II INTRODUCTION
célèbre ses héros et ses dieux , qui proclame ses triomphes et pleure sur ses désastres. C'est l'épopée de ses temps d'héroïsme et la ballade traditiounelle de ses croyances superstitieuses. C'est le cantique de Moïse sur la montagne, et l'élégie de l'oxil auprès des saules du rivage.
" La poésie populaire, dit le bon Montaigne qui l'avait comprise avant que les critiques s'en occupassent , la poésie populaire et purement naturelle a des naïfvetés et des grâces par où elle se compare h la principale beauté de la poésie parfaite selon l'art , comme il se veoid ez villanelles de Gascoigne, et aux chansons qu'on nous rapporte des nations qui n'ont cognoissance d'aulcune science , ni même d'escripture *. »
« Les chansons populaires, dit Ilerder, ce sont les archives du peuple, le trésor de sa science , de sa religion , de sa théogonie , de sa cosmogonie , de la vie de ses pères , des fastes de son histoire. C'est l'expression de son cœur, l'image de son intérieur dans la joie et les larmes , auprès du lit de la fiancée , au bord du tombeau -. »
La poésie d'art n"a point fleuri |)artout et en tout temps avec un égal succè.s. La poésie populaire naît dans les siècles les plus primitifs et enfonce ses racines dans le sol le plus aride. Il faut à la poésie d'art une
* li:ssai.<ide Montaif-nc, liv. ii, cli. i, v. s Vollislieder. Iiilrodiiclion.