‹ Chants populaires du NordChapitre 53 sur 110 · AXEL ET VALBORG · texte numérisé non relu

AXEL ET VALBORG

Les personnages de ce roman clievaleresq'ie et poétique sont norv(^5iens. La scène de séparation des deux amants s'est passée, disent les habitants de Drontheim , dans leur magniflque cathédrale, devant l'hùtel vénéré de Saint-Olaf; mais toute la Scandinavie s'est emparée de cette charmante tradition. En Danemark et en Suède, en I-lande etauxFeroe, partout on connaît l'histoire d'Axel et Valborg Elle a été çà et là écrite mainte fois on prose et en vers, et Oelilenschl»ger l'a fait revivre dans une de ses plus belles traîiéJies.

Elles jouent avec un jeu d'or sur la large table pour le plaisir et le contentement de tous. Elles jouent, les deux femmes, avec honneur; les des tombent d'une façon merveilleuse, car la fortune change souvent.

Les dés tombent, tournent et changent rapidement. Ainsi tourne la roue de la fortune, si vite qu'à jx-iiic en suit-on le cours.

La reine Malfredet la jeune femme jouent dignement avec un jeu d'or sur les planches; l'enfant joue avec des pommes et des jioires.

Sur le plancher Tenfant est beau à voir jouer avec des fruits et des fleurs. Alors entre Axel Thordsen ; il songe à aller à Rome.

L'esprit et la vertu l'accompaj^nent. H salue la reine et les belles jeimes filles; il aime la noble enfant dans son cœur ; il devait éj>rouvcr les caprices du sort.

DVXEMAUK. l.")7

Dans ses bras il prend la petite créature, lui frappe sur la joue : Plût à Dieu , dit -il , que tu fusses assez grande! tu serais bientôt ma femme.

Sa jeune sœur lui dit : Quand même cette petite fille porterait la robe brodée d'or, et quand elle deviendait cette nuit assez grande, tu ne pourrais l'épouser.

La mère de la jeune fille prend la parole et dit la vérité : Vous êtes tous deux d'une naissance égale, mais trop proches parents.

Il tire de son doigt un anneau d'or et le donne à l'enfant comme un jouet ; mais quand elle devint grande et quand son intelligence fut mûre, cet anneau fit pâlir ses joues.

« Viens, lui dit-il, viens, ma petite fiancée, aujourd'hui je le donne ma foi ; à présent , je vais voyager hors de la contrée et voir des hôtes étrangers.

Axel s'en va hors du pays. L'honneur et la vertu l'accompagnent. Sa jeune fiancée est mise dans un cloître pour apprendre à coudre.

Elle apprend à coudre la soie , elle apprend à lire ; elle s'acquiert par ses qualités une noble réputation. Grande e^t sa vertu , et grand aussi l'honneur de son nom.

De nobles mœurs comme les siennes doivent être louées de tout le monde. Elle a aussi beaucoup do raison, et mérite d'être comptée parmi les gens sages.

Il y avait onze ans qu'elle était dans le cloître, lorsque Dieu rappela sa mère à lui. La reine la fit venir /lans sa demeure ; elle la choisit entre toutes.

Axel sert à la cour de l'empereur et porte l'éperon doré. H porte le glaive à son côté, sa vie est toute ciicvaleresqup.

Une nuit qu'il était couché mollement ^ comme il

158 CHANTS l'OPULAIHES DU NORD.

convient à un seigneur, des rêves agités l'empêchent de goûter le repos.

Il est couché dans la chambre haute sur des coussins de soie, et la nuit il ne peut dormir ; il voit en rêve sa douce fiancée.

II. rêve que Valborg est couverte de vêtements de velours. Près d'elle est assis Ilagen, fils du roi, qui sollicite d'elle un aveu.

Le matin, de bonne heure, dès que l'alouette fait entendre sa voix, Axel se lève à la hâte et prend ses vêtements.

Il selle son coursier gris et court avec joie dans la forêt. Il voulait éloigner de lui la pensée de son rêve, et se plaisait à entendre léchant de l'oiseau.

Il continue sa route à travers la forêt, et au même instant rencontre un pèlerin.

— Salut, dit-il, pèlerin pieux! Quels sont tes projets? Tu viens de mon pays, je le vois à tes vêlements.

— La Norvège est ma patrie ; mes ancêtres sont de la race des Gildes. J'ai fait vœu d'aller à Rome, je voudrais voir le paj^c.

— Si tu es de la famille des Gildes , tu es mon parent. La noble Valborg m'a-t-elle oubhé? Dis-moi si tu la connais.

— Valborg est une belle jeune fdle ; je la connais bien. Il y a beaucoup de chevaliers qui sont amoureux d'elle.

Je la connais bien ; elle porte des vêtements de marte zibeline ; elle est la première de toutes les jeunes filles qui sont à la cour du roi.

Elle est comme un lis épanoui sur sa tige. Parmi toutes les jeunes filles du pays, on n'en connaît pas une plus belle.

Page 1