CHANT NATIONAL DANOIS
Ce chant national , aussi populaire en Danemark que le God save the King en Angleterre, et le chant suivant, ont été composés par EwalJ, né à Copenhague en 1747, mort en 1781. C'est l'un des poètes les plus renonmiés du Danemark. Ou lui doit entre autres ouvrages deux tragédies remarquables [)ar leur caractère national , Rolf Krar/e et Balder, et uu opéra fort aimé des Danois et qui a pour titre : les Pécheurs.
Le roi Chrétien ' est debout près du iiiàt élevé , dans la fumée et le tourbillon. Son glaive frappe si fort qu'il brise le crâne et le casque du Gotli. Les armes et les navires ennemis tombent dans la fuiuée et le tourbillon. « Fuyons! s'écrient-ils, fuyons tant que nous pourrons fuir. Qui pourrait résister à (Chrétien , de Danemark, dans le combat? »
' Chrétien IV, le roi le plus vaillant, le plus populaire de la dynastie des Oldenbourg. Il était excellent mirin. Il conduisit lui-même une escadre jusqu'au cap Nord, et commanda plusieurs fois dans des batailles navales. Dans une de ces batailles il fut atteint d'un dard et perdit un œil, ce qui ne l'empêcha pas de' continuer le combat.
Niels-Jucl ' voit le tumulte de la bataille. L'heure est veuue; il déroule le pavillon ro ige , et frappe à coups redoublés sur les ennemis. Alors ils crient dans le tumulte de la bataille: « L'heure est venue. Fuyons, cherchons un refuge où nous cacher ! Qui pourrait résister à Juel, de Danemark , dans le combat?
O mer du Nord , l'éclair de Vessel a traversé ton voile sombre. Alors les combattants se sont précipités dans ton sein ; car la terreur et la mort marchaient avec lui. De loin on entendit le bruit qui traversait ton voile sombre. De Danemark, Tordenskiold arrive comme la foudre. Que chacun s'abandonne à la clémence du ciel et fuie.
Toi qui mènes à la gloire et à la puissance , route de Danemark, mer lourde et sombre, reçois ton ami qui marche sans crainte , qui méprise le péril , qui est fier comme toi dans le bruit de l'orage , mer lourde et sombre. A travers le tumulte des vents , la bataille et la victoire, conduis-moi à mon tombeau.
* Amiral danois qui , de même que Tordenskiold , dont le nom est cité dans la struplie sui^aute, lempoita plusieurs graudes victoires navales.
GUNVERE.
La petite Guiivère se promène le soir pensive. Son cœur est tendre, sa jeune âme est pure comme l'or. Oh! garde-toi, enfant, garde-toi des hommes trompeurs !
La petite Gunvère jette dans la mer sa ligne de soie. Les vagues se soulèvent , le sein de la mer s'entr'ouvre : Oh! garde-toi, enfant, garde-toi des hommes trompeurs !
Sur les flots apparaît un bel hornme de mer couvert de roseaux. Son œil étincelle , son langage est doux , comme le son de la harpe.
— Petite Gunvère, l'amour me tourmente jour et nuit; mon cœur languit, mon âinc est abattue; aie pitié de moi.
Tends-moi avec confiance ta petite main blanche, je la presserai sur ma poiiriue brûlante , et je recouvrerai le repos.
Sous sa rude enveloppe, mon cœur, i)ctile Gunvère , est doux et tendre; ma parole est fidèle; mon ànie, sans artifice , méprise l'hypocrisie.
— Si ma main te plaît , si elle peut te donner la consolation et le repos, viens, bel homme de mer , viens , et prends mes deux mains.
Il l'enlève à la rive escarpée . joyeux de son mensonge. Son rire éclate comme l'orage , et les pécheurs pleurent sur le cadavre de Gunvère : Oh ! garde-toi , enfant, garde-toi des hommes trompeurs!