‹ Chants populaires du NordChapitre 72 sur 110 · LES DEUX ENFANTS DE ROIS · texte numérisé non relu

LES DEUX ENFANTS DE ROIS

Il y avait deux nobles enfants de roi qui s'aimaient d'amour, qui s'étaient promis de s'aimer dans la haute salle du château.

— Comment pourrai-je venir le soir dans ta chambre? 11 y a un courant si rapide entre toi et moi.

— Tu pourras bien venir le soir dans ma chambre. J'allumerai un flam])eau et je le placerai entre les rameaux de lis.

Une méchante créature entend ce projet , et dit : — Je saurai bien rompre ce lien d'amour à l'heure que je voudrai.

Le fils du roi s'en va sur le rivage. Il voit la lumière entre les branches de lis.

La méchante créature vient aussi sur le rivage et éteint le flambeau qui brillait entre les branches de lis.

Le fils du roi se met à nager. Il nage long-temps autour de l'ile ; il ne peut trouver la terre ; enfin il tombe dans les flots salés.

Honte à toi, fausse créature! Que Dieu te punisse, toi qui as éteiut la lumière qui brillait entre les branches de lis.

Un petit domestique arrive , et dil : — J'ai vu un noble fils de roi descendre dans les flots bleus.

Les jeunes filles pâlissent sous leur vêtement écarlate, mais surtout la jeune fille aimée. Des larmes tombent sur ses joues

slÈde. 231

— Écoute , ma chère mère , ce que je veux te demander. Permets moi d'aller me promener dans notre jardin,

— Tu peux aller te promener dans le jardin , mais éveille ta jeune sœur et prie-la d'aller avec loi.

— Ma jeune sœur est toute petite , et ne comprend encore rien. Elle court au milieu des roses comme au milieu des lis.

La jeune fille va vers sou père , et lui dit : — Je voudrais avoir la permission d'aller me promener dans notre jardin.

— Tu peux aller te promener dans le jardin , mais éveille ton jeune frère et prie-le d'aller avec toi.

— Mon frère est si petit e ne sait encore rien. Il foule aux pieds les roses, ou les emporte sur sa poitrine.

La jeune fdle s en va sur le bord de la mer et trouve le pécheur de son père qui péchait près du rivage.

— Écoute, pauvre pécheur mouillé et glacé. >i'as-tu pas vu un fils de roi dans les vagues bleues?

— >'ous avons péché toute la nuit , près du rivage , avec notre bateau , et nous avons trouvé le noble fds de roi dans les vagues bleues.

La jeune fille prend sa chaîne d'or de son cou , ses anneaux de ses doigts, et les donne au pécheur de son père, qui a trouvé le corps de son bien-aimé.

— Salue mon père et ma mère; dis-leur de ne pas se chagriner. Je me jette au fond de la mer, et je tiens dans mes bras celui que j'aime K

' Même tiail tiou dans les chants (lanoi> piililiés par >'>enip, dans les chants hollan.lais pulilés par M. Hyllniann de l'allersleben, et dans toute rAlleiiiagnc.

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