‹ Chants populaires du NordChapitre 8 sur 110 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Oh ! si je pouvais pleurer comme les autres, mes pleurs adouciraient mon chagrin.

» Que puis-je désirer? La mort? La mort , je l'aimerais ; mais qui prendrait soin de ma femme et de mes enfants ? Je veux donc vivre encore , mais mes heures de joie sont passées, elles ne leviendront plus. »

La poésie populaire s'allère et s'efface assez rapidement chez les peuples qui ont de fréquentes communications an dehors, et qui se modifient par leur contact avec les autres peuples. A mesure que d'un idiome d'abord informe et confus on voit se dégager les premiers éléments d'une langue plus correcte, la poésie populaire perd une partie de son pouvoir. Avec les progrès de la langue arrivent les règles grammaticales; avec la syntave on crée la prosodie. Ce qui n'était primitivement qu'un cri de l'âme, une émanation libre et spontanée de la pensée , devient un sujet d'études, un art établi sur des combinaisons prévues et astreint à des règles précises. Alors apparaît la poésie du monde lettré , la poésie écrite, que l'on accueille dans les salons, (|iie l'on couronne dans les académies; et la poésie |,opnIaire, qui devient le partage de la foule ignorante , à mesure ([ue cette foule s'éclaire , descend de degrés en degrés les échelons de la société, juscpi'à ce qu'elle tombe enfin dans l'oubli.

Il existe en Allemagne une légende où se trouvent bien exprimé-; l'éiat d'abandon df cette poésie et le

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respect que le peuple lui conserve encore, tout en Ja délaissant.

Un joueur de vielle , qui a long-temps parcouru le monde et émerveillé les bourgeois de la cité et les paysans du village avec ses contes et ses chansons, se voit un jour tellement abandonné, tellement pauvre, que, ne sachant plus à qui avoir recours, il entre, pieds nus , avec ses habits en lambeaux , dans une église pour y chercher un asile. Au fond d'une chapelle il aperçoit une statue de sainte Cécile habillée magnifiquement , portant une couronne étincelante sur la tète et des souliers d'argent aux pieds. Or, comme sainte Cécile est la patronne des musiciens, le pauvre joueur de vielle ne croit pouvoir mieux faire que de s'adresser à elle. Le voilà donc qui se recueille , rappelle ses chansons les plus belles, et les chante avec ardeur et enthousiasme , comme il les chantait dans sa jeunesse au milieu de la foule empressée de l'entendre. Tout à coup , la statue de la sainte s'anime , elle s'incline, et, prenant un de ses souliers d'argent , dont la piété des fidèles lui avait fait hommage, elle le donne à l'artiste. Le bon joueur de vielle le reçoit en remerciant de tout son cœur la généreuse sainte Cécile, et ne perd pas i\n moment pour aller le vendre à un orfèvre. Mais le soulier est reconnu , et le malheureux vieillard est arrêté , mis en prison , et condanmé à mort comme voleur et sacrilège. Au moment où on le conduit au

supplice , il demande comme une dernière grâce

XIV INTRODUCTIOA.

permission de s'agenouiller encore aux pieds de sainte Cécile. On la lui accorde. Arrivé devant l'autel , il se met à chanter comme la première fois, et il chante de toute son àme , car il y allait de sa vie ; le peuple l'écoute déjà avec attendrissement , et soudain , ô miracle ! la statue de la sainle se meut de nou\eau, détache son autre soulier, et le donne au condamné. Alors on le délivre de ses fers , et on le ramène dans la ville en triomphe K

Je ne sais si je me trompe , mais je trouve dans cette tradition l'allégorie du sentiment de vénération que le peuple conservait encore pour sa vieille poésie. La foule l'abandonne et les saints la protègent ; le monde la condamne et les saints la sauvent. Jl \ a une touchante idée d'amour et de piélé h placer ainsi, sous la sauvegarde de la religion , les choses qui courraient risque d'être profanées dans ce monde.

Dans son état de délaissement , la poésie populaire a cependant conservé des partisans lidèles. Quiconque a connu le charme de ses naïves mélodies ne cessera jamais de les aimer, et ceux dont le cœur a été séduit par sa beauté louchante et sans art aiment à lui rendre hommage , et chaque jour la muse candide de nos aïeux , la pauvre muse si douce et si long-temps abandonnée, fait quelque nouvelle conquête parmi les disciples mêmes de la littérature académique. Les philo-

* Volkslieder d'Eilacli , t. ii, p. 37 j.

IJSTRODL'CTION. XV

logùes étudient ses formes primitives de langage et de versification ; les poètes trouvent dans ses élégies d'amour, dans ses récits aventureux une nouvelle source d'inspirations; les gens du monde eux-mêmes s'émeuvent à ses refrains mélancoliques. On cherche dans le passé , on prête l'oreille h ces sons harmonieux , à ces chants traditionnels qui résonnent encore dans le chalet de la montagne et sur les sentiers du vallon , et la poésie du peuple , évoquée par on sentiment d'amour, sort comme Juliette de son tombeau, et se montre aux regards étonnés avec sa figure virginale, sa robe blanche , sa couronne de fleurs.

L'Espagne est la première contrée qui ait commencé à recueillir ses chants populaires. Son romancero Liait imprimé dès le seizième siècle ^

L'Angleterre , l'Ecosse sont , comme on le sait , le pays des vieilles ballades et des fictions populaires, ^ulle part peut-être, si ce n'est en Allemagne, les traditions poétiques anciennes ne se sont conservées aussi long-temps. Il n'y a pas plus de trente ans que 'NValter Scott se les faisait encore rëcîirie par la mère de Hoog le poète , et c'est d'elle qu'il a appris sa belle

' Le prt'mur recueil de romances espaj^nols est celui de Ferdinand de Cistille. Il fut publié en 1 jlO. Le Canciunero de romances parut à Anvers en lôjj, le Romancero historiado de L. Rodrigue/, m I .")79. M. de Ochoa a publié Un tiès-bon clioix de ces romances sous le titre de : Tesoro de los romanceros, Paris, 18.iS. M. F. Denis doit procliainement nous donner une traduction de cette clicNaleresque et charmante poésie.

XVI 1.\TI10DUCT10N.

ballade de lord Thomas el d'Anne la jolie. Aussi les poésies populaires ont-elles donné lieu à d'importants travaux en Angleterre. Le premier est celui de Percy '. C'est, de tous les ouvrages de ce genre, celui qui a peut-être le plus contribué à propager au dehors le goût des poésies traditionnelles en montrant combien de riches documents on pourrait y puiser pour l'histoire de l'art et pour l'histoire d'une nation. Ensuite sont venus les travaux de "NVarton ^, Ellis ^ Ritson '', Ewan', Jamieson% John Finlay ^ et ^Valler Scott clôt dignement cette liste d'œuvres érudites par ses chants du Border ^

En Hollande , les anciennes poésies populaires , les chants nationaux et les cantiques mystiques du moyen âge étaient épars dans divers recueils connus sous le titre de Bliiaim^boeckijcs. M. AV. Lejeune en a composé un recueil intéressant % et M. Hoffmann de Fallersleben en a publié récemment un autre avec des notes excellentes ".

* Reliques of ancient englisli poetry, 3 vol. in-8°.

- Tlie liistory of ancient cnglish poetry, 4 vol. V. surtout l'introduction.

3 Spécimens of early englisii mctrical romances.

* Ancient eiiglisli metrical romances.

^01(1 baliads.

'' Populang soni^s.

' Scottisli liistorical and romantic baliads.

^Border's Minstrelsy.

y l'roevcn van d»^ nederlandsclie YolKszangen scdci 1 do \ v eenw.

<t'lior;e belgica-.

li\TR0DUCT10X. XVII

Aucune nation n'a surpassé les Allemands, soit dans l'étude de leur propre poésie populaire , soit dans celle des poésies étrangères. Outre leurs recueils nationaux , faits par Gœrres \ Brentano -, Erlacli ^; outre leurs recueils en divers dialectes germaniques ', ils ont encore une collection précieuse de chants populaires des contrées du >ord et du Sud , traduits par Herder ; puis les chants populaires de la Russie , par Gœtze ; du Danemark, par Grimm ; de la Bohème, par Hauker ; de la Suède , par Alonike ; de l'Espagne , par Grimm et Depping ; de la Servie , par madame ïalvij , à qui l'on doit en outre un très-bon et très-large travail sur la poésie populaire en général ^

En France, la poésie populaire est dans le patois des provinces , dans ce dialecte fortement trempé , qui , sous une rudesse apparente , cache souvent des tours de phrase ciiarmants et des locutions auxquelles le Dictionnaire de l'xVcadémie , avec ses milliers de mots , ne peut suppléer ", Tandis que notre langue littéraire se

* Altdeutsclie Yolks. und Meisterlieder, 1 vol.

* Des Knaben ^Vulldelhom , 3 vol.

^Die Volkslicder der Deiit>clien, 5 vol.

* V. entre autres le recueil des chansons sonabes, silésiennes, autrichiennes, etc., publié par M. J. Guntlier -. Gedichlc und Lieder in rcrscfiicdessen Deu/schoi Mundarten, 1 vol.

5 Versuch einer geschiclitlichen charachteristik der Volkslicder.

" V. l'intéressant et savant ouvrage que M. Pierquin de Gembloux a publié à ce sujet, sous le titre de -. Histoire liitcraire, philologique et bibliographique des patois.

WllI INTKODICTIOA.

modifie, s'altère, tantôt s'égaraiit comme un enfant capricieux dans les sentiers du néologisme , tantôt échangeant conlre des formes nouvelles, des ornements factices, sa noble et majestueuse parure d'autrefois, pareille h une coquette qui rejette avec dédain ses vêlements de la veille ; tandis que , par leurs œuvres ou par leurs concessions, les écrivains font subir à la langue littéraire ce mouvement de réforme incessante, à l'écart du bruit de la foule et des discours académiques, le dialecte des champs se perpétue sous son humble forme , avec ses harmonies méprisées par les beaux-esprits , mais chéries de ceux qui les connaissent. C'est la langue du cœur et des doux souvenirs , la langue qui a été enseignée à l'enfant sans férule et sans pédantisme par les lèvres d'une mère, le matin au bord du vallon , le soir auprès du foyer ; la langue touchante et fidèle , qui raconte les fêtes et les douleurs du chalet, les naïves légendes , les pieuses coutumes des aïeux, et qu'il faut conserver avec soin si l'on veut conserver le plus pur, le plus poétique héritage du passé, \oi\li (pi'à présent chaque village a son école, ses beaux parleurs, ses maîtres de grammaire; mais , grâce à Dieu , lems leçons n'ont pas encore vaincu dans le coMir du peuple l'amour (ju'il jwrte à son vieux dialecte, et ne le \aiiicront pas de longtemps, j'espère. Au sortir de la classe où il a entendu discuter siu' les subtilités de l.i s\iita\e et les raffinements du participe, l'eiifaut , j<»)eu\ d'échapper à cette

INTRODLCTIOS. XIX

dissection de mots , se remet tout simplement à gazouiller, comme un oiseau , l'idiome qu'il a appris sans tant d'efforts sous le toit paternel ; et quand aux jours de fête et de moisson le paysan chante, ah ! il ne chante ni les couplets de Désaugiers et de Uebraux, ni même les admirables vers de Béranger ; il chante les strophes naïves qu'il a entendu dire à son père , et dont chacun autour de lui peut répéter le refrain , car chacun l'a recueilli comme lui dans une heure de joie et d'amour !

Un soir, assis au haut d'un de ces pics de rocs escarpés qui , en certains endroits , dominent le cours impétueux du Doubs , je contemplais un des beaux paysages de Franche-Comté. D'un côté , mes regards plongeaient sur une longue vallée verte et fraîche comme celles de la Suisse , mystérieuse comme celles du Nord; de l'autre, j'apercevais le large toit du chalet au milieu de son rustique enclos et de quelques majestueux groupes de sapins. A mes pieds , la rivière se précipitait avec fureur contre les roches du rivage , puis se déroulait avec calme , reflétant dans ses flots limpides le rayon doré des étoiles et la blanche clarté de la lune. A quelque distance , on voyait poindre audessus de la forêt la croix de la chapelle, et, plus loin, la colonne ardente d'un feu de forges qui s'élevait dans les airs comme une gerbe d'étincelles et se dispersait comme une fusée. Les derniers sons de l'Angelus expiraient dans les champs; l'oiseau dormait dans son

XX l>TRODLCTIO\.

nid, et l'on n'entendait plus que le bruissement des flots et le vague murmure des rauieaux de sapins courbes et balancés par une brise légère. Au milieu de cette harmonie de la nature, tout à coup j'entendis s'élever une voix fraîche et vibrante dont les modulalions avaient je ne sais quoi de serein et de mélancolique comme le paysage déroulé sous mes yeux. C'était la voix d'une jeune fille à la taille élancée, à l'œil brun, qui s'en revenait de la prairie, le chapeau de paille sur la tèle, le râteau sur l'épaule , et qui chantait, dans le patois des montagnes , cette chanson , dont ma traduction ne peut rendre le langage naïf, et dont rien ne peut exprimer la touchante mélodie.

Dans l'enclos de mon père, Vole, mon cœur, vole, 11 y a un pommier doux, Tout doux.

Trois bellf's princesses, Vole, mon cœur^, vole.

Sont couchées dessous , Tout doux.

Las! dit la première, Vole, mon caiir, vole, Je crois qu'il fait jour, Tout doux.

Las! dit la seconde, Vole, mon cdHir, vole, J'entends le tandiour, Tout doux.

1MH«»UICT10A. XXI

Las! dit la troisième, Vole, mon cœur, vole, C'est mon ami doux , Tout doux.

S'il gagne bataille, Vole, mon cœur, voie, Il aura mes amours, Tout doux.

— Qu'il perde ou qu'il gagne, J! les aura toujours*.

* Voici une autre chanson Iranc-comtoise qui nous a été communiquée par l'aininble fille d'un poète qui a puisé dans les charmants entretiens de son père le sentiment tendre et naïf des chants du peuple. JSous n'osons la nommer; mais nous lui appliquerions volontiers, avec tous ceux qui la connai.ssent, les trois derniers vers de la Jeiine Captive d'André Chétiier ;

Qui veiU cuir une chanson,

Une chanson nouvelle ,

C'est la fille d'un geôlier

Qui est amoureuse d'un prisonnier.

De grand malin s'élanl levée, S'en va trouver le juge, A ses genoux sciant jetée :

Ayez pitié du prisonnier.

Le juge la prend par la main :

— Relevez-vous, la belle.

Le prisonnier, vous ne l'aurez pas; Il est jugé et en mourra.

La belle s'en est retournée Au logis de son père.

Sous le traversin de son lit Les clefs de la prison a mis.

les r-lefs de la prison a mis, .\ son ainanl les porte :

XXII INTRODLCTIOX.

Dix ans après , je devais retrouver un chaut presque semblable à celui-là au bord du Muonio , à quelques lieues du grand désert de Laponie. Combien il y en a, de ces poésies du peuple, qui mériteraient d'èlre pieusement recueillies ! Combien il y en a que nous ignorons, et qui se chantent chaque jour encore autour de nous sur les landes de Bretagne , sur les coteaux du Béarn et dans les champs de l'Auvergne ! Ce sont là ces perles dont parle Gray, ces perles sans tache enfouies dans l'océan du cœur humain, ces fleurs embaumées qui répandent souvent dans l'air leurs inutiles parfums. De louables essais ont été faits pour les arracher à leur obscurité. Puissent ces essais être longtemps continués ! La mine est vaste , et les fdons qu'elle renferme valent bien la peine d'être explorés '.

— Anil, sortez de la pi ison , Voilà lis clefs à 1 nhaiulon.

— De la prison ne .sortirai, Ma tant jolie niaitresse , Olez-nioi cet anneau iln doigt, Va faites un autre ainanl que moi.

Un autre amant ne ferai pas, Je le proteste et jure.

Je m'en irai dans un couvent V prier Dieu pour ninu amant.

' Il serait trop lon^d'ciuimôier tontes les disseilfifions publiées dans les ie\ti('s de pioviiues sur les tiaditions locales et les poésies populaires du tios divers eanfons. Je citeiai .«eiilenicnt paimi les priiici|)au\ travaux de ce 2;enie, en Bielagie, l'excellent lecticil |)ulilié imr ,M. de la Villiinarqué, sous le titre de lircizaz -Oicz, la partie lilléraiie des Derniers Bretons de

IXTRODLCTION. XXIII

Mais j'oublie que ce livre doit être tout entier consacré à la poésie du Nord. Je reviens à mon sujet , et j'essaierai d'abord de caractériser les principaux éléments de cette poésie.

Le pays connu sous le nom de Scandinavie se composait autrefois des trois royaumes de Danemark , de

M- Souvestie, les curieuses rechordies de M. de Fiéminville, dans son livre sur les antiquités du Finistère et des Côtes-du- Nord; les deux cliarmaiits volumes de M. Brizeux, Marie et les Ternaires, tout imprégnés de cette poésie du sol natal; en liéarii , le livre de Despourrlns, livre moderne, il est vrai, mais populaire parla pensée et parla forme; Y Histoire du Béarn de M. Mazuie, où l'on trouve plusieurs jolies strophes bien connues des habitants du Jurançon; en Fraiiclie-Comté, les écrits de M. D. Monnier, esprit ingénieux, énidit patient; les traditions poétiques de M. Demesmay, et le recueil des anciens ncëls qui se publie en ce moment à Besançon par l'impulsion de M. Ch. Weiss , ce savant infiitigable connu de toute l'Europe littéraire par son érudition consciencieuse et ses études biographiques, vénéré et aimé à juste titre de la province à laquelle il a dévoué sa vie, et qui doit à son exemple, à ses encouragements , à son influence , tout ce qu'elle a produit de meilleur en littérature depuis quarante ans. Nous devons citer aussi, dans un ordre d'idées (ilus excentriques, las Prolégomènes de M. Ed. du Meril à l'iiistoire de la littérature Scandinave; le Livre des L'^gendes de M. Leroux de Lincj ; [)Iusieurs articles curieux de M. Amédée Pichot, insérés dans la Reoue britannique; diverses dissertations de M. Fauriel, entre autres celle qu'ij a nai^e en tête de ses chants populaires de la Grèce; et nos lecteuis ont déjà sans doute nommé M. Cb. Nodier, cet admirable écrivain qui a su porter dans les questions les [dus arides de la pbibdngie cette finesse d'esprit, cette élé.uance de style qui fait le charme de ses œuvres d'imaginction. M. Nodier achève en ce moment un important travail sur les origines de l'idiome populaire de Franche-Comté.

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