée de son mari et de ses enfants, la magicienne qui l'a fait pleurer, Gudrune, et (|ui t'a rendu la parole. »
Guldraudc, fille de Giuke , lui répondit : « Tais-toi, odieuse créature, lu as toujours fait le malheur des héros. Une calamité fatale te suit partout. Tu as été l'amère douleur de sept rois, et nul être ne brise comme loi l'amour dos fennnes. »
lîrunliiide, fille de Budle, dit : C'est mon frère Aile, fils de Budle, ([ui a causé tout le mal. Nous avions vu les ornements et la salle des Huns. Depuis ce temps , je souiïrc et je soulTrirai éternellement de cet aspect. »
Elle s'appuie contre le pilier , elle l'embrasse. Les yeux de Brunhilde , fille de Budle , élincellent comme la flannne , et son cœur s'emplit de fiel quand elle reiiarde les blessures de Sigurd.
LE CIIAM DE REGNAU LODBUOK.
Vers la fui du hiiitiônic siècle, Régnai Lodbiok, roi de Dauemark, fut fait i)ii.-oniiier par Ella, qui était roi d'une partie de l'Angleterre. Son ennemi le (it jrter dans un cachot plein de serpents venimeux. On dit (pi'au milieu de ses tortures Rcgiiar composa le cliant où il laconle .ses ex|iloits, où il exhorte ses lils à le venger. L'original de (e chant étrange nous a été conservé en isl.mdais. 11 a été traduit dans [ire.sqne tontes les langues de l'Europe, et a donné lieu à de nombreux connnentaires. Les traditions de lîegnar, le lécil de ses expéditions aventureuses, de son mariage avec Aslaug, sont l'une des histoires merveilleuses les plus lépandues dans le nord. On la retrouve dans les annales de la Suède et dans diver.-es légendes en prose.
Nous a\ons frappé avec it- glaive. Il n'y a pas longtcinp.s que nous exterminâmes le reptile ^ eu Golhlande. Alors Thora nous fut livrée. Dans cette bataille , je traversai de mon «glaive l'anguille de la bruyère , ce qui me fit donner le nom de Lodbrok ^ Je plongeai mou fer étincelanl dans le corps du monstre qui reposait sur le sol , le corps replié en forme d'aimcau.
Nous avons frappé avec le glaive. J'étais encore, bien jeune lorsqu'avec mes guerriers je m'en allai à l'est du Sund , où nous donnions de la pâture au\ animaux vo-
' Ce m::t dé.^igne pioljaldenient un guerrx'r nuniuié Oini , (pii signilie serpent.
- Cnlollcs velues.
52 CIIAMS l'Ol'lLAIIlES DU NOKD.
races. Quand l'acier de Tépéc retentit sur les casques élevés, nous livrâmes une abondante nourriture aux oiseaux de proie. La mer s'enfla , le corbeau marcha dans le sang des morts.
Nous avons frappé avec le glaive. J'avais vingt ans quand ma lame se balança en l'air, quand nous nous élançâmes au loin dans les combats. Nous tuâmes huit comtes à l'est de l'enibouchure de la Dyna. Le loup eut de quoi manger après ce carnage. Le sang tombait dans la mer enflée , les combattants mouraient.
iNous avons frappé avec le glaive. La femme de Hedin était avec nous quand nous envoyâmes les hommes de l'Helsingie dans les salles d'Odin. Nous nous arrêtâmes au-dessus du fleuve d'Iva; les flèches mordaient, le sang des chaudes blessures rougit le fleuve entier. Le fer gémit sur les armures , la hache brisa les boucliers.
Nous avons frappé avec le glaive. Personne ne nous manqua avant que Hcrroed succombât sur les chevaux de Ilefler '. Jamais plus vaillant homme n'ira avec les longs navires silloimer la plaine liquide. Ce iiéros portait un cœur intrépide dans les combats.
Nous avons frappé avec le glaive. Les guerriers jetèrent les boucliers, quand les flèches lancées par nos arcs frappaient la poitrine des combattants. Sur les brisants de Skarfé , le fer faisait de rudes morsures. Les boucliers rougirent avant que le roi Rafn tombât. La sueur du front des héros tombait sur les armures.
Nous avons frappé avec le glaive. Dans la lutte à
' Hellcr e>t un roi dos mers. Tonihor sur les chevaux de ITcflcr, c'est toiiihor sur un vaisseau. C'est une de ees images iiardies (\w l'on trouve souvent dans la |toésie islandai-e, et (jue nous ne pouvons rendre <iuà l'aide d'un commentaire.
