‹ Chants populaires du NordChapitre 55 sur 110 · L'EPREUVE · texte numérisé non relu

L'EPREUVE

La jeune fille s'en va sur le bord de la mer , et reuconlrc un jeune noble.

Il lui jette des bracelets d'or sur les genoux, et lui dit : — Veux-tu ui'ainicr?

— Et que dira ma mère adoptive quand elle me verra porter ces bracelets d'or ?

— Réponds-lui que tu as été au bord de la mer, et que tu les as trouvés sur la grève blanciie.

— Et que dira ma mère adoptive quand elle verra mes joues pfdes?

- — Réponds-lui que lu as été au bord de la mer Baltique , et que tu as appris la mort de ton père et de ta mère.

Si tu ne veux pas être ma fiancée , viens t'asseoir près de moi, et causons.

— Je suis née pendant (juc le coq chantait. Ma mère mourut au lever du soleil.

On ensevelit ma mère dans la terre noire , et Ton sonna pour mon père.

On ensevelit mon père dans la (erre noire , el l'on sonna pour mon frère.

176 CIIAAÏS POPILAIRES DU >ORD.

On ensevelit mon frère dans la terre noire , et l'on sonna pour ma sœur.

Les voilà tous morts , tous ceux qui devaient me nourrir et m habiller ;

Tous, excepté mon jeune frère, qui a remplacé pour moi mon père et ma mère.

Il m'a donné une mère adoptive, qui m'a appris à coudre , et à faire des broderies d'or.

Elle m'a appris à coudre et à broder, mais non pas à devenir un objet de blâme dans le pays.

Elle m'a appris à mettre le linge sur la table , mais non pas à croire aux belles paroles.

— Merci , pour ce que lu viens de dire : tu es ma sœur, et je suis ton frère.

Si tu avais accepté mes offres , mon épée t'aurait jetée par terre.

Je sers dans la maison du roi , tu auras le plus briU lant des chevaliers.

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