ENFANCE
Traduit de Ba^igesen, ué à Kor^fo en 1 7f.4, mort à Kicl en 1 82C, après une ^ie fort afiitée, poète élégant, prosateur caustique et spirituel. 11 a composé un grand nombre de poésies lyriques, des chansons, des éjiigrammes, des élégies, et quelques poèmes en allemand. Celui qui a pour tilre la Parthénéide a été traduit en français jiar M. Famiel.
Il fut un temps où j'étais très-petit; je n'asais pas plus de deux pieds de haut. Quand je pense à ce tempslà , je verse de douces larmes, et j'y pense souvent.
Je jouais dans les bras de ma tendre mère , je clievaucLais sur les genoux de mon aïeul ; je ne connaissais ni trouble , ni ennui, ni regret, pas plus que l'argent , le grec ou Galatée.
Il me semblait que notre terre était bien plus petite, et en même temps bien moins mauvaise. Je voyais les étoiles briller comme des étincelles, et j'aurais voulu avoir des ailes pour aller les prendre.
Je voyais la lune s'abaisser vers l'île , et je me disais : Que ne suis-je sur cette île ! je saurais comme la lune est grande , et ronde , et belle.
Je voyais le soleil du bon Dieu se coucher à l'occident, dans le sein doré de la mer, et le matin de bonne heure se le\cr à l'orient, et empourprer la surface du ciel.
Je pensais au Dieu yénéi,\u.\ qui m'a créé laoi cl
DA^EM.\UK. 253
ce beau soleil, et ces lignes d'astres C(?lestes qui tourbillonnent sous ses mains d'un pôle à l'autre.
Aveô ma dévotion enlanline , mes jeunes lèvres murmuraient la prière que ma pieuse mère m'avait apprise : O mon Dieu ! disais-je , fais que je m'elïorce toujours d'être sage , d'être bon et de l'obéir.
Je priais pour mon père , pour ma mère , pour ma sœur, pour toute la ville, pour le roi que je ne conuaissais pas. et pour le pauvre mendiant qui passait en soupirant devant moi.
Us ont fui, ils ont fui, ces heureux jours de l'enfance ; mon calme et mon repos se sont enfuis avec eux, il ne m'en reste que le souvenir. Mon Dieu ! fais que je ne le perde jamais , jamais!