Ullarager , les coups cl'épée résonnaient raerveillcusenient avant la chute du roi Eystein. Couverts d'or , les ennemis devinrent la proie des vautours. La lueur mortelle de l'épée pénétra à travers les casques rougis par le sang. Le sang tombait des plaies de la nuque, et inondait les épaules.
Nous avons frappé avec le glaive. Devant les îles d'Eindéris, les corbeaux se jetèrent sur une riche pâture. Les chevaux de Fala eurent de quoi manger •. Il était difïïcile de se garder du danger. Au lever du soleil , je vis les flèches - s'élancer et tomber sur le fer des casques.
Nous avons frappé avec le glaive. Devant l'île de Bornholm, nous arrosâmes les boucliers dans le sang des blessures. Les nuages de la grêle déchirèrent les anneaux des armures. L'arc lança le fer. Vulner tomba dans la mêlée. Jamais roi ne fut plus grand. Le rivage était couvert de cadavres. L'acier donna de quoi manger aux loups.
Nous avons frappé avec le glaive. Dans le royaume des Flamands , le résultat de la bataille ne fut décidé qu'après la mort du roi Freyr. L'aiguillon bleu de la blessure couverte d'un sang épais perça l'armure dorée de Hœgne ^ La vierge pleura sur le combat du matin. Le loup fut amplement rassasié.
iNous avons frappé avec le glaive. Non loin du cap d'Engle, je vis d'innombrables guerriers tomber sur les rocs d'Eynefer. Nous combattîmes pendant six jours avant que les ennemis fussent vaincus. Au lever du so-
' Fala était une sorcière qui traversait les airs montée sur uii loup.
* Littéralement ; les filles niai^itincs de la corde de l'arc. ^ Guerrier c< lebre.
j4 CIIA.MS l'Ol'LLAlULS 1)L NOKD.
k'il, l'homme célébra la fête des flèches. Valihiof tomba sous le coup de nos armes.
Nous avons frappé avec le glaive. La rosée de sang découlait de nos épées. Les vautours reçurent des cadavres pâles. L'arc résonna quand la flèche perça les armures forgées pour le combat par le marteau de Svelner. La "flèche envenimée, arrosée de sang , courait à la blessure.
Nous avons frapj)é avec le glaive. Les tentes de Hlakka ^ flottaient au combat que nous livrâmes dans la baie de Hedning. On voyait se fendre les casques des guerriers lorsqu'au milieu du fracas des épées nous brisions les boucliers. C'était autre chose que d'embrasser sur des coussins moelleux une belle liaucée.
Nous avons fraftpé avec le glaive. Dans le Northumbcrlaud , la pluie des flèches tomba sur les boucliers; les morts jonchèrent la terre. O jour- là , il n'élait pas besoin d'exhorter les hommi-s au combat. Les lances étincelantes déchiraient les casques. Je vis briser les armures, Los combattants pL-rdirent la \w.
Nous avons frappé avec le glaive. Dans les des des Hébrides, Ilerthiof remporta la victoire sur nos hommes, llœgnvald tomba sous une pluie de traits. Dans le fracas des épées, les héros éprouvèrent la plus grande douleur. Le guerrier ' lança vigoureusement le rude javelot.
Nous avons frappé avec le glaive. Les hommes tombaient les uns sur les autres. L'espoir du combat réjouissait le vautour. Le fer rencontrait le bouclier. Le
'» lIlaKKaolait iinr dpsvalkyiie.s qui ahsiMaicnt aii\ balaiilos, et (iiii cinporlaioiit dans la (kMaiiie d'Odin les ;;iiciriors qui suc- <ond)ai('iit hravomciil.
- Liltnalcment . rt'l>raiileur des (a^qucs,
roi Marsian d'Irlaiulo ne laissa pas les loiij^s ni les aigles soulfrir la faim. Les corbeaux furent bien nourris dans le golfe de Védra.
>ous avons frappe avec le glaive. Ln matin , j'ai vu tciiber bien des hommes dans le combat sous la morsure des llèches. L"épine du fourreau pénétra bien vite . dans le cœur de mon (ils. Égil enleva la vie à l'intrépide Agnar. L'épée perça la cotte de mailles de Hamdcr. Les bannières étaient resplendissantes.
Nous avons frappé avec le glaive. J'ai vu les braves fils d'Endil faire avec leurs épées une proie aux loups. Dans le golfe de Skcde , c'était autre chose riue de voir des femmes offrir du vin. Plus d'un navire fut privé de guerriers. Le manteau de Skœgul ' fut déchiré en pièces dans le condjat des rois.
>ous avons frappé avec le glaive. Près de Lindesœre, nous jouâmes un malin le jeu de l'épée avec trois rois. Bien peu de combattants échappèrent à la mort. Les loups en mangèrent beaucoup. Les aigles et les vautours se nourrirent de chair. Le sang des Irlandais coula dans la mer brillante.
Nous a\ons frappé avec le glaive. .Te vis s'enfuir un matin le guerrier aux beaux cheveux, l'amant de la jeune fille. Avant que le roi OErn succombât , ce n'était pas dans le détroit d'Ala , comme cpiand la fille du pressoir nous apporte le breuvage chaud , comme quand on embrasse celle qui est jeune.
-Nous avons frapjié avec le glaive. L'épée serrait le bouclier. Les lances brillantes résonnaient sur le vêtement de IlildL' -. On montrera bng-lcmps dans l'île
' Vulkyiie. l\ir le iii;uito;iii de la valKyiie, il faut cntetidre raimure.
• Pixinitc utitniéio,
56 CHANTS POPULAIRES Dl NORD.
d'Angul comment, nous héros , nous marchions avec ardeur au jeu de l'épée. Devant la grève , de bonne heure le dragon des blessures fut teint de sang.
>'ous avons frappé avec le glaive. Le guerrier qui s'avance le premier dans la tempête des flèches est-il celui cjue la mort menace le plus? Elle saisit souvent plutôt celui qui ne cond)at pas. Il est difficile de conduire le lâche au jeu de Hi!de.(Le lâche ne fait nul usage de son ccéurT)
Nous avons combatlu avec le glaive. C'est là ce que j'appelle une cliosc juste, quand les guerriers marchent contre les guerriers; quand nul d'enlre eux ne fuit devant l'antre. Telle est, depuis long-temps, la loi des combals. Celui qui \eut être ainié de la jeune lille doit se battre avec joie.
Xous avons frappé avec l'épée. Il me semble que nous devons obéir au sort. On n'échappe pas à la loi des Nornes '. Quand je conduisis mes navires sur la mer pour rassasier les faucons sanguinaires, je ne croyais pas qu'Klla disposerait de ma ^ie. Dans le golfe d'Kcosse, nous avions donné une riche proie aux loups.
Nous avons frappé avec le glaive. .Te me réjouis en songeant aux larges sièges préparés pour les héros dans les salles du père Baldcr '. Bientôt nous boirons la bière dans les cornes tortueuses '. Dans les salles splendides
' Les Nornes sont les Parques de la mytliologie scanilinave. Assises an pied du fiùne V!.'gdra<il , l'aibic du monde, elles président à la destinée des hommes. L'une s'appelle Urde (passé), la seconde Vciande (présent), la Iroisième Skalde (avenir).
2 Fils d'Odin, dieu de la douccnr et de la limité.
^ Litléialcn^ent : les ail)ie~ foitni'ii\ du l.i télé.
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de Fiœlner, le héros ne regrette pas la vie. Je ne m'asseoirai pas avec douleur à la lable de Vidrcx '.
Nous avons frappé avec le glaive. Si les fils d'AsIaug connaissaient mes tourments , s'ils savaient comment les vipères venimeuses m'enlacent, ils saisiraient leurs armes acérées et courraient au combat. J'ai choisi pour épouse une femme qui a enfanté des héros.
Nous avons frappé avec le glaive. La noire mort s'avance. Le serpent vigoureux me serre avec force. La vipère est déjà dans mon cœur. J'espère que la lance d'Odin atteindra Ella. Mes fils bondiront de colère en apprenant la mort de leur pi-re. Les guerriers hardis ne veulent pas de repos.
Nous avons frappé avec le glaive. Cinquante et une fois j'ai livré de grands combats. Dès ma jeunesse, j'ai rougi de sang les flèches. Je ne croyais pas qu'il y eût eu plus valeureux homme que moi. Les Ases peuvent m'appeler. Je ne regrette pas la vie.
A présent, je désire mourir. Les messagères envoyées par Odin viennent m'invitcr à entrer dans ses salles. Joyeux, j'irai boire la bière avec les Ascs, assis sur des sièges élevés. Les heures de la vie sont écoulées. Je meurs avec joie.
• Un (les divers noms d'Odin, ainsi que celui de Fitflner qui précède.