SAINT GEORGES
Loué soit le Dieu tout-puissatit, ainsi que son fils. Je veux chanter un chant sur le chevaher saint Georges.
— Écoute, Georges, tu acconiphras avec honneur la mission que je veux te donner ; tu t'en iras en Cappadoce, dans la grande ville, combattre le dragon.
La ville est longue et large , et habitée par un roi païen. Devant cette ville est un dragon qui fait beaucoup de mal.
Ce monstre a d'étranges habitudes : chaque jour il lui faut une nourriture humaine; en sorte qu'il finirait par dépeupler la ville.
Chaque fois qu'il ne reçoit passes provisons, il souffle par-dessus les murailles , et tous ceux que son souffle atteint meurent à l'mstant.
Tous ceux que son souffle atteint meurent à l'instant. 11 soufflera si long-temps, qu'il finira par dépeupler la ville.
Le roi a imaginé un moyen : c'est de livrer chaque jour au dragon une créature humaine. — De cette manière, dit-il, nous prolongerons le terme de notre vie.
Chacun doit tour à tour se sacrifior. Le tour de la fille unique du roi est venu. Les bourgeois montent au château pour la prendre.
Il oITio pour la rarlietor de l'or et de l'argent, Il don-
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nera volontiers tout ce qu'on voudra. Les bourgeois répondent : — Non, nos enfants aiment à vivre aussi.
Roi, tenez votre parole et ne nous faites pas d'injustice, ou nous entrons dans le chrueau, et nous le renverserons pierre par pierre.
— Va, ma chère lille, va près du dragon. Je t'avais choisie pour épouser un fils de roi, et non pas ce monstie affreux.
La jeune lille prend ses plus beaux vêtements ; elle prend aussi l'agneau avec lequel elle joue , et sort du château.
tlle sort du chàleau ; son sort est touchant. Son père et sa mère l'embrassent et pleurent amèrement.
Elle s'en va dans la rue et se tord les mains, et chaque enfant de la ville verse pour elle des larmes.
On la suit sur la place. Dieu veuille la secourir ! Elle monte sur une petite hauteur et attend le dragon.
Comme elle était sur cette hauteur , arrive saint Georges monté sur son cheval impétueux.
Il porte à la main une bannière blanche avec une croix rouge. Son armure brille comme le soleil. La jeune fille ne le connaît pas.
— Levez-vous, belle jeune fille ; pourquoi vous affliger ainsi ? Que vous est-il arrivé ? Dites-le-moi franchement.
— On me livre au dragon. Éloignez- vous d'ici, beau chevalier, si vous avez envie de vivre.
— Je l'ai promis à Dieu , et je vous le promets à vous-même : aujourd'hui, je vous secourrai ou je périrai moi-même.
— Éloignez-vous , beau chevalier , ne vous exposez pas au (langer; et, puisqu'il faut que je meure, j'aime mieux mourir seule,
— Je ne puis ni'éloigner ; et , je vous le déclare , je vous délivrerai aujourd'hui si vous voulez accepter la religion du Christ.
— .T'accei)terai volontiers la religion du Christ, et je le nommerai le seul Dieu, si vous pouvez me délivrer aujourd'hui.
— Je vous donne donc pour maître notre seigneur Jésus-(;hrist.
Au même instant , le dragon sort de la mer. Saint Georges s'élance au devant de lui.
Il lui plonge sa lance dans la gueule. Sa lance vole en morceaux. Il la retire plus vite que l'oiseau ne vole.
— Avancez maintenant, jeune fdie; mettez votre ceinture sur le cou du monstre : vos parents verront que vous êtes délivrée.
Ils conduisent le dragon vers la ville. Le roi appelle tout le monde sur les remparts, et le peuple qui était dans les rues se met h courir.
Saint Georges et la jeune fdle conduisent le dragon vers la ville. — Acceptez, ô roi ! la rehgion du Christ, ou la ville sera dépeuplée.
— J'accepte volontiers la religion du Christ, et tout mon royaume l'accepte avec moi. Je vous donne ma lille, puisse-t-elle être digne de vous!
GUSTAVE r ET LES DÀLECARLIENS.
Le jeune et héroïque Gustave Wasa, échappé du Danemark, où les ciuels soupçons de Chrélicu II le retenaient captif, se réfugie dans la province de Dalécarlic. Tandis que CInétien H, furieux de la rébellion des Suédois, entre dans leur pays les armes à la main et fait dresser ses échafauds sur la place de Stotkhuim, Gu>tave apuelle autour de lui les habitants df la Dalecarlie et les invite à venger leurs compatriotes égorgés par les soldats de Chrétien, à briser le joug du Danemark. On m ntre encore devant l'église de Mora une pierre sur laquelle le noble descendant des anciens sénateurs monta pour haranguer les paysans qui devaient se rallier sous son drapeau, délivrer la Suède et faire de leur jeune capitaine le chef d'une glorieuse dynastie.
Gustave s'en va dans la Dalécarlic et dit aux paysans;
— Le roi chrétien est devant le château de Stockholm buvant de la bière et du vin.
Écoutez, mes Dalécarheus, ce que je vous propose ;
— Voulez-vous me suivre à Stockholm et battre avec moi les Danois ?
Les Dalécarlieus répondent : — >ous nous sommes battus déjà , nous nous en souvenons bieu.
Mais Gustave leur dit : — Nous invoquerons Dieu le rère qui est dans le ciel, et tout ira mieux.
Les Dalécarliens changent aussitôt d'idée. Ils disent à Gustave : — Si tu veux être notre chef , jeunes et vieux nous te suivrons.
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La flèche atteint sur les arbres l'écureuil et la gelinotte. Il en sera de niCMue de Chrétien-le-Bourreau.
— Je serai volontiers votre chef, reprend le roi Gustave, si vous voulez vous rallier fidèlement sous ma bannière bleue.
D'une voix unanime les Dalécarliens s'écrient avec courage : — Nous exposons volontiers notre sang et notre vie pour combattre ce cruel tyran.
— Marchons donc, dit le roi, au nom du Dieu puissant I marchons à la hâte pour délivrer notre patrie du joug des Danois !
Les Dalécarliens s'avancent avec leurs arcs sur le pont de Tuna. Ils étaient en plus grand nombre que Gustave ne pouvait le croire.
Ils s'avancent rapidement dans la forêt de Tuna. Leur troupe était plus nombreuse que Gustave ne pouvait le voir.
Ils ne s'arrêtent pas, ils marchent avec ardeur pour arriver au lieu où campe l'armée danoise.
Quand ils sont au pont de Brunnebeck, ils aperçoivent les Danois, et à l'instant les flèches des Dalécarliens volent dans l'air comme les grains de grêle qui tombent des nuages.
Les Dalécarliens tirent tous en même temps. Leurs flèches sont plus nombreuses que les sables du rivage.
Les Danois se précipitent dans le fleuve , et l'eau les nettoie. Les soldats de Gustave regrettent seulement que Chrislien ne soit pas là.
Les Danois prennent tous la fuite et chantent un triste refrain : Il fiint boire l'amère boisson qui nous est venue de la Dalécarlie.
LE KOI ÉRIC.
Le roi dit à deux de ses hommes : — Demain vous irez me chercher la devineresse.
Les messagers vont trouver la devineresse. — Il faut que vous veniez parler au roi.
— Comment pourrais-je me présenter devant le roi ? Je n'ai que des vêtements de vadmel gris.
Elle arrive dans la demeure du roi , et reçoit un bon accueil.
Le roi frappe sur les coussins bleus. — La i)etite devineresse a-t-elle envie de se reposer ici?
— Comment pouri-ais-je me reposer sur ces coussins ? Il y a là-dedans deux couteaux.
— Situ sais cela, tu en sais davantage encore. Peuxtu me dire combien j'ai d'hommes à mon service?
— Tu as trente hommes à ton service , mais deux seulement sont fidèles.
L'un est chargé de faire ton lit, l'autre garde les clefs de tes coffres.
— Si tu sais cela, tu en sais davantage encore. Peuxlu me dire combien il y a de jeunes filles nobles à la cour?
— Il y a trente jeunes filles nobles à ta cour, mais deux seulement sont fidèles.
L'une est chargée de faire le lit de la reine , l'autre garde les clefs des coffres de la feine.
— Situ sais cela, lu en sais davantage encore. Peuxlu me dire combien de temps la reine me survivra?
— La reine melira au monde deu\ enfants, et mourra bientôt après.
— Si tu sais cela, tu en sais encore davantage. Peuxtu me dire combien de temps il me reste à vivre ?
— Je'pourrais bien te le dire, mais j'ai peur que tu ne me condamnes à mort.
— Je ne te condamnerai pas à mort ; et , tant que tu vivras , tu seras nourrie dans ma demeure.
— Il y aura au printemps un jour sinistre; on déposera notre reine dans le cercueil doré.
Il y aura en automne un jour sinistre ; une maladie mortelle atteindra le cœur du roi.
Le visage du roi s'assombrit, et pendant deux heures il ne dit pas un mot.
— Mon bon roi , n'ayez pas pour, il y a déjà pour vous et pour la reine deux sièges dans le paradis.
FIN DE LA PREMIÉRi; PARTIE.