LE CHANT DE SAINTE CATHERINE
Torkild a deux filles ; le matin , elles dorment en paix.
Elles dorment jusqu'à ce que le soleil luise sur leur lit.
ïorkild entre dans leur chambre et les éveille dans leur repos.
— Lève-toi, Callîerine, ma chère fille.
A ces mots, Catherine se lève et s'habille à la hâte.
Elle prend une robe de soie qui est l'ouvrage de neuf jeunes filles.
Elle prend un manteau bleu brodé en or sur toutes les coulures.
Elle a des bas écarlates , des souliers de soie , des mains blanches comme la neige.
Elle peigne ses cheveux avec un peigne d'or et les lie avec un cordon de soie.
Elle lie ses cheveux avec un cordon fin, et y met une couronne d'or.
Catherine va dans l'écurie et regarde l'un après l'autre ses chevaux.
Elle en regarde un , elle en regarde doux , elle selle le meilleur.
Les valets ne sont pas nécessaires, elle bride et selle elle-même son cheval.
Catherine se met en route ; le tonnerre gronde quand elle part.
Elle avance et rencontre dans la plaine trois pèlerins.
80 r.iivNTS ion r. Murs m xonn.
Kilo passe lo pnnl ( t rencontre deux pèlerins. Elle va plus loin et rencontre un pèlerin.
— Écoute, Catherine, veux-tu être à moi ce soir?
— Je renoncerais à la vie plutôt que d'être à toi ce soir.
— It faut que lu meures ou que tu sois à moi ce soir. Le pèlerin tire son cpce, frappe Catherine et lui coupe
la tête.
A l'endroit où coule son sang on voit surgir un beau lis.
A l'endroit où roule sa tête, jaillit une source pure.
A l'endroit où tombe son corps , une église s'élève avec une croix.
Le pèlerin s'en va dans la demeure de Catherine, et Torkild est devant lui.
— Dis-moi, bon pèlerin, as-tu vu Catherine, ma fdle chérie ?
— Oui, je l'ai vue passer ; elle était hier dans l'église de Marie.
Torkild, donne-moi asile dans ta maison, je suis trèsmalade.
— Ma maison est toujours prête à recevoir les pèlerins.
Petite A sa, allume les flambeaux , conduis le pèlerin à son lit.
A sa s'en va vers le lit et cause avec le voyageur malade.
— Asa, ma belle, veux-tu rester près de moi ? je te donnerai une iheniise de soie.
— Monire-moi cotte chemise de soie , plus tard je resterai près de toi.
Et quand elle ont la chemiso de solo, elle y reconnut la marque do sa sneur.
FEIIOE. 81
— Asa, ma belle, veux-tu rester près de moi? je lo donnerai un manteau bleu.
— Montre-moi le manteau bleu, plus tard je resterai près de toi.
Et quand elle vit le manteau bleu , elle y reconnut la marque de sa sœur.
— Asa, ma belle, veux-tu rester près de moi? je le donnerai une couronne d'or.
— Montre-moi la couronne d'or, plus tard je resterai près de toi .
Et quand elle vit la couronne d'or, elle y reconnut la marque de sa sœur.
Asa ferme brusquement la porte et dit bonsoir au pèlerin.
Elle s'en va vers son père. — Le pèlerin a tué ta fille.
— Oui ose ra'apporter une telle nouvelle ? Qui a pu commettre un tel crime ?
— C'est moi qui ose t'apporter cette nouvelle , et c'est le pèlerin qui a commis le crime.
Torkild appelle deux de ses gens. — Allumez un bûcher dans la forêt.
Allumez un bûcher, nous ferons brûler le pèlerin.
Le lendemain, de bonne heure, le pèlerin brûlait dans la forêt verte.
MAGDELFJNE.
Jésus s'avance au bord d'un fleuve, Magdeleine était là et lavait un vase,
— Écoute, Magdelcine, je t'en prie, laisse -inoi boire dans ce vase.
— Ce vase n'est pas propre, ^'eux-tu boire dans le creux de ma main ?
— Si lu étais aussi pure que ma mère , je boirais bien dans ta main.
Magdeleine jure qu'elle est aussi pure qu'une religieuse.
Elle jure par le livre des Psaumes qu'elle n'a eu de relations secrètes avec aucun liomme.
— Ne jure pas, ne jure pas, malheureuse pécheresse: tu as trois enfants dans le monde.
Le premier, tu l'as eu de ton père; le second, de ton frère.
Le troisième, du prdtre de ta paroisse, et c'est là ton plus grand crime.
.Alagdelcine se jette ;i genoux. — Jésus, veux-tu me donner une pénitence ?
— Je l'on donnerai une que tu pourras à peine faire. Tu marcheras pieds nus pendant neuf hivers.
Tu marcheras pieds ims par la neige et le froid. C'est ainsi (|iie tu expieras tes péchés.
.Magdelcine marche ainsi pieds nus par la neige et le froid pendant neuf hivers.
lEUOK. 83
A la lia du neuvième hiver, Jésus leviiil au lieu où il l'avait rencontrée.
— Dis-moi, iMagdcleine, dis moi. comment te trouvcs-lu de ta pénitence?
— Cette pénitence est douce ; c'est comme si je buvais chaque jour un vin pur.
— Pour te récompenser de ta patience , tu serviras ma mère Marie.
— Servir ta mère Marie est pUis doux qut de voir le plus beau soleil.