LA DELIVRANCE DU CAPTIF
La jeune fille dit à sa mère : Ai -je jamais eu un frère ?
— ïu as de nobles frères , mais ils sont au pouvoir du comte.
La jeune fille va à l'écurie et regarde tous les chevaux.
Elle regarde le brun, elle regarde le gris, elle met la selle sur le meilleur de tous.
x\rrivc'e à la demeure qu'elle cherche, elle aperçoit la maîlresse du comte.
— Écoute, maîtresse du comte, ton amant est-il chez lui?
— Il est allé hier au thing pour juger un meurtrier.
— Dis-moi donc, dis-moi où sont les prisonniers.
— Ils sont là devant la cour, dans une maison sans feu et sans lumière.
La porte est fermée par une lourde barre.; nulle femme ne peut entrer.
La jeune fille s'approche , et de ses petits doigts tire le verrou de fer.
— Écoule, mon cher frère, t'cs-tu laissé prendre par plus d'un seul homme ?
— Il n'y en avait pas quatre, il n'y en avait pas cinq, il V en avait hion 1 rente , at:il(.s et forl.^.
— Je suis petite comme un lis , mais trente hommes ne me prendraient pas.
Je ne suis qu'une femme , mais trente hommes ne pourraient m'enchaîner.
Elle délivre son frère des fers , et met à sa place la maîtresse du comte.
— Si ton amant, dit-elle, veut un autre prisonnier, dis-lui de venir à moi en pleine campagne